Un responsable émirati qualifie l’attaque contre un avion de flydubai « d’acte de terrorisme »
Anwar Gargash a mis en garde contre les "interprétations simplistes" et les théories du complot entourant l'incident ; le Premier ministre indique qu'Israël enquête pour déterminer si l'agresseur a agi seul
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Anwar Gargash, conseiller du président des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed, a qualifié vendredi la tentative de crash d’un vol de la compagnie flydubai à destination de Tel Aviv, survenue en début de semaine, « d’acte de terrorisme ». C’est la toute première fois qu’un haut responsable émirati qualifie ouvertement l’incident en ces termes.
Dans un message qui a été posté sur le réseau social X, Gargash a rendu hommage au pilote indien Smit Machchhar, qui a été poignardé à plusieurs reprises par son copilote omanais alors que ce dernier tentait, semble-t-il, de faire s’écraser l’avion. Machchhar est toutefois parvenu à ouvrir la porte du cockpit, permettant à trois passagers israéliens de se précipiter à l’intérieur et de maîtriser l’agresseur avant que des pilotes qui n’étaient pas en service ne réussissent à effectuer un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite.
Gargash a écrit que Machchhar méritait d’être salué car il « a incarné le courage face à un acte terroriste dangereux et potentiellement catastrophique ».
Il a également mis en garde contre les « interprétations simplistes » et les théories du complot qui entourent l’incident, affirmant que la vigilance est essentielle pour faire face aux dangers posés par l’extrémisme et le terrorisme.
Par ailleurs, une source proche du gouvernement émirati a indiqué à la chaîne d’information N12 qu’Abu Dhabi estimait que le gouvernement israélien exploitait cette tentative d’attentat terroriste à des fins politiques.
Selon cette source, c’est Israël qui a décidé de l’interruption des vols de flydubai, choisissant aussi de désigner les vols de rapatriement qui sont actuellement assurés par des transporteurs israéliens de « vols de secours » – ce qui, a ajouté la source, donne une image erronée des Émirats arabes unis, les présentant comme « un pays en guerre ou en crise, ce qui n’est pas le cas ».
« Les Émiratis ne comprennent pas le comportement d’Israël, et ils ont le sentiment que ce sont les élections qui dictent la situation, et non la logique », aurait déclaré la source, dont les propos ont été cités par N12.
« Ils [les Émiratis] font preuve d’un état d’esprit constructif ; ils mènent une enquête parallèle et ils souhaitent résoudre la crise, tandis qu’Israël traîne les pieds et dresse des obstacles », a affirmé la source.
Elle a noté qu’Etihad, une autre compagnie aérienne des Émirats arabes unis qui dessert Abu Dhabi, maintient ses vols « tout en appliquant un protocole strict » et qu’elle estime que ces règles devraient également s’appliquer à flydubai.
Suite à la publication, sur le réseau social X, du message de Gargash, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a diffusé une déclaration vidéo dans laquelle il indique que « plus le temps passe, plus la situation devient claire ».
« Yaniv et ses amis héroïques ont empêché une catastrophe semblable à celle du 11-Septembre « , dit le Premier ministre dans la vidéo, faisant référence à Yaniv Hayun, l’un des Israéliens qui aurait aidé à maîtriser le copilote. Netanyahu a rencontré Hayun après l’incident. « L’auteur des faits a subi une radicalisation islamiste. »
Le copilote, a ajouté Netanyahu, « avait l’intention de faire s’écraser l’avion avec tous ses passagers ».
« Nous cherchons actuellement à déterminer s’il a été envoyé », a-t-il continué. « Et celui qui l’a envoyé en paiera le prix fort ».
Une source proche de l’enquête a confié à Reuters, dans la journée de vendredi, que les autorités israéliennes devraient interroger le copilote omanais.
Un responsable du gouvernement israélien a expliqué à Reuters que les enquêteurs israéliens participeraient à l’enquête menée par les Émirats arabes unis aux côtés des autorités émiraties, afin de déterminer ce qui s’est passé et d’examiner les motivations et le parcours du suspect.
Le ministère des Affaires étrangères des Émirats arabes unis n’a pas répondu à une demande de commentaire sur la présence possible des autorités israéliennes lors de l’interrogatoire.
De son côté, Netanyahu a déclaré jeudi qu’Israël serait en mesure d’affirmer de manière définitive dans les prochains jours si le copilote avait des liens avec l’Iran. Il avait toutefois reconnu dans le cadre d’une interview accordée à Fox que pour le moment, « il est trop tôt pour se prononcer ».
Le président américain Donald Trump a, pour sa part, expliqué qu’il pensait que Téhéran pouvait être impliqué sur la base des informations qu’il avait reçues – tout en soulignant que l’affaire faisait toujours l’objet d’une enquête. Il est difficile de déterminer si Trump a reçu des renseignements particuliers, ou s’il a été informé de l’enquête en cours sur l’incident de flydubai.
Si les investigations consacrées à l’incident sont toujours en cours et si un mobile précis n’a pas encore été établi, Israël estimait apparemment, jeudi, que le copilote a agi en « loup solitaire ».
L’Arabie saoudite a fait savoir, dans la journée de jeudi, que son enquête préliminaire avait confirmé les faits essentiels de l’incident de mercredi : le copilote du vol flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv s’en est pris au commandant de bord alors que l’avion survolait l’Arabie saoudite, le contraignant à effectuer un atterrissage d’urgence dans la ville saoudienne de Tabuk.
Le vol transportait environ 180 passagers, presque tous Israéliens. Après que les passagers et l’équipage ont maîtrisé l’agresseur, deux autres pilotes présents à bord ont pris les commandes et ont fait atterrir l’appareil en toute sécurité.
Le ministère saoudien de l’Intérieur a noté, dans son premier communiqué public sur l’incident, que les équipes de sécurité saoudiennes et émiraties avaient mené conjointement l’enquête préliminaire.
Les autorités saoudiennes ont ensuite transféré le copilote omanais vers les Émirats arabes unis alors que l’enquête se poursuivait. Les responsables israéliens considéreraient ce transfert comme facilitant une plus grande coopération israélienne avec les enquêteurs des Émirats arabes unis.
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