Les Israéliens pourraient perdre l’exemption de visa américaine après l’attaque du vol flydubai – média
Une délégation américaine est attendue en Israël pour vérifier l’accord de 2023 ; flydubai veut reprendre ses vols, mais Miri Regev s’y oppose ; le ministère des Transports aurait refusé une aide sécuritaire l’an dernier
Selon certains médias, les Israéliens pourraient perdre leur droit d’entrer aux États-Unis sans visa en raison de failles de sécurité mises au jour après l’attentat terroriste déjoué la semaine dernière à bord d’un vol flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv.
Une délégation américaine se rendra en Israël dans les prochains jours afin de vérifier que les autorités locales respectent bien les exigences de sécurité du programme américain d’exemption de visa (VWP), a rapporté mardi la chaîne N12. Actuellement, la délégation se trouve aux Émirats arabes unis, où elle examine les procédures de sécurité aérienne, a précisé la chaîne.
Depuis septembre 2023, les Israéliens n’ont plus qu’à remplir un formulaire ESTA. Ce formulaire s’appelle Electronic System for Travel Authorization. Il doit être rempli quelques jours avant d’entreprendre un voyage touristique ou d’affaires aux États-Unis. Ce voyage doit durer au maximum 90 jours.
La délégation devrait vérifier si Israël respecte les conditions convenues à l’époque.
Cet examen s’inscrit dans le cadre des répercussions de l’attaque terroriste du 30 septembre contre le vol 1073 de flydubai, au cours de laquelle le copilote, Hamam al-Hammami, s’en est pris au commandant de bord, Smit Machchhar. Il avait pour objectif de faire s’écraser l’avion et de tuer les quelque 180 personnes à bord, dont la grande majorité étaient des Israéliens. Machchhar et plusieurs Israéliens ont réussi à déjouer l’attaque et à maîtriser Hammami.
Mardi, près d’une semaine après l’attaque, la Treizième chaîne a rapporté que flydubai avait demandé l’autorisation de reprendre ses vols vers Israël, affirmant que l’enquête touchait à sa fin et que de nombreux employés avaient été licenciés.
Selon ce reportage, des responsables du ministère des Transports ont également été invités à se rendre à Dubaï la semaine prochaine. Toutefois, la ministre des Transports, Miri Regev, aurait rejeté la demande de la compagnie aérienne visant à reprendre ses vols.
Le ministère des Transports et les services de sécurité ont essuyé de vives critiques à la suite de l’attaque pour ne pas avoir surveillé les pilotes et les membres d’équipage originaires de pays hostiles qui avaient atterri en Israël. Selon la presse israélienne, qui citait des propos tenus lors d’une réunion à huis clos de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, quelque 1 240 membres d’équipage de ce type sont entrés dans le pays au cours de l’année écoulée.
Dans le cas du copilote terroriste, cette défaillance était d’autant plus choquante qu’il avait exprimé son soutien à Al-Qaïda sur les réseaux sociaux et qu’il lui avait été interdit de voler en Oman en raison de ses opinions extrémistes.
Le ministère des Transports aurait refusé une aide en matière de sécurité
Mardi, de nouveaux détails ont été révélés concernant le manque de discernement du ministère en matière de sécurité aérienne, notamment son refus présumé des propositions des responsables de la sécurité visant à renforcer la surveillance des vols étrangers. Le ministère est chargé de contrôler le personnel des compagnies aériennes étrangères.
En 2025, le Shin Bet et le Conseil de sécurité nationale (NSC) ont proposé qu’un responsable de l’agence de sécurité intérieure soit détaché au ministère en tant que responsable des renseignements, chargé d’aider à évaluer les risques liés aux vols étrangers et aux vols charters à destination d’Israël, a rapporté la radio de l’armée, Galei Tsahal, citant trois sources.
Sous la houlette d’Avri Cohen, chef de sa division de sécurité, le ministère s’est opposé à cette idée, affirmant qu’il ne souhaitait aucune ingérence extérieure dans son travail.
Selon Galei Tsahal, le Shin Bet a alors proposé d’accueillir la division de la sécurité du ministère des Transports pour un séminaire de plusieurs jours consacré à l’évaluation des menaces, à la sécurité aéroportuaire et aérienne, ainsi qu’à la discussion des outils de renseignement permettant d’assurer la sécurité des vols. Cela n’a toutefois pas eu lieu.
Au cours de ces mêmes échanges, le NSC aurait poussé le ministère des Transports à demander une augmentation budgétaire au ministère des Finances pour moderniser les systèmes obsolètes du Centre des opérations de sécurité aérienne. Le NSC a même indiqué au ministère qu’il appuierait cette demande par une évaluation professionnelle. Toutefois, le ministère n’a pas soumis cette demande, préférant solliciter des augmentations budgétaires dans d’autres domaines.
Bien qu’aucune demande en ce sens n’ait été formulée, le ministère des Finances a alloué une enveloppe supplémentaire de 10 millions de shekels ainsi que 10 postes à la Division de la sécurité du ministère des Transports dans le budget 2026. Selon Galei Tsahal, le ministère a bien reçu ces fonds, mais n’a pour l’instant pourvu aucun de ces postes.
Par ailleurs, au début de cette année, un débat interne a eu lieu au sein du ministère des Transports pour déterminer quelle division serait chargée de la sécurité des vols étrangers et des vols charter. Le Shin Bet et le NSC ont tous deux plaidé en faveur d’un transfert de cette mission vers l’Autorité de l’aviation civile du ministère, mieux équipée et plus importante que la Division de la sécurité du ministère pour assumer cette tâche.
Mais en juin, Regev et le directeur général Moshe Ben Zaken ont décidé de maintenir cette mission au sein de la Division de la sécurité, a indiqué Galei Tsahal, bien qu’ils aient refusé des mesures qui auraient renforcé la division.
Dans une lettre adressée à l’agence de sécurité intérieure et au NSC, Regev a expliqué avoir choisi « d’éviter les bouleversements organisationnels à ce stade » et ne pas souhaiter perdre de temps à mettre en place « une structure dédiée dans ce domaine sensible, qui nécessite le recrutement de personnel professionnel, l’élaboration d’un concept opérationnel et l’adaptation des systèmes d’information ».
En réponse à Galei Tsahal, le ministère des Transports a déclaré avoir demandé des fonds supplémentaires au ministère des Finances, mais ne les avoir pas encore reçus.
Proposition d’un « visa aérien » spécial ; son adoption jugée peu probable
La chaîne N12 a rapporté que Regev avait désormais demandé 40 millions de shekels supplémentaires et 10 postes afin que son ministère puisse assurer la surveillance nécessaire des vols charters.
Regev aurait également proposé au Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et à d’autres hauts responsables qu’Israël instaure un « visa aérien » spécial pour tous les passagers et membres d’équipage à l’arrivée.
Selon la presse israélienne, l’Autorité de la population, de l’immigration et des frontières (PIBA) du ministère de l’Intérieur approuverait le visa 48 heures avant le départ. Les ressortissants des pays classés « rouges » dans le cadre du nouveau système feraient également l’objet d’un contrôle par les services de renseignement du Mossad et du Shin Bet.
N12 a indiqué que les responsables estimaient que ce plan avait peu de chances d’aboutir, car d’autres pays pourraient imposer des exigences similaires aux Israéliens voyageant à l’étranger.
Tous les Israéliens bloqués devraient être de retour chez eux d’ici jeudi
Par ailleurs, le ministère des Transports prévoit que tous les Israéliens bloqués à Dubaï à la suite de l’attaque seront de retour chez eux d’ici jeudi, grâce à une série de vols de rapatriement assurés par des compagnies aériennes israéliennes.
À ce jour, 7 415 passagers sont rentrés en Israël depuis Dubaï à bord de vols spéciaux assurés par des compagnies aériennes israéliennes, et via Abou Dhabi à bord de vols commerciaux d’Etihad Airways, selon le ministère.
Les premiers vols en provenance de Dubaï assurés par des compagnies aériennes israéliennes ont atterri à l’aéroport Ben Gurion tard vendredi soir.
« Nous poursuivons nos efforts concertés pour mener à bien l’opération de rapatriement afin de garantir que les Israéliens puissent rentrer en Israël en toute sécurité, rapidement et dans le calme », a déclaré Regev dans un communiqué.
« Notre objectif est de mener à bien cette mission dès que possible, tout en répondant aux besoins de tous les Israéliens souhaitant rentrer en Israël. »