Les chirurgiens parviennent à sauver un soldat blessé par balle au cœur en Syrie

Rambam annonce que 2 soldats arrivés dans un état critique sont désormais stabilisés ; les médecins, qui ont laissé la balle en place pour l'instant, décrivent une opération 'complexe'

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, en visite auprès de soldats blessés en Syrie, à l'hôpital Sheba, dans le centre d'Israël, le 28 novembre 2025. (Crédit : Armée israélienne)

Les chirurgiens du centre hospitalier Rambam de Haïfa ont réussi à sauver la vie d’un soldat israélien blessé en Syrie, qui était arrivé à l’hôpital dans un état critique avec une balle logée dans le cœur, a annoncé l’hôpital dimanche.

Il était l’un des deux soldats blessés lors d’un affrontement avec des terroristes armés dans le sud de la Syrie la semaine dernière. Il était arrivé dans un état critique, mais son état est désormais stable et il se trouve dans une unité de soins intensifs, a indiqué l’hôpital.

Les deux soldats faisaient partie des six personnes qui avaient été blessés lors de la brève bataille qui s’était déroulée alors que l’armée israélienne menait une opération visant à arrêter des membres d’un groupe terroriste dans le village syrien de Beit Jinn, situé à environ sept kilomètres à l’est de la frontière israélienne.

Les deux soldats grièvement blessés avaient été transportés à l’hôpital par un hélicoptère de Tsahal directement depuis le terrain et ils avaient été opérés pour des blessures par balle qui avaient engagé leur pronostic vital. L’un d’eux avait été touché au thorax, la balle avait traversé son gilet pare-balles et elle s’était logée dans son cœur.

« L’opération était complexe et difficile, et elle a nécessité l’ouverture du thorax à la fois sur le côté et au centre afin d’arrêter la source du saignement », a déclaré le Pr. Gil Bolotin, directeur du département de chirurgie cardiothoracique de l’hôpital Rambam.

La balle a traversé les septas cardiaques, les parois tissulaires qui séparent les différentes cavités du cœur. Les médecins ont décidé « à l’unanimité » de laisser la balle en place.

Un hélicoptère militaire israélien s’approchant de l’hôpital Rambam de Haïfa avant atterrissage, le 11 octobre 2024. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

« Nous devrons peut-être opérer à nouveau pour retirer la balle qui s’est logée dans le cœur. Nous pourrions choisir de la retirer par cathétérisme, et il est tout à fait possible qu’elle reste en place », a expliqué Bolotin.

« Il est en convalescence et il communique déjà avec son entourage. »

Les soldats avaient été blessés aux premières heures de la matinée de vendredi alors que Tsahal menait une opération d’arrestation sur le territoire syrien visant, selon l’armée, deux membres de l’organisation terroriste al-Jamaa al-Islamiyya (Groupe islamique) qui avaient, semble-t-il, planifié des attentats contre Israël.

Les deux terroristes sont des frères – l’un d’entre eux étant considéré comme le suspect « principal » par Tsahal. L’armée a déclaré qu’ils avaient précédemment tiré des roquettes sur Israël.

Des soldats de la 55ᵉ brigade de parachutistes de réserve arrêtant un suspect, dans le village de Beit Jinn, dans le sud de la Syrie, le 28 novembre 2025 au petit matin. (Crédit : Armée israélienne)

Les soldats israéliens ont arrêté les deux hommes chez eux, alors qu’ils s’étaient couchés. Au moment où les soldats quittaient les lieux avec les deux suspects, ils ont essuyé des tirs provenant de terroristes inconnus, a fait savoir l’armée.

Tsahal a précisé que les soldats avaient riposté et que l’armée de l’air israélienne avait apporté son soutien en effectuant des frappes à partir d’hélicoptères et de drones. Des avions de chasse ont également mené plusieurs frappes contre des cibles prédéfinies, a ajouté l’armée.

Selon la Syrie, les frappes israéliennes auraient fait plus de vingt morts.

À la suite de cette opération, Damas a condamné l’action, la qualifiant de « crime de guerre ».

« La Syrie dénonce […] l’agression criminelle » de Tsahal, a déclaré le ministère syrien des Affaires étrangères dans un communiqué, accusant ces actes de viser à « enflammer la région » pour la précipiter dans un conflit.

L’armée israélienne est déployée sur neuf postes dans le sud de la Syrie depuis près d’un an, soit depuis la chute du régime du dictateur syrien Bashar el-Assad en décembre 2024. La plupart de ces postes se trouvent dans une zone tampon surveillée par les Nations unies, à la frontière entre les deux pays. Deux d’entre eux sont situés du côté syrien du mont Hermon.

Les troupes de Tsahal ont mené des opérations dans des zones situées jusqu’à environ 15 kilomètres à l’intérieur de la Syrie, dans le but de saisir des armes qui, selon Israël, pourraient constituer une menace pour le pays si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».

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