L’enquête sur la corruption au sein de la Histadrout touche des ministres du Likud
Les ministres des Affaires étrangères, de la Culture et de la Justice devraient être interrogés : la police enquête sur un réseau de corruption présumé liant syndicats, municipalités et gouvernement
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Les enquêteurs de la police devraient convoquer plusieurs ministres du Likud pour les interroger dans le cadre de la vaste enquête sur la corruption au sein de la principale fédération syndicale d’Israël, la Histadrout, laquelle continue de s’étendre, ont confirmé lundi soir des responsables de l’application de la loi aux médias israéliens.
Un haut responsable de l’unité anti-fraude Lahav 433 a déclaré à la chaîne N12 que l’enquête portait en ce moment-même sur les liens possibles entre ce réseau de corruption présumé au sein de la Histadrout et des membres du gouvernement.
Selon les témoignages recueillis ces derniers jours, les noms de plusieurs ministres – tous issus du Likud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu – ont fait surface ces derniers temps, et notamment celui du ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, celui de la Culture et des Sports Miki Zohar, de la Justice Yariv Levin, des Communications Shlomo Karhi, de la Coopération régionale David Amsalem et de l’Énergie Eli Cohen.
Selon les services de police, les ministres pourraient bientôt être convoqués pour témoigner mais ils ne sont pas pour l’heure suspects, indiquent les médias israéliens.
Dans la soirée de lundi, le tribunal de première instance de Rishon Lezion a prolongé la détention du président de la Histadrout, Arnon Bar-David, de son épouse Hila, de son adjoint, d’un autre haut responsable syndical, d’un président de comité des travailleurs et de trois autres suspects.
Au coeur de l’enquête se trouve Ezra Gabay, un militant de longue date du Likud et agent d’assurance qui aurait tiré parti de son influence politique pour obtenir des contrats d’assurance lucratifs par l’intermédiaire de la Histadrout, des autorités locales et des entités gouvernementales. La police soupçonne Gabay d’avoir organisé un système de pots-de-vin et de faveurs pour plusieurs millions de shekels en échange d’avantages politiques et commerciaux.
Gabay, qui a commencé son activité politique à la branche du Likud de Ramat Gan, a souvent été vu en compagnie de Cohen et Saar, et a également tenu des réunions avec Levin, malgré son implication antérieure dans d’autres scandales.
Selon certaines informations, sa présence de longue date au sein du Comité central du Likud – où il bénéficie du soutien de plusieurs centaines de membres du parti – a fait de lui un allié de poids pour les politiciens de haut rang. À son tour, il aurait cherché à accéder à d’autres sociétés municipales et d’entreprises publiques pour sa compagnie d’assurance.
Parmi les personnes interrogées cette semaine figurent le maire de Kiryat Gat, Kfir Suissa, un proche de Zohar qui a été son directeur général au ministère de la Culture et des Sports. Suissa a été interrogé car soupçonné d’avoir transféré des contrats d’assurance d’employés municipaux à l’agence de Gabay en échange de son soutien politique.
Suissa, qui nie catégoriquement ces allégations, rappelle qu’il n’a pas été arrêté.
Les enquêteurs tenteraient de savoir si de hauts responsables de la Histadrout ont tenté de vendre des actifs appartenant à des syndicats pour une valeur de plusieurs millions de shekels et d’empocher une partie du produit via des intermédiaires ou des sociétés écrans, de façon à dissimuler des preuves.
L’ampleur nouvelle de cette enquête d’infiltration qui a pris deux ans est le fruit de nouvelles arrestations, ce lundi, lorsque Bar-David, sa femme et plusieurs hauts responsables ont été interpelés.
Plus de 350 personnes ont déjà été interrogées, selon les sources, à commencer par des maires, des cadres et des personnalités du secteur public.
Lors d’une audience lundi, l’inspecteur en chef de la police, Ronen Gilgold, a déclaré que l’affaire était composée de 13 sous-enquêtes interconnectées ayant donné lieu à des dizaines de perquisitions simultanées un peu partout dans le pays.
« Il s’agit de l’une des plus importantes affaires de corruption publique ayant fait l’objet d’une enquête en Israël », a-t-il déclaré en ajoutant que chacune des sous-enquêtes « se suffisait à elle-même ».
« Les sommes en jeu sont extraordinaires, sans compter la question de l’utilisation de positions de confiance à des fins personnelles », a-t-il ajouté.
Zohar nie toute implication, déclarant à la chaîne N12 : « Je ne comprends pas ce que je suis censé commenter. Je n’ai rien à voir avec cette affaire. »
La Histadrout a répété qu’elle coopérait pleinement avec les forces de l’ordre et que toutes ses opérations nationales se poursuivaient.
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