Léon XIV reçoit Mahmoud Abbas pour la première fois

'Lors de cette rencontre cordiale, l'urgence d'apporter une aide aux Gazaouis et de mettre fin au conflit en poursuivant une solution à 2 États ont été reconnus', a indiqué le Saint-Siège

Le pape Léon XIV lors d'une rencontre avec le dirigeant de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, au Vatican, le 6 novembre 2025. ((Crédit : VATICAN MEDIA/AFP)

Le Vatican — Le pape Léon XIV a rencontré jeudi pour la première fois le dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas. Les deux hommes ont discuté de l’aide aux civils à Gaza et de l’espoir d’une solution à deux États pour mettre fin au conflit dans la région.

Cette réunion, qui a duré environ une heure et a été qualifiée de « cordiale » dans un bref communiqué du Vatican, intervient près d’un mois après l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis dans la bande de Gaza.

Le pape, élu en mai, et Abbas, à la tête de l’Autorité palestinienne basée en Cisjordanie depuis une vingtaine d’années, ne s’étaient jamais rencontrés en personne auparavant. Ils s’étaient entretenus par téléphone en juillet pour discuter de l’évolution de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et des violences en Cisjordanie.

« Au cours de cette rencontre cordiale, il a été reconnu qu’il était urgent d’apporter une aide à la population civile de Gaza et de mettre fin au conflit en recherchant une solution à deux États », a déclaré le Saint-Siège.

Le pape Léon a appelé à plusieurs reprises à un cessez-le-feu à Gaza avant que la trêve actuelle ne soit conclue le mois dernier. En septembre, le souverain pontife et ses principaux diplomates avaient également déclaré au président israélien Isaac Herzog qu’une solution à deux États était « la seule issue à la guerre ».

La guerre a été déclenchée par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres prises en otage.

Le pape François et le dirigeant de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à l’issue d’une audience privée, au Vatican, le 3 décembre 2018. (Crédit : Andrew Medichini/POOL/AFP)

Les relations entre le Fatah d’Abbas et le Hamas sont tendues depuis près de vingt ans, marquées par de profondes divisions politiques et idéologiques. En 2007, le Hamas avait pris le contrôle de Gaza à l’issue d’un coup d’État sanglant et les deux factions sont restées à couteaux tirés depuis lors, malgré de nombreuses tentatives de réconciliation.

Abbas s’est rendu à plusieurs reprises au Vatican lors du pontificat de François, et sa dernière visite remontait à décembre 2024.

En 2014, il avait planté un olivier dans les jardins du Vatican aux côtés du président israélien Shimon Peres et du pape François, en signe de paix.

Depuis 2015, le Saint-Siège reconnaît un État de Palestine et soutient la solution à deux États.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, également connu sous son nom de guerre Abu Mazen (au centre) quittant la cour Saint-Damas au Vatican après avoir rencontré le pape Léon XIV, le 6 novembre 2025. (Crédit : Andrew Medichini/AP Photo)

Le dirigeant de l’AP rencontrera vendredi la Première ministre italienne, Giorgia Meloni.

Abbas était en visite au Vatican pour marquer le 10ᵉ anniversaire de la signature de l’accord global entre le Saint-Siège et l’État de Palestine. Ce document régit les relations entre la Cité du Vatican et l’Autorité palestinienne, ainsi que les activités de l’Église dans les Territoires palestiniens.

Arrivé à Rome mercredi après-midi, il s’est rendu à la basilique Sainte-Marie-Majeure pour se recueillir sur la tombe du prédécesseur de Léon, le pape François.

« Je suis venu le voir parce que je ne peux pas oublier ce qu’il a fait pour le peuple palestinien », a-t-il déclaré aux journalistes.

Le pape François priant devant la « Nativité de Bethléem 2024 », apres son inauguration sur la place Saint-Pierre au Vatican, lors de l’audience privée avec les donateurs de la crèche et de la cérémonie de l’arbre de Noël, le 7 décembre 2024 dans la salle Paul VI. (Crédit : Andreas Solaro/ AFP)

Au fil des ans, Abbas avait rencontré François à plusieurs reprises et entretenu des contacts téléphoniques fréquents avec lui, notamment après l’assaut barbare et sanglant du Hamas le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’en est suivie à Gaza.

François s’était montré plus loquace que Léon au sujet de la guerre à Gaza, parfois en des termes qui avaient suscité la colère d’Israël.

Le défunt pontife avait notamment déclaré que l’accusation selon laquelle Israël commettait un « génocide » devait faire l’objet d’une enquête. Un mois plus tôt, une crèche saisonnière installée au Vatican – devant laquelle François avait prié – avait été retirée, après une levée de boucliers provoquée par la représentation de l’enfant Jésus couché dans un berceau drapé d’un keffieh, le foulard arabe censé protéger du soleil et du sable qui est devenu un symbole du nationalisme palestinien.

Son successeur a jusqu’ici affiché des positions plus mesurées : il a exprimé sa solidarité avec « la terre martyrisée » de Gaza et dénoncé le déplacement forcé des Gazaouis, tout en assurant que le Saint-Siège ne pouvait pas se prononcer sur un « génocide » dans l’enclave.

Lazar Berman a contribué à cet article.

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