Le traumatisme du 7-Octobre occupe le devant de la scène pour les primo-votants

Plus d’un demi-million d’Israéliens voteront pour la première fois lors des élections de ce mois-ci, et les sondages indiquent qu’ils ont une nette tendance à voter à droite

Un adolescent israélien réalisaant un graffiti dans un skatepark, à Tel Aviv, le 29 septembre 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Comme beaucoup d’Israéliens qui voteront pour la première fois aux élections législatives du 27 octobre, Amihaï a été marqué par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Désormais, il réclame sécurité et vengeance, suivant une tendance qui pousse les primo-votants à droite.

Après les massacres sans précédent perpétrés par le Hamas aidés de civils palestiniens complices, « je vais voter uniquement en fonction de la sécurité : pas pour celui qui m’aidera à acheter un appartement dans dix ans, mais pour celui qui garantira que je serai encore en vie dans dix ans », affirme le jeune homme de 18 ans.

« Je veux que les terroristes souffrent en prison, qu’ils meurent », ajoute-t-il, sans souhaiter donner son nom, lors d’un rassemblement dans le sud d’Israël prônant l’établissement d’implantations juives dans la bande de Gaza, dont les ruines se trouvent à quelques 2 km de là.

Originaire de Shomria, Amihaï appelle aussi à « une émigration massive » des Palestiniens de ce territoire, « que ses habitants meurent d’envie de quitter ».

Autant de thèses portées par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Le jeune homme, qui porte un tee-shirt frappé du nom de cette figure d’extrême droite, assure qu’il votera pour son parti.

« Environnement ultranationaliste »

Des personnes assises devant un abri antiatomique public, à Haïfa, le 10 mars 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Selon la chaîne N12, environ 550 000 Israéliens âgés de 18 à 22 ans sont appelés à voter pour la première fois en octobre. Dans un récent sondage commandé par la chaîne, 74 % d’entre eux se réclamaient de droite ou de centre-droit (contre 67 % pour l’ensemble de la population).

Pour l’analyste Dahlia Scheindlin, le basculement à droite de la jeunesse juive israélienne est en cours depuis une vingtaine d’années.

« La conscience politique de quiconque a 18 ans aujourd’hui s’est forgée sous l’ère de Benjamin Netanyahu, dans un environnement très ultranationaliste », ajoute-t-elle. « La paix n’est pas dans les esprits. »

Des Gazaouis célébrant près d’un char israélien détruit, au niveau de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Younès, le 7 octobre 2023. (Crédit : Yousef Masoud/AP)

« Quand les jeunes en particulier voient quelque chose qui fait si mal, qui touche tout le monde, comme le 7-Octobre, ils ont peur et ne croient pas que la paix soit possible », abonde une autre jeune électrice, Gili, 18 ans.

La guerre à Gaza a éclaté lorsque quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël le 7 octobre 2023, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

Selon le ministère de la Santé du groupe terroriste palestinien du Hamas, plus de 74 200 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, dont plus de 1 400 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025.

Ce bilan, qui ne peut être vérifié, ne fait pas la distinction entre terroristes et civils.

Des jeunes Israéliens participant à une réunion destinée aux nouveaux électeurs, organisée par le parti HaDemocratim dans un parc de Tel Aviv, le 24 septembre 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/AFP)

Fin septembre, dans un parc de Tel Aviv, Gili participe à un rassemblement du parti de centre-gauche HaDemocratim revêtue d’un tee-shirt frappé d’une colombe tenant un rameau d’olivier.

« C’est logique que tout le monde ait fini par pencher de plus en plus à droite, vers des positions de plus en plus extrêmes », estime-t-elle.

« Gagner de manière décisive »

Étudiant dans une yeshiva, Yishaï Neeman, 19 ans, espère bientôt s’engager dans une unité de combat de l’armée israélienne. L’horreur du 7-Octobre et les guerres qui ont suivi n’ont fait que renforcer sa détermination à se battre pour son pays.

Il était à la synagogue le jour de l’attaque et se souvient avoir passé ses dernières années d’internat à courir vers les abris antiaériens au fur et à mesure de l’ouverture de fronts contre les groupes terroristes chiites libanais du Hezbollah, yéménite des Houthis, et la République islamique d’Iran.

Depuis son domicile de Petah Tikva, dans le centre du pays, il explique qu’il n’est pas favorable à des guerres sans fin, mais qu’Israël « ne peut pas revenir à l’avant 7-Octobre ».

« C’est pourquoi maintenant nous devons nous battre et gagner de manière décisive », ajoute le jeune homme.

Lui votera pour le parti du ministre des Finances Bezalel Smotrich, HaTzionout HaDatit.

Avec une conviction : Israël doit annexer la Cisjordanie et « anéantir son espoir d’un État palestinien ».

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