Le Shin Bet dévoile les détails d’un complot visant à former un « bataillon terroriste » dans le sud d’Israël

Selon un rapport, 72 habitants du sud auraient été arrêtés cette année pour des motifs sécuritaires ; une cinquantaine d'entre eux auraient été mis en examen, précise l'agence

Les forces de sécurité israéliennes mènent une opération dans la ville bédouine de Rahat, dans le sud du pays, le 7 mai 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Dans un rapport publié jeudi, l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a dévoilé les détails d’un complot présumé ourdi par des habitants de la ville bédouine de Segev Shalom dans le but de former un « bataillon militaire au sein de la ville », sur le modèle des « bataillons terroristes » de Cisjordanie.

L’agence de sécurité intérieure a déclaré avoir arrêté, depuis le début de l’année, 72 habitants du sud du pays, et avoir engagé des poursuites contre quelque 50 d’entre eux pour des « activités portant atteinte à la sécurité de l’État », notamment « l’incitation à des actes terroristes et la contrebande d’armes à la frontière ».

Selon le Shin Bet, toutes les personnes arrêtées, à l’exception de cinq d’entre elles, sont des citoyens israéliens.

Parmi les personnes mises en examen figurent six citoyens israéliens originaires de la ville bédouine de Segev Shalom. Ils ont été inculpés en début d’année par le tribunal de Beer Sheva pour « crimes terroristes graves » dans le cadre de deux affaires distinctes, a précisé le Shin Bet.

La première affaire concernait une tentative de création d’une cellule terroriste, et la formation d’un « bataillon militaire dans la ville » sur le modèle des « bataillons terroristes » de Cisjordanie, dans un esprit de « proximité avec la cause palestinienne ». La deuxième affaire concernait un projet d’attaque visant la célèbre discothèque Forum, à Beer Sheva, « en signe d’identification avec diverses organisations terroristes, notamment l’État islamique et le Hamas », a indiqué l’agence.

Ces deux affaires sont les seuls exemples donnés pour illustrer les mises en examen dans le communiqué du Shin Bet. Toutes deux avaient déjà été rendues publiques par l’agence de sécurité intérieure en début d’année. On ignore ce qui a poussé l’agence à publier ce communiqué aujourd’hui.

Selon un haut responsable du Shin Bet dont le nom n’est pas mentionné dans le communiqué, ces affaires, comme d’autres, « démontrent le risque pour la sécurité que représente la formation de cellules composées de citoyens israéliens, dont certaines sont de nature quasi-militaire, qui cherchent à organiser des attentats terroristes sur le territoire israélien ».

Abdullah Gergawi (à gauche), mis en examen pour avoir planifié un attentat à la voiture piégée contre une discothèque de Beer Sheva, et une arme à feu saisie par la police, sur des images publiées le 18 août 2026. (Crédit : Police israélienne)

Dans l’affaire du bataillon de Segev Shalom, le Shin Bet indique que cinq jeunes hommes ont été mis en examen :

  • un « chef de cellule », qui s’était efforcé de reproduire le modèle du bataillon de Cisjordanie à Segev Shalom et qui avait incité au terrorisme sur les réseaux sociaux ;
  • une personne qui avait donné son accord de principe pour mettre en œuvre les plans du commandant visant à commettre une fusillade au commissariat de Segev Shalom, ainsi qu’une attaque à l’arme blanche et une fusillade à la gare routière centrale de Beer Sheva ;
  • un « ingénieur », qui avait visionné des vidéos pédagogiques sur les explosifs et qui était « chargé de confectionner des engins explosifs destinés à attaquer les forces de sécurité israéliennes » ;
  • une personne qui avait « accepté » de participer à l’attaque prévue contre le commissariat de Segev Shalom ;
  • et une autre personne qui avait également accepté de rejoindre la cellule de Segev Shalom, avait prévu depuis deux ans de commettre un attentat à l’arme blanche au nom de l’État islamique, et « projetait de commettre elle-même un attentat à la bombe, de son propre chef, à sa sortie de prison ».

Lorsque la police et le Shin Bet avaient rendu cette affaire publique pour la première fois en juillet, ils n’avaient fait état que de quatre personnes arrêtées et inculpées, notamment le commandant et l’ingénieur.

Le communiqué de l’époque présentait également le groupe de Segev Shalom comme une cellule, et non comme un bataillon ; il ne précisait ni les cibles présumées des suspects, ni leur « proximité avec la cause palestinienne ». Il indiquait que le commandant avait décidé de former une structure terroriste pour lutter contre les forces de sécurité israéliennes, à la suite des émeutes ayant éclaté en 2021 dans des villes mixtes arabo-juives en Israël.

Abdullah Gergawi, le suspect dans l’affaire du Forum, était également « en contact avec des militants de l’État islamique, et avait exprimé son intention de se rendre dans les zones de combat de l’État islamique à l’étranger », a ajouté le Shin Bet.

Lorsque la police et le Shin Bet ont rendu ce complot public pour la première fois au mois d’août, ils ont fait savoir que le suspect, âgé de 20 ans, avait été arrêté en juillet pour avoir planifié un attentat à la voiture piégée contre la discothèque, et qu’il avait également été en contact avec « une personne qui se présentait comme un terroriste palestinien ».

Ces dernières années, plusieurs dizaines de citoyens arabes ont été arrêtés, soupçonnés d’avoir planifié des attentats pour le compte de l’État islamique, notamment cinq habitants de Taybe, dans le centre d’Israël, qui auraient prévu de faire exploser une voiture piégée au centre commercial Azrieli de Tel Aviv en 2024.

L’État islamique, qui a pendant un temps contrôlé de vastes territoires en Irak et en Syrie, a appelé en 2022 ses partisans en Israël à commettre des attentats.

read more: