Le nouveau chef du NSC aurait convoqué une réunion d’urgence sur « l’encouragement à l’émigration volontaire » des Gazaouis
La convocation à la dernière minute de Shmuel Ben Ezra, visant à relancer cette idée controversée malgré l'absence de pays disposés à coopérer, aurait pris les responsables au dépourvu
Le nouveau conseiller à la sécurité nationale et chef du Conseil de sécurité nationale (NSC) du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Shmuel Ben Ezra, aurait convoqué mardi une réunion d’urgence sur la question de « l’encouragement à l’émigration volontaire » des Palestiniens de la bande de Gaza.
Selon le journal Haaretz, les responsables de la sécurité ont été surpris que cette question soit à nouveau soulevée, et ce dans un délai aussi court.
Des représentants de l’agence de renseignement du Mossad ont déclaré au cours de la réunion qu’ils n’avaient trouvé aucun pays disposé à accueillir des Gazaouis, et qu’il n’y avait par ailleurs aucun élément nouveau à ce sujet, précise l’article.
« Nous n’avons connaissance d’aucun pays au monde prêt à accueillir des Palestiniens qui choisiraient de quitter la bande de Gaza », a déclaré une source des services de sécurité citée par le journal.
Les responsables israéliens se sont à plusieurs reprises prononcés en faveur de la promotion de « l’émigration volontaire » des Gazaouis, bien que le plan de paix pour Gaza, présenté en septembre par le président américain Donald Trump, s’engage à « encourager les gens à rester et à leur offrir la possibilité de construire une meilleure Gaza ». Certains membres du gouvernement ont également promis de rétablir des implantations juives dans la bande de Gaza, bien que Netanyahu ait désavoué cet objectif.
En février 2025, le ministre de la Défense, Israel Katz, avait annoncé la création d’une direction chargée de faire sortir les Gazaouis de Gaza, après que Trump avait dévoilé un plan visant à expulser les habitants de la bande de Gaza pour en faire la « Côte d’Azur » du Moyen-Orient. Toutefois, rien n’indique que cette direction ait pris des mesures concrètes.
Le plan de Trump, salué par Israël, avait suscité de vives critiques à travers le monde, ses détracteurs affirmant qu’il s’apparentait à un nettoyage ethnique. Face à ces critiques, le président américain avait renoncé à ce plan.
Mais Netanyahu a continué de prôner une migration massive depuis Gaza. En septembre 2025, le Premier ministre avait organisé une réunion de haut niveau sur la question et, le mois précédent, il avait déclaré dans une interview que la migration massive des Gazaouis était « la chose la plus naturelle qui soit ».
Au cours de cette interview, Netanyahu avait également indiqué qu’Israël était en contact avec « plusieurs pays » au sujet de l’accueil de Palestiniens originaires de la bande de Gaza, déchirée par la guerre.
Des informations indiquaient, à l’époque, qu’Israël était en contact à ce sujet avec l’Indonésie, l’Ouganda, le Soudan du Sud, la Libye et le Somaliland, cette région séparatiste d’Afrique de l’Est qu’Israël a été, en décembre, le premier et le seul pays au monde à reconnaître.
Les projets officiels de migration de masse depuis Gaza étant apparemment gelés, le groupe de droite Ad Kan a secrètement organisé plusieurs vols transportant des Gazaouis vers l’Afrique du Sud et l’Indonésie entre mai et novembre 2025, selon une enquête de l’Associated Press.
Depuis le début de la guerre dans la bande de Gaza, à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, la quasi-totalité des quelque 2 millions d’habitants de Gaza a été déplacée à l’intérieur de l’enclave au moins une fois.