Les forces de sécurité israéliennes rasent un hameau de Cisjordanie – B’Tselem

Ces démolitions à Jinba constituent la 3e opération de ce type en l'espace de trois semaines alors que les expulsions de Palestiniens s'intensifient à Masafer Yatta

Illustration : Un Palestinien chez lui, dans la communauté bédouine de Jinba, à Masafer Yatta, en Cisjordanie, le 6 mai 2022. (Crédit : Nasser Nasser/AP)

Les forces de sécurité israéliennes ont procédé à des démolitions dans le hameau palestinien de Jinba, situé dans la région de Masafer Yatta, au sud de la Cisjordanie, a déclaré mercredi un groupe de défense des droits de l’Homme.

Selon l’organisation B’Tselem, au moins 19 bâtiments ont été détruits à Jinba mercredi matin, vraisemblablement par l’Administration civile, une agence du ministère de la Défense chargée de faire respecter la loi contre les constructions illégales en Cisjordanie.

Ces démolitions à Jinba constituent la troisième opération de ce type en l’espace de trois semaines.

Le 2 septembre, l’Administration civile a rasé l’intégralité du hameau de Khirbet a-Taban, également situé à Masafer Yatta, y compris les douze habitations et la quasi-totalité des autres bâtiments. Ce hameau abritait 12 familles, soit environ 70 personnes.

Le 8 septembre, l’Administration civile a démoli cinq habitations appartenant à quatre familles, totalisant 32 personnes, à Khirbet al-Fakhit, à moins de deux kilomètres de Khirbet a-Taban, ainsi que des enclos à moutons, des toilettes extérieures, des réservoirs d’eau, des panneaux solaires, des citernes et des poulaillers.

Ces habitations se trouvent dans une zone que l’armée israélienne a déclarée « zone de tir » dans les années 1980, déclenchant ainsi une bataille juridique vieille de plusieurs décennies concernant le sort de plusieurs hameaux situés à l’intérieur de cette vaste zone.

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En mai 2022, la Haute Cour de justice a confirmé le droit de Tsahal d’établir cette zone de tir en Cisjordanie et a estimé que les habitants n’avaient pas réussi à prouver qu’ils vivaient dans ces villages en tant que résidents permanents avant que l’armée ne déclare la zone « zone d’entraînement ».

Cette décision a donné le feu vert à l’armée pour démolir les villages, bien que les démolitions n’aient eu lieu que de manière sporadique depuis lors.

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