Les actes antisémites en Espagne ont augmenté de 86 % en 2025
Le gouvernement Sánchez définit les actes antisémites comme des actes de haine ou de violence visant les Juifs et les Israéliens, alors même que Madrid s'impose comme l'un des détracteurs les plus virulents d'Israël
JTA — Les actes antisémites en Espagne ont augmenté de 86 % l’an dernier, qui a été la pire année jamais enregistrée dans le pays en matière d’actes de haine, selon un rapport du gouvernement espagnol.
Les Juifs ont été la cible de 69 crimes et actes antisémites en 2025, contre 37 en 2024, selon un rapport publié la semaine dernière par le ministère de l’Intérieur. Les agressions contre des musulmans ont également augmenté, passant de 15 à 35 incidents.
Dans une vidéo publiée sur Facebook, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a déclaré que son ministère avait recensé 2 417 actes de haine l’an dernier, soit le plus haut niveau depuis le début des enregistrements en 2014. L’Espagne compte environ 70 000 Juifs, selon la Fédération des communautés juives d’Espagne.
Le ministère a défini l’antisémitisme comme tout acte de haine, de violence ou de discrimination dirigé contre les Juifs ou « les ressortissants de l’État d’Israël ».
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, est devenu l’un des détracteurs les plus virulents d’Israël et de son action militaire à Gaza, qu’il qualifie de « génocide » – une accusation catégoriquement rejetée par Israël. L’Espagne a imposé un embargo total sur les armes à destination d’Israël en 2025, puis a rappelé son ambassadrice en mars 2026, à la suite du rappel de l’ambassadeur d’Israël en Espagne en 2024.
Le ministère de l’Intérieur a déclaré que les crimes de haine motivés par le racisme et la xénophobie représentaient le plus grand nombre d’infractions, avec 934 cas. Grande-Marlaska a interpellé les « responsables publics » pour leurs discours et politiques qui, selon lui, attisent les sentiments xénophobes.
Ce rapport a été publié alors que le parti d’extrême-droite et anti-immigration espagnol Vox fait campagne en faveur d’une politique de « priorité nationale » qui privilégie les Espagnols par rapport aux autres dans l’accès à l’aide publique et aux prestations sociales, telles que les logements sociaux et les soins de santé. Vox a récemment conclu des accords avec le Parti populaire (conservateur) pour inscrire la clause de « priorité nationale » dans les accords de coalition des régions d’Estrémadure, d’Aragon et de Castille-et-León.
« La priorité nationale, c’est la xénophobie », a déclaré Grande-Marlaska.
« C’est une xénophobie institutionnalisée, protégée et encouragée par des responsables publics qui légitiment et amplifient des discours de haine qui, par le passé, auraient été condamnés dès leur apparition dans l’espace public. »
Vox soutient fermement Israël, dont le gouvernement s’est allié au parti, malgré la présence de néonazis dans ses rangs. En 2024, le leader de Vox, Santiago Abascal, s’est rendu en Israël pour manifester son soutien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, après que Sánchez a reconnu un État palestinien.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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