Les diplomates US priés d’inciter leurs alliés à inscrire les CGRI et le Hezbollah sur la liste noire

Invoquant 'un risque accru d'attaque de l'Iran, de ses partenaires et de ses proxys', Marco Rubio a émis une directive invitant les diplomates à transmettre ce message 'au plus haut niveau approprié'

Illustration : Des soldats au garde-à-vous lors d’un exercice du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, dans le golfe Persique, le 16 février 2026. (Crédit : Sepahnews via AP)

WASHINGTON (Reuters) — Lundi, l’administration du président américain Donald Trump, invoquant un risque accru d’attentats, a exhorté les diplomates américains en poste à l’étranger à faire pression sur leurs alliés afin qu’ils classent le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien et l’organisation chiite libanaise du Hezbollah comme des groupes terroristes, selon un document interne du Département d’État consulté par Reuters.

Cette directive, en date du 16 mars et signée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, a été envoyée à l’ensemble des missions diplomatiques et consulaires des États-Unis dans le monde. Elle demande aux diplomates américains de transmettre ce message à leurs homologues « au plus haut niveau approprié », et au plus tard le 20 mars, ajoutant que les efforts visant à faire inscrire ces groupes sur liste noire doivent être coordonnés avec les homologues israéliens.

L’administration Trump cherche à rallier des alliés réticents, dont beaucoup n’avaient pas été informés avant le début, il y a deux semaines, de l’offensive aérienne américano-israélienne, afin qu’ils soutiennent son opération militaire.

Signe révélateur des difficultés rencontrées par cette initiative, plusieurs alliés des États-Unis ont annoncé lundi dernier ne pas avoir l’intention, dans l’immédiat, d’envoyer des navires pour contribuer au déblocage du détroit d’Ormuz. Ils ont ainsi rejeté l’appel lancé par Trump pour maintenir ouverte cette voie maritime essentielle au transport du pétrole.

« Face au risque accru d’attaques de la part de l’Iran, de ses partenaires et de ses proxys, les gouvernements doivent tous se mobiliser rapidement pour réduire la capacité de l’Iran et des groupes terroristes alignés sur lui à frapper nos nations et nos citoyens respectifs », énonce l’un des points clés du document.

Le CGRI est une force militaire d’élite, qui a pour mission de protéger le régime religieux chiite en Iran. Il contrôle également une grande partie de l’économie iranienne. À l’instar du CGRI, le groupe armé chiite du Hezbollah, basé au Liban, est déjà classé comme organisation terroriste par les États-Unis et certains autres pays.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio participe à un déjeuner de travail dans le cadre du sommet « Shield of the Americas », le 7 mars 2026, au Trump National Doral Miami, à Doral, en Floride. (Crédit : AP Photo/Rebecca Blackwell)

Si cette directive ne mentionne pas de détails concernant ce risque accru, elle cite toutefois des exemples de la manière dont Téhéran s’en est pris à ses voisins au Moyen-Orient et appelle à une action commune.

« D’après notre analyse, le régime iranien est plus sensible à une action collective qu’à une action unilatérale. Une pression conjointe a donc davantage de chances d’amener le régime à modifier son comportement qu’une action unilatérale », précise-t-elle.

Ce document ajoute que de telles désignations augmenteraient la pression exercée sur la république islamique, et limiteraient sa capacité à « soutenir des activités terroristes » à travers le monde.

« Le président Trump souhaite avant tout garantir la paix au Moyen-Orient », a affirmé un porte-parole du département d’État. « Le Corps des gardiens de la révolution islamique, le Hezbollah et d’autres groupes soutenus par l’Iran déstabilisent les gouvernements et compromettent la paix régionale. »

read more: