Le maire de Jérusalem soupçonné d’avoir versé un salaire à la « petite amie » d’un ministre pour ne rien faire

En septembre, un reportage a révélé que Sigalit Yona, collaboratrice du ministre du Likud Amsalem, recevait un salaire de la ville sans travailler ; les autorités municipales auraient fait en sorte qu'elle ne soit pas licenciée

Sigalit Yona et le ministre de la Coopération régionale David Amsalem, extrait d'un reportage de "Hamevaker", le 17 septembre 2025. (Crédit : Capture d'écran/N12)

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, est soupçonné d’avoir permis à une collaboratrice, qui est également, si l’on en croit la rumeur, la petite amie du ministre de la Coopération régionale David Amsalem, membre du Likud, de percevoir un salaire de la municipalité sans qu’elle n’y travaille, ont fait savoir dimanche les médias israéliens.

Le mois dernier, la police a ouvert une enquête préliminaire sur d’éventuelles relations illicites entre Amsalem, Lion et des responsables municipaux. Cette enquête fait suite aux révélations, en septembre, de HaMevaker, l’émission d’investigation de la chaîne N12, concernant l’employée Sigalit Yona, que certains considèrent comme étant la compagne du ministre.

Selon des informations rapportées dimanche sur la chaîne N12, les autorités soupçonnent Lion d’avoir sciemment fermé les yeux sur cette affaire. En septembre, HaMevaker a indiqué que le soutien d’Amsalem à Lion dans la course à la mairie avait été déterminant pour sa victoire, suggérant que là se trouvait la raison pour laquelle cet arrangement avait pu se poursuivre.

D’après le reportage, quelques mois après l’arrivée de Lion à la mairie en 2018, la municipalité a commencé à recevoir des plaintes selon lesquelles Yona, employée du service en charge de l’amélioration de la ville, venait pointer le matin, puis disparaissait, en ne revenant que le soir pour poinçonner son bagde.

« Elle arrivait à 7 heures du matin, poinçonnait sa carte, et ne reparaissait qu’à 19 heures, en pyjama. Nous lui avons dit que nous ne voulions pas de cela ici », a déclaré un administrateur de la division.

Amsalem, connu pour ses attitudes provocatrices à la Knesset, a été impliqué dans plusieurs scandales de corruption. Il s’est notamment vanté avec fierté de ses tentatives de nommer des connaissances personnelles à des postes de haut niveau dans des entreprises publiques, arguant qu’il préférait faire appel à des candidats qu’il connaissait bien.

Sigalit Yona, collaboratrice du ministre de la Coopération régionale David Amsalem, dans un reportage de HaMevaker, le 17 septembre 2025. (Crédit : Capture d’écran de N12)

Selon certaines informations, Amsalem, au début du mois, aurait été mis en cause dans une vaste enquête pour corruption visant la principale fédération syndicale israélienne, la Histadrout. Il devrait être convoqué pour être interrogé.

Yona occupait le poste de chef de cabinet d’Amsalem il y a plus de 20 ans. L’actuel ministre était alors lui-même directeur du service d’amélioration de la ville de Jérusalem. Il a démenti toute rumeur de relation amoureuse avec Yona.

« Les collaborateurs du ministre savent qu’elle est plus qu’une simple collaboratrice. Il s’agit de sa petite amie », a confié un administrateur municipal à la chaîne N12 en septembre.

Après des déclarations, en 2020, du médiateur de la municipalité, révélant l’existence de plusieurs cas similaires d’employés ne se présentant pas au bureau, Yona a simplement été mutée à un autre poste. Une fonction qui lui permettait de percevoir un salaire, mais où personne ne remarquerait son absence, a expliqué un autre administrateur à HaMevaker.

« Des amis qui se trouvent dans le service ont dit qu’elle était la petite amie de David, et qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait. Tout le monde a peur d’eux – le conseil, le maire. Ils l’ont donc transférée dans le bâtiment de Kiryat Yovel », a confié un autre administrateur.

La chaîne N12 a suivi Yona pendant plusieurs jours ouvrables, durant lesquels elle l’a vue faire des courses, rendre visite à sa mère ou rester chez elle toute la journée, sans jamais se rendre au bureau.

En réponse au reportage de septembre, Amsalem a pour sa part dit que Yona avait été sa chef de cabinet lorsqu’il travaillait à la municipalité, niant toute relation amoureuse avec elle et dénonçant des « tentatives de nuire à mes proches ».

Le maire de Jérusalem, Moshe Lion, visite le service d’entretien de la ville avant les chutes de neige prévues le 19 février 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La municipalité a affirmé pratiquer une politique de « tolérance zéro » envers les violations de ses règles, s’engageant à prévenir la survenue de tels incidents.

La police, pour sa part, a choisi de ne pas commenter le reportage.

Selon des informations de la chaîne N12 en date de dimanche, le service municipal en charge des fraudes s’attelle actuellement à récolter des preuves concernant des soupçons selon lesquels des fonctionnaires municipaux auraient veillé à ce que Yona ne soit pas licenciée, augmentant même son salaire malgré son absence prolongée du travail.

Ces preuves seront ensuite transmises à la police israélienne, qui pourra décider de l’ouverture d’une enquête officielle visant Amsalem, Lion et les fonctionnaires municipaux dès le mois prochain.

Les forces de l’ordre devraient également se pencher sur l’implication d’Amsalem dans l’embauche de proches de Yona, notamment sa fille Yafit, nommée chef de cabinet dans son bureau, et son neveu Nehoray Rafaeli, recruté comme chauffeur personnel, a ajouté la chaîne N12.

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