Six soldats blessés lors d’échanges de tirs après que Tsahal a interpellé des suspects terroristes en Syrie
Des frères, auteurs de tirs de roquettes arrêtés à Beit Jinn ; 10 personnes ont été tuées par la riposte israélienne et un véhicule de l’armée a été accidentellement détruit
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Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Tôt dans la matinée de vendredi, six soldats israéliens ont été blessés – trois d’entre eux grièvement – après avoir essuyé des tirs émanant d’hommes armés lors d’une opération d’interpellation dans le sud de la Syrie, a annoncé l’armée.
Israël se préparerait au risque d’attaques depuis la Syrie, que ce soit de la part de militaires syriens ou de terroristes.
Selon l’armée israélienne, peu avant 3 heures du matin, des soldats de la 55e Brigade parachutiste de réserve ont mis le cap sur le village syrien de Beit Jinn — situé à sept kilomètres environ à l’est de la frontière israélienne — pour interpeler deux membres du al-Jama’a al-Islamiyya (Groupe islamique), une organisation terroriste, sur la base de renseignements collectés ces dernières semaines faisant état de projets d’attaques contre Israël.
Il s’agit de deux frères, dont l’un d’entre eux est considéré par Tsahal comme étant le « principal » suspect de tirs de roquettes sur Israël.
Les militaires israéliens ont interpellé les deux frères dans leur lit, à leur domicile.
Au moment de quitter les lieux avec les deux suspects, ils ont essuyé des tirs d’assaillants inconnus, a indiqué Tsahal en ajoutant que ses soldats avaient riposté avec l’appui de l’armée de l’air via des frappes d’hélicoptères et de drones. Par ailleurs, des avions de chasse ont mené plusieurs frappes sur des cibles précises, a souligné Tsahal.
Des frappes aériennes israéliennes sont menées à Beit Jinn, dans le sud de la Syrie, au milieu d’une fusillade entre des soldats et des hommes armés inconnus, début du 28 novembre 2025. (Forces de défense israéliennes)
Selon les médias syriens, dix personnes au moins ont été tuées dans ces frappes israéliennes. Lors des affrontements, l’armée a revendiqué la mort de plusieurs hommes armés, sans plus de précisions, ainsi que l’interpellation d’un suspect syrien qui se dirigeait en courant en direction des soldats israéliens.
Les tirs ont principalement ciblé un véhicule militaire bloqué dans Beit Jinn. Les soldats qui y avaient pris place ont abandonné le véhicule après quoi l’armée israélienne l’a bombardé depuis le ciel pour éviter qu’il tombe aux mains de l’ennemi.
Lors des échanges de tirs, deux officiers et un réserviste ont été grièvement blessés, un autre réserviste modérément blessé et deux autres de leurs camarades légèrement blessés, a indiqué l’armée.
Les militaires blessés ont été évacués vers des hôpitaux israéliens à bord d’un hélicoptère de l’armée de l’air.
Depuis près d’un an, soit depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, l’armée israélienne est déployée dans neuf postes dans le sud de la Syrie, principalement dans la zone tampon surveillée par les Nations Unies à la frontière entre les deux pays et du côté syrien du mont Hermon.
Les militaires israéliens sont intervenus jusqu’à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur des terres syriennes pour y saisir des armes qui, selon Israël, pourraient représenter une menace si elles tombaient entre les mains de « forces hostiles ».
Al-Jama’a al-Islamiyya est une faction sunnite membre du réseau politique des Frères musulmans.
L’aile armée du groupe, les forces al-Fajr, s’en sont à plusieurs reprises prises à Israël, depuis le Liban l’an dernier, au moment de la guerre contre le Hezbollah, avec lequel elles ont souvent collaboré sur le terrain.
Mercredi, le ministre de la Défense, Israël Katz, a expliqué à la Commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset qu’en Syrie, des groupes armés envisageaient d’envahir le plateau du Golan, en Israël.
Selon la radio publique Kan, Katz aurait déclaré qu’Israël n’était « pas sur la voie » d’un accord ou d’une normalisation des relations de sécurité avec Damas, et que le pays se préparait à divers scénarios dans lesquels les militaires syriens, ou des milices, tenteraient de s’en prendre à des communautés israéliennes ou druzes syriennes.
Toujours selon Kan, devant ce comité, Katz a ajouté que des Houthis agissaient par ailleurs depuis la Syrie, le groupe terroriste yéménite soutenu par l’Iran envisageant une invasion terrestre du plateau du Golan.
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