Les États-Unis préviennent leurs alliés de se préparer à des représailles de l’Iran en cas d’action militaire après les élections de mi-mandat
Hegseth renvoie le principal responsable de la planification militaire du Pentagone ; l'Iran ne voit que des propositions inacceptables dans la dernière offre de médiation
Selon deux diplomates informés du dossier, les responsables américains ont demandé à différents pays du Moyen-Orient et à leurs alliés dans la région de se préparer à une éventuelle reprise des opérations militaires contre l’Iran après les élections de mi-mandat, qui se tiendront la semaine prochaine aux États-Unis, ainsi qu’à d’éventuelles représailles de la part de l’Iran.
Ces deux sources se sont exprimées sous couvert d’anonymat, faute d’autorisation de commenter les informations sensibles transmises par les diplomates et les responsables de la défense américains.
Mardi, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis avaient informé plusieurs émirats du Golfe, dont les noms n’ont pas été précisés, de se tenir prêts à une offensive militaire brève mais intense contre l’Iran à l’issue des élections de mi-mandat, qui se dérouleront le 3 novembre. Les diplomates ont souligné que le président américain Donald Trump n’avait pas encore pris de décision définitive quant à la conduite de nouvelles frappes contre l’Iran.
Le président américain a toutefois annoncé à plusieurs reprises qu’il envisageait d’ordonner une nouvelle action militaire une fois que ces élections cruciales aux États-Unis seraient terminées.
Ces menaces et les nouvelles exhortations des États-Unis à leurs alliés à se préparer à d’éventuelles représailles mettent la région en état d’alerte, laissant craindre qu’un retour à des opérations de grande envergure ne soit désormais imminent.
La Maison Blanche et les responsables américains ont refusé de commenter ces informations.
Le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a limogé le responsable de la planification militaire au Pentagone, a fait savoir un responsable de la Défense. Il s’agit du dernier épisode en date d’une série de limogeages de généraux.
Le général Brett Sylvia a été démis de ses fonctions de responsable de la stratégie, de la planification et de la politique au sein de l’État-major interarmées. Il est le deuxième général à être écarté de ce poste, connu dans les milieux militaires sous le nom de « J5 », sous la direction de Hegseth. Son prédécesseur, le général Joseph McGee, avait été contraint de prendre sa retraite en octobre dernier.
Le responsable de la Défense, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat pour évoquer des questions sensibles liées au personnel, a indiqué que Sylvia n’avait pour l’instant pas été remplacé, et qu’aucune raison n’avait été donnée pour justifier son renvoi. Cette décision avait été rapportée plus tôt par The Atlantic.
Un porte-parole de l’État-major interarmées a déclaré : « Le président, l’État-major interarmées et les forces interarmées expriment leur profonde gratitude au général Brett Sylvia et à sa famille pour leurs 32 années de services éminents rendus à notre nation » et « leur souhaitent, à lui et à sa famille, tout le meilleur ».
Par ailleurs, les médiateurs qataris ont présenté à l’Iran un nouveau projet d’accord visant à mettre fin aux hostilités avec les États-Unis, a rapporté un responsable au fait des négociations. Un haut responsable iranien a toutefois expliqué que Doha n’avait avancé que des propositions inacceptables, qui ne ressemblaient en rien à une offre.
Selon ce responsable proche des négociations, qui n’est pas iranien, un nouveau projet de proposition de paix pour mettre fin à ce conflit qui dure depuis huit mois a été soumis dimanche. Il est actuellement examiné par Téhéran, une réponse étant attendue d’ici la fin de la semaine.
Le Qatar, aux côtés du Pakistan, a conduit les efforts de médiation pour mettre un terme à cette guerre, qui a gravement perturbé le transport maritime mondial et l’approvisionnement en pétrole, et qui s’est récemment étendue à l’Arabie saoudite et au Yémen.
La proposition présentée par le Qatar prévoit un calendrier de sept jours répondant à la fois aux préoccupations de Téhéran et de Washington, et définit des mesures quotidiennes destinées à rétablir la confiance entre les parties, a précisé le responsable au fait des négociations. Ce calendrier pourrait débuter en début de semaine prochaine. Plusieurs pays se porteraient garants de l’accord, a ajouté ce responsable.
Peu après, un haut responsable iranien impliqué dans les pourparlers a affirmé que le Qatar n’avait présenté que « des idées inacceptables et non une offre », et que Téhéran entendait rester inflexible sur la question nucléaire.