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Un bénévole allume une bougie pendant une veillée en mémoire d'Ahmad Abu Murkhiyeh, un Palestinien de 25 ans qui a été retrouvé décapité à Hébron en Cisjordanie, dans un refuge LGBT de Tel Aviv, le 7 octobre 2022.  (Crédit : AP/Oded Balilty)
Un bénévole allume une bougie pendant une veillée en mémoire d'Ahmad Abu Murkhiyeh, un Palestinien de 25 ans qui a été retrouvé décapité à Hébron en Cisjordanie, dans un refuge LGBT de Tel Aviv, le 7 octobre 2022. (Crédit : AP/Oded Balilty)

Les périls encourus par les homosexuels palestiniens qui fuient en Israël

Avant le meurtre d’Ahmad Abu Murkhiyeh, décapité à Hébron parce qu’il était gay, les difficultés étaient déjà nombreuses dans un système d’asile défaillant, disent les experts

Tous ceux qui l’ont rencontré le disent : Ahmad Abu Murkhiyeh avait une personnalité qui attirait la sympathie. Cet homosexuel palestinien qui vivait en Israël était doux, posé et intelligent, des qualités qu’il mettait au service des autres.

Pourtant, la haine qu’il suscitait dans sa ville natale de Hébron, si elle s’était endormie après son départ, rôdait encore. Des années de violences subies au sein du foyer familial et l’intolérance plus générale de la société palestinienne l’avaient convaincu de prendre la fuite en 2020. Bien sûr, sa vie et son statut étaient précaires en Israël – mais elle était tellement plus sûre.

Mais le mois dernier, Abu Murkhiyeh était retourné en Cisjordanie. Une vidéo macabre postée sur les réseaux sociaux avait montré sa décapitation par un agresseur non-identifié. Le suspect, un Palestinien apparemment, a bien été arrêté et interrogé, mais son identité n’a pas été rendue publique et tout indique qu’il a donné la mort à Abu Murkhiyeh en raison de son orientation sexuelle.

Et même avant que sa vie ne s’interrompe brutalement, le jeune homme de 25 ans vivait dans une incertitude que connaissent trop bien les autres homosexuels palestiniens en Israël.

Placés dans l’obligation de quitter leurs foyers par crainte d’être tués pour sanctionner leur « immoralité », ce sont des dizaines de gays palestiniens qui se sont mis en quête de la sécurité relative que leur offre Israël – même si se rendre dans le pays est par nature un voyage périlleux. Pour ceux qui parviennent à sortir de la Cisjordanie, la vie qui les attend est remplie d’incertitudes ahurissantes et de dangers mortels qui viennent douloureusement s’ajouter aux traumatismes qu’ils ont déjà subis.

L’homosexualité reste profondément rejetée dans la société palestinienne. Selon un sondage réalisé en 2019, 50 % seulement des Palestiniens interrogés avaient estimé que la société devait tolérer l’homosexualité – c’est le pourcentage le plus bas de tous les pays arabes.

Les homosexuels palestiniens évoquent pêle-mêle les violences brutales, l’isolement forcé, les tentatives de meurtre de la part de membres de leur famille et une myriade d’autres persécutions à leur encontre en raison de leur orientation sexuelle.

Pendant des années, Abu Murkhiyeh avait subi les violences physiques des membres de sa famille, selon ceux qui le connaissaient. Ces violences avaient atteint une telle fréquence et une telle férocité qu’en 2020, le jeune homme avait considéré qu’il n’avait plus d’autre choix que de fuir en Israël et de rompre toutes les relations qu’il entretenait avec sa famille.

Ahmad Abu Murkhiyeh. (Réseaux sociaux)

Il est encore aujourd’hui difficile de dire pourquoi et comment Abu Murkhiyeh s’est retrouvé à Hébron – où il devait connaître une mort atroce, le 6 octobre, une mort filmée dont les images avaient ensuite été téléchargées sur les réseaux sociaux par son tueur présumé qui avait voulu apparemment faire de lui un « exemple », selon des sources.

Le meurtrier avait été arrêté dans l’heure par la police palestinienne. En Israël, ses proches disent avoir la certitude que le jeune homme a été kidnappé. Certains vont même jusqu’à dire, ce qui n’a pas été prouvé, que sa famille a tenu un rôle dans ce meurtre.

« Jamais de la vie ! », s’exclame à voix forte une amie du jeune Palestinien, Ariella Menaker, activiste LGBT, quand il lui est demandé s’il serait possible qu’Abu Murkhiyeh soit retourné volontairement en Cisjordanie.

Sa famille insiste sur le fait qu’il vivait en Jordanie, le pays natal de son père – une affirmation contredite par des traces écrites qui prouvent la présence d’Abu Murkhiyeh dans des refuges variés accueillant des membres de la communauté LGBT en difficulté – et qu’il était retourné à Hébron pour rendre visite à la partie maternelle de sa famille.

L’homicide a été évoqué dans des médias du monde entier, présenté comme la manifestation la plus effroyable de la haine homophobe tandis que les informations retransmises dans les médias palestiniens ont jeté un voile sur l’orientation sexuelle d’Abu Murkhiyeh et sur sa vie en Israël

Le Times of Israel n’a pas été en mesure d’entrer en contact avec la famille d’Abu Murkhiyeh pour d’éventuels commentaires.

L’homicide a été évoqué dans des médias du monde entier, présenté comme la manifestation la plus effroyable de la haine homophobe tandis que les informations retransmises dans les médias palestiniens ont jeté un voile sur l’orientation sexuelle d’Abu Murkhiyeh et sur sa vie en Israël. Pour certains partisans de l’État juif, cette tragédie a permis d’accréditer davantage l’image d’Israël en tant qu’oasis des valeurs progressistes dans un Moyen-Orient encore plongé dans les ténèbres.

Des participants à la Gay Pride annuelle à Tel Aviv, le 14 juin 2019 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Ceux, en Israël, qui ont connu les épreuves traversées par Abu Murkhiyeh et qui sont conscients de la manière dont le pays prend en charge les homosexuels palestiniens de manière plus générale dépeignent une image plus nuancée. Israël est un refuge ou les gays sont en sécurité – mais un refuge aux nombreuses imperfections, affirment-ils, évoquant toute une série de lois et de régulations qui semblent avoir pour objectif que les demandeurs d’asile non-Juifs ne puissent pas non plus considérer leur vie comme trop agréable.

Permis temporaires qui doivent être renouvelés plusieurs fois par an ou même tous les mois, loi (abrogée au mois de juin) interdisant aux demandeurs d’asile palestiniens et homosexuels de travailler au sein de l’État juif, les obligeant à tomber dans le marché de la prostitution : la vie en Israël peut être particulièrement difficile pour les Palestiniens, qui ne constituent que 90 des 30 000 demandeurs d’asile approximativement en Israël.

« On ne parle pas ici d’une vague de Palestiniens LGBT qui attendraient de l’autre côté de la clôture de pouvoir entrer dans l’État d’Israël », commente Ibtisam Maraana, ancienne députée Travailliste qui a avancé une législation permettant aux Palestiniens qui se sont réfugiés en Israël de travailler. « On parle de quelques dizaines de personnes seulement ».

Adi Lustigman, avocate spécialisée dans la défense des droits de l’Homme, qui prend souvent en charge les dossiers de Palestiniens gays, explique pour sa part que plusieurs facteurs empêchent les Palestiniens LGBT de chercher de l’aide en Israël.

« Ce n’est pas si simple aux niveaux culturel ou psychologique », dit-elle. « D’abord, ils doivent être en mesure de pouvoir chercher de l’aide – et souhaiter de le faire – après toutes les rumeurs qu’ils ont pu entendre sur ce qui peut se passer lors des mises en détention décidées par les autorités israéliennes. Ensuite, il faut qu’ils soient prêts à s’affirmer comme gays ou transgenres face aux mêmes autorités ».

« Il y a un nombre beaucoup plus important de personnes en danger qui ne demandent rien », ajoute Lustigman.

A travers les brèches

Raconter l’histoire d’Abu Murkhiyeh avant son arrivée en Israël est compliqué : le jeune homme n’était pas du genre à ressasser le passé.

« Il était intelligent mais très secret… C’était quelqu’un d’absolument normal mais les gens qui ont traversé des traumatismes ont tous des problèmes psychologiques qui leur sont propres », indique Rita Petrenko, fondatrice d’al-Bayt al-Mukhtalif, un centre qui consacre ses activités à la communauté LGBT arabe israélienne où Abu Murkhiyeh faisait fréquemment du volontariat et où il prenait part à des cercles de discussion.

Personne n’est donc en mesure de dire comment il s’était échappé de Cisjordanie ou quelle extrémité de violence l’avait finalement déterminé, après les sévices répétés qui avaient été infligés par sa famille, à prendre la fuite. Malgré les violences de ses proches, « il ne parlait jamais mal d’eux », note Petrenko.

Selon elle, Abu Murkhiyeh était parti, dans un premier temps, pour Ramallah – où sa famille avait rapidement retrouvé sa trace.

Il n’y a aucune administration – israélienne ou palestinienne – vers laquelle les homosexuels peuvent se tourner, qu’ils soient originaires de Ramallah ou de n’importe quel secteur de la Cisjordanie, s’ils se sentent en danger.

Les accords conclus entre Israël et l’Autorité palestinienne (AP) confient la gestion « des affaires sociales » à l’AP sur les territoires placés sous son contrôle – la protection des communautés LGBT et des autres minorités entrent dans le cadre de ces responsabilités. Toutefois, les agents de l’AP ne sont pas exempts de l’homophobie qui traverse la société palestinienne.

Lustigman donne ainsi l’exemple d’un de ces clients, qui avait été brutalement agressé par la police de l’AP après son entrée en Cisjordanie depuis le checkpoint de Qalandiya, à proximité de Jérusalem. Ce client avait naïvement expliqué qu’il s’était réfugié en Israël pour se protéger des violences qu’il devait affronter en tant qu’homosexuel.

La solution la plus sûre pour le homosexuels palestiniens est donc, tout simplement, de fuir vers Israël en entrant illégalement dans le pays – et en empruntant les mêmes brèches, dans la barrière de sécurité de Cisjordanie, qu’utilisent chaque jour les travailleurs palestiniens. Une option presque exclusivement possible pour les Palestiniens de la Cisjordanie au vu du relâchement relatif de la surveillance à la barrière en comparaison avec la vigilance dont la clôture de Gaza fait l’objet.

Israël a dépensé 4,2 milliards de dollars pour cette barrière immense, qui est formée par endroit d’un mur et d’une clôture à d’autres, mais qui reste loin d’être impénétrable. Les Palestiniens traversent des brèches étroites dans les fils barbelés ou ils grimpent les presque huit mètres du mur à l’aide d’échelles bancales et de cordes effilochées, ou ils rampent dans les canalisations d’évacuation qui les emmènent jusque sur le territoire israélien.

Des travailleurs palestiniens de la ville de Hébron, en Cisjordanie, avec leurs effets personnels, pénètrent en Israël par un trou dans la clôture de sécurité, près de la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 31 janvier 2021. (Crédit : Wisam Hashlamoun/Flash90)

Cela fait des années que les responsables de l’armée détournent le regard devant les milliers de personnes qui traversent la barrière pour aller travailler en Israël parce que selon eux, les rémunérations relativement plus élevées de ces Palestiniens qui travaillent sur le marché noir, de l’argent qu’ils ramènent ensuite avec eux en Cisjordanie, contribuent à soulager les pressions économiques subies par ce territoire en proie à une pauvreté élevée.

« Entrer en Israël illégalement est effrayant parce qu’il y a une présence militaire mais ce n’est pas si dur », déclare Meirav Ben-Zeev, qui travaille sur la question des demandeurs d’asile palestiniens au sein de HIAS Israël, une organisation qui apporte une aide aux personnes déplacées par la guerre ou par les persécutions.

Néanmoins, suite à une série d’attentats terroristes, cette année – certains avaient été commis par des Palestiniens qui avaient pénétré en Israël par ces brèches – l’armée israélienne a renforcé ses efforts autour de cette dernière, faisant réparer les trous et déployant un plus grand nombre de soldats là où c’est nécessaire, ce qui rend par conséquent les entrées illégales plus dures.

Les homosexuels palestiniens peuvent, en théorie, demander un permis de travail, attendre qu’il soit accordé puis être arrêté pour avoir séjourné trop longtemps en Israël – en expliquant, pendant leur interrogatoire, les difficultés posées par leur situation avec l’espoir d’obtenir la permission temporaire de rester au sein de l’État juif.

Photo d’illustration : Des travailleurs palestiniens attendent de pouvoir entrer en Israël par le checkpoint de Qalqiliya, le 9 octobre 2012. (Crédit : AP Photo/Nasser Ishtayeh)

Mais les permis de travail ne sont délivrés qu’aux Palestiniens mariés et âgés d’au moins 25 ans. Obtenir un tel permis implique également une longue période d’attente, ce qui les rend inutile pour tous ceux qui souhaitent pouvoir prendre la fuite rapidement – ce qui est la situation vécue par de nombreux Palestiniens LGBT, en particulier si leur orientation sexuelle a d’ores et déjà été révélée.

L’organisation HIAS Israël se souvient qu’à une occasion, un homme témoignant sous le pseudonyme Zain avait raconté que sa famille l’avait enfermé dans une pièce en apprenant son orientation sexuelle et qu’il avait entendu, de l’autre côté de la porte, ses parents évoquer « la meilleure manière » de le tuer. Il s’était échappé par la fenêtre et il s’était caché pendant plusieurs jours en Cisjordanie avant de partir pour Israël.

Les agences israéliennes de sécurité ont été accusées d’identifier les Palestiniens homosexuels par des activités de surveillance avant d’utiliser ces informations pour les contraindre à recueillir des renseignements pour le compte des services d’espionnage

Les gays qui désespèrent de quitter la Cisjordanie ont un ultime échappatoire : Travailler avec les forces de sécurité. L’État juif a une instance particulière, la Commission pour les individus menacés (CTA), qui favorise l’aboutissement des demandes d’asile des individus en danger sur les territoires palestiniens parce qu’ils ont collaboré avec les Israéliens.

Ce sont à peu près les seuls Palestiniens éligibles à un statut de résident permanent dans le pays – mais l’octroi du statut nécessite néanmoins la signature du Premier ministre, et il est considéré comme un privilège accordé à quelques-uns qui sont ainsi remerciés d’avoir transmis des informations de grande valeur.

Une partie de la barrière de sécurité repeinte en blanc après la peinture d’un drapeau arc-en-ciel, l’œuvre d’un artiste palestinien, à proximité de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 30 juin 2015. (Crédit : AP/Nasser Shiyoukhi)

Les agences israéliennes de sécurité ont été accusées d’identifier les Palestiniens homosexuels par des activités de surveillance avant d’utiliser ces informations pour les contraindre à recueillir des renseignements pour le compte des services d’espionnage.

Des vétérans de la célèbre unité 8200 des renseignements avaient dénoncé cette pratique dans un courrier écrit en 2014. Ils avaient eu du mal à concilier le chantage exercé sur ces homosexuels palestiniens et la réputation présumée gay-friendly de l’unité. L’unité 8200 donne, tous les ans, un spectacle de drag-queens auquel assistent ses commandants.

« Si vous êtes homosexuel et que vous connaissez une personne recherchée, Israël va vous faire une vie de misère », avait confié l’un des signataires du courrier à Haaretz, à ce moment-là. « Au cours de ma formation, on nous a appris les mots arabes pour ‘gay’. »

Parce que cette pratique est assez connue, les Palestiniens homosexuels écopent de la double peine en Cisjordanie : En plus des préjugés entraînés par leur orientation sexuelle, ils sont soupçonnés de collaboration avec Israël.

« Le chantage exercé par Israël exacerbe l’homophobie qu’il y a au sein de la société palestinienne », explique Saed Atshan, professeur d’anthropologie américano-palestinien à l’Emory University qui a beaucoup écrit sur la problématique LGBT du côté palestinien. « Il sape le tissu social collectif en minant la confiance et en associant queer et trahison. »

Selon les amis et les contacts d’Abu Murkhiyeh, ce dernier n’avait jamais été approché par les services de sécurité. Les activistes qui travaillent avec les demandeurs d’asile issus de la communauté LGBT déclarent que l’entrée en Israël facilitée par les trous dans la barrière a compliqué le travail de recrutement forcé de collaborateurs par les services de renseignement israéliens parmi des LGBT menacés de voir leur identité sexuelle faire l’objet d’un coming-out non-désiré.

Le plaidoyer pour la vie

En général, une fois arrivés en Israël, les Palestiniens fuyant les persécutions se retrouvent, à un moment où à un autre, aux prises avec la police israélienne. Au commissariat, ils ont une chance de pouvoir raconter le récit déchirant de ce qu’ils ont vécu.

S’ils parviennent à convaincre les agents qu’une expulsion immédiate pourrait les mettre en péril, alors Israël peut leur accorder un permis temporaire et renouvelable – sans pour autant leur octroyer le statut de réfugié.

Ce sont les travailleurs sociaux de l’Administration civile, une branche de l’armée israélienne qui est en charge de la gestion de vastes pans de la Cisjordanie, qui est chargée d’effectuer les contrôles et le travail d’évaluation nécessaires.

Un travailleur social, connu sous le nom de « coordinateur social », accompagné parfois d’un auxiliaire et presque toujours d’un traducteur, rencontre le Palestinien placé en détention au cours d’un entretien avant de décider du degré de crédibilité de son histoire et de l’urgence de sa demande d’asile.

Mais cette décision est généralement prise suivant « l’intuition » du travailleur social, accuse Lustigman.

Un rapport interministériel datant de 2009, qui établissait les directives en matière de prise en charge des demandeurs d’asile palestiniens et homosexuels, avait conclu que les LGBT, en Cisjordanie, ne couraient pas de danger tant que leur orientation sexuelle n’était pas connue. Il avait averti qu’une demande d’asile pouvait être motivée « par le désir de profiter du mode de vie plus libéral en Israël » plutôt que par la réalité d’un péril mortel.

Les recommandations émises dans le rapport plaçaient la lourde charge de la preuve sur les épaules des demandeurs d’asile palestiniens qui affirment, de leur côté, risquer des violences – voire la mort – s’ils sont renvoyés chez eux.

C’est irréaliste d’attendre de survivants de l’ostracisme, de persécutions, de violences, d’exploitation, de graves agressions ou de tentatives de meurtre qu’ils s’expriment de manière cohérente sur leurs traumatismes les plus douloureux

Les travailleurs sociaux ont des idées préconçues sur ce que les demandeurs d’asile réellement en danger devraient dire et comment, dit Lustigman.

Hélas, les demandeurs d’asile, souvent traumatisés, sont rarement en mesure de raconter un passé excessivement douloureux sous la forme d’un narratif soigneusement ficelé : Ils se trompent dans les dates, ils déforment des détails, ils s’attachent à des faits sans pertinence en omettant des aspects déterminants de leur histoire – par honte. Et dans un tel cas, c’est souvent l’expulsion qui est décidée, explique Lustigman.

« C’est irréaliste d’attendre de survivants de l’ostracisme, de persécutions, de violences, d’exploitation, de graves agressions ou de tentatives de meurtre qu’ils s’expriment de manière cohérente sur leurs traumatismes les plus douloureux », dit Lustigman.

Les travailleurs sociaux ont aussi tendance à prendre un ton accusatoire pendant l’entretien, déplore l’avocate, et ils connaissent peu la problématique de ces homosexuels palestiniens plus globalement.

Elle se souvient d’un récent entretien où l’un de ses clients a dû répondre à des questions hors de propos de la part d’autorités cassantes qui ont fait une fixation sur son mariage, un mariage décidé de manière très naturelle pour ce jeune homme issu d’une société conservatrice, à un moment où il n’avait pas encore pris conscience de son orientation sexuelle.

« Quand il essayait de s’expliquer, il était sans arrêt interrompu », déplore Lustigman.

Adi Lustigman (Autorisation)

De son côté, un porte-parole de l’Administration civile évoque une procédure d’entretien qui est à la fois « sensible » et « professionnelle ».

« Dans le contexte de la procédure de la candidature à une demande d’asile, un entretien est organisé entre le coordinateur social et l’individu palestinien dans la mesure où il est nécessaire que tous les deux aient l’occasion d’apprendre à se connaître personnellement, et de façon à ce que le coordinateur puisse évaluer les dangers pesant sur la vie du Palestinien et qu’il soit en mesure de déterminer au mieux la solution la plus adaptée au problème humanitaire posé », déclare le porte-parole. « Des rencontres de ce type doivent se passer en face à face de manière à pouvoir ouvrir un dialogue direct avec l’individu concerné au cours d’un entretien à la fois sensible et professionnel ».

Les autorités accomplissent un profond travail de recherche préalable lors du contrôle des candidats venus du monde entier lorsqu’ils déposent une demande d’asile mais pas pour les Palestiniens persécutés, s’indigne Lustigman.

« Si quelqu’un arrive d’Érythrée, il y aura des recherches sur la zone dont la personne est originaire pour déterminer s’il y a un danger réel là-bas. Avec les Palestiniens, il n’y a aucune instance de recherche même si la Cisjordanie est bien plus proche et que c’est plus facile d’y faire des vérifications », regrette Lustigman.

Les personnes originaires de tout le globe ont le droit de faire une demande d’asile en Israël, même si l’État rejette une proportion bien plus importante de ces demandes que tous les autres pays du monde occidental.

Depuis sa fondation, l’État juif n’a accordé le statut de réfugié qu’à seulement environ 200 demandeurs d’asile qui étaient inéligibles à la naturalisation sous les termes de la Loi du Retour. Un chiffre qui représente bien moins de 1 % des personnes venues en Israël pour s’y réfugier. La majorité des pays développés acceptent 10 % à 15 % des demandes d’asile.

Des migrants érythréens manifestent devant l’ambassade de l’Union européenne à Ramat Gan, près de Tel Aviv, demandant à l’UE de juger les dirigeants érythréens pour crimes contre l’humanité, le 21 juin 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Les ressortissants érythréens et soudanais, qui pénètrent en Israël en traversant le désert du Sinaï, habituellement avec l’aide de trafiquants d’être humains, représentent 91 % des demandeurs d’asile en Israël. Quand des Érythréens et des Soudanais demandent le statut de réfugié en Europe, leur demande est accepté dans 45 % à 88 % des cas en fonction de l’État qui a été sollicité.

Le prochain Premier ministre présumé, Benjamin Netanyahu, et les membres de la coalition qu’il est en train de former ont estimé que les demandeurs d’asile n’étaient que des immigrants économiques qui cherchent à s’assurer un avenir financier, et non pas à trouver un refuge face aux périls mortels qu’ils encourent.

‘Ils ne veulent pas tout recommencer’

La majorité des Palestiniens n’ont pas le moindre espoir d’obtenir le statut de résident en Israël. Ceux qui fuient les persécutions et qui réussissent à traverser toute la procédure de contrôle avec succès obtiennent un permis temporaire qui doit être renouvelé plusieurs fois par an, parfois tous les mois et seulement s’ils s’engagent, par ailleurs, à réclamer l’asile dans un pays tiers.

Selon le droit international, les réfugiés doivent pouvoir s’installer dans le premier pays sûr où ils sont arrivés, le transfert vers un pays tiers n’étant une option réservée qu’aux seuls États dont les ressources sont limitées, voire insuffisantes. Mais les demandeurs d’asile palestiniens en Israël doivent généralement attendre des années avant qu’un autre pays accepte de les recevoir, ont confié des sources au Times of Israel.

Abu Murkhiyeh était sur le point de lancer le processus qui aurait entraîné à terme son départ pour le Canada au moment de sa mort.

Même si le danger encouru par les homosexuels palestiniens qui restent au sein de l’État juif apparaît clairement dans le cas d’Abu Murkhiyeh – avec les spéculations portant sur son éventuel enlèvement – les experts estiment que la relocalisation dans un pays tiers peut être un processus compliqué. Un processus qui éloigne encore, pour les gays palestiniens, la perspective de vivre une vie sûre.

« L’une des conditions préalables à respecter pour avoir le droit de s’installer dans un pays tiers, dans la majorité des cas, c’est un casier judiciaire vierge », explique Lustigman. « Mais un grand nombre de ces Palestiniens ont vécu dans les rues et ils ont donc des casiers. Pas parce qu’ils ont été des criminels aguerris mais en raison de toutes ces petites infractions qu’on peut être amené à commettre pour survivre quand on est sans-abri ».

Elle souligne aussi que le départ vers un pays tiers va souvent à l’encontre du désir qui est exprimé par les demandeurs d’asile eux-mêmes : « En Israël, ils ont appris un peu l’hébreu et ils ont rencontré des gens qui leur viennent en aide. Ils n’ont pas envie de repartir de zéro en Suède, de devoir apprendre le suédois ».

Petrenko pense qu’il faut pouvoir donner aux demandeurs d’asile « l’option » de partir s’ils ne se sentent pas en sécurité, notant qu’un grand nombre de ces Palestiniens homosexuels – et en particulier ceux qui sont arrivés quand ils étaient adolescents – voudraient rester.

Ce qui n’était pas le cas d’Abu Murkhiyeh.

« Il voulait partir », indique Petrenko, parce qu’il ne se sentait pas en sécurité en Israël.

Rita Petrenko, qui dirige al-Bayt al-Mukhtalif. (Autorisation)

S’il était, en théorie, plus en sécurité en Israël, ses années passées dans le pays ont été difficiles et il était resté très conscient des dangers qui planaient sur lui.

Pendant les deux ans passés au sein de l’État juif, Abu Murkhiyeh avait été ballotté entre les différents refuges ouverts pour accueillir les membres de la communauté les plus vulnérables.

Dans la mesure où les refuges respectent des durées d’hébergement prédéterminées pour répondre au mieux aux demandes de places, le séjour d’Abu Murkhiyeh à un endroit s’achevait souvent avant la mise à disposition d’un autre lit, ailleurs. Il dormait alors dans la rue.

Image illustrative d’un sans-abri dormant dans le centre de Jérusalem, le 12 décembre 2014. (Crédit : Maxim Dinshtein / Flash90)

Sa situation n’était pas moins précaire en matière d’emploi.

Quand il était arrivé, la loi interdisait encore aux demandeurs d’asile palestiniens et homosexuels de travailler. Il avait été placé dans l’obligation de plonger dans l’illégalité, sombrant dans la prostitution. Ce plongeon dans la prostitution est courant parmi les Palestiniens homosexuels, expliquent les spécialistes.

« Parfois, cette prostitution consiste à vendre son corps. Mais parfois encore, quelqu’un va se positionner comme ‘sponsor’, entre guillemets – il s’agira d’un homme qui, en échange de relations sexuelles, accordera le gîte et le couvert, peut-être d’autres aides… C’est également une forme de prostitution même si elle n’a pas ce côté ‘officiel’, » dit Lustigman.

La loi qui leur interdisait de travailler a été abrogée au mois de juin, mais un grand nombre de ceux qui avaient sombré dans la prostitution ont dorénavant du mal à s’extraire des liens d’exploitation qui les rattachent au milieu, selon Ben Zeev, de HIAS, qui estime qu’il est trop tôt pour juger des effets de ce changement législatif.

Pour Abu Murkhiyeh, l’argent gagné pendant une brève période dans la prostitution lui avait permis de ne pas mourir de faim et il avait ensuite décidé de laisser cette vie derrière lui, dit Petrenko. Elle indique qu’il préférait ne pas évoquer cet aspect précis de son expérience de vie en Israël.

Et lorsqu’il avait commencé à travailler légalement, Abu Murkhiyeh avait rencontré des difficultés pour convaincre ses potentiels employeurs de lui offrir un travail stable et à plein temps. Il avait donc continué à faire des petits boulots dans les restaurants connus pour recruter des Palestiniens sans papier, à qui ils versent un salaire dérisoire.

Un agent contrôle les identités et les permis de travail de Palestiniens, à proximité de la ville côtière d’Ashkelon, le 11 novembre 2014. (Crédit :AP/Tsafrir Abayov)

Ce qui l’avait exposé au danger de rencontres hasardeuses avec d’autres Palestiniens de Cisjordanie travaillant, comme lui, sur le marché noir. Un jour, un Palestinien l’avait reconnu et l’avait violemment agressé près du restaurant où ils travaillaient tous les deux.

Mais même s’il n’était plus en Cisjordanie, ses ennemis n’étaient jamais très loin. Avec des insultes, des menaces proférées par des interlocuteurs anonymes, au téléphone.

« On peut penser qu’après un an ou un an et demi, les gens vont se lasser – mais non, les menaces étaient constantes », raconte Menaker, son amie. Il ne se sentait pas en sécurité avec un numéro de téléphone à long-terme ou sur les réseaux sociaux. Il savait qu’il était surveillé. »

Pas d’asile pour les Palestiniens

Même si Israël donne rarement suite aux demandes d’asile des Érythréens, des Soudanais ou des autres, l’État s’engage également à ne pas les expulser. Israël explique se conformer de cette manière au principe législatif international de « non-refoulement », qui appelle les pays à s’abstenir de renvoyer les demandeurs d’asile du pays d’où ils proviennent, des territoires où ils sont en danger.

Mais l’État juif, ajoute Lustigman en évoquant son travail dans les tribunaux israéliens, affirme aussi que ces protections ne sont pas accordées aux Palestiniens – qui relèvent d’une catégorie entièrement distincte. Même si elles offrent un refuge temporaire aux Palestiniens, les autorités peuvent choisir de ne pas prolonger les autorisations données quand arrive le moment de leur renouvellement et elles sont susceptibles d’ordonner l’expulsion des individus concernés en Cisjordanie ou à Gaza.

« Oui, c’est possible d’expulser des gens dans une telle situation en les exposant ainsi à tous les dangers », dit Lustigman.

En décembre 2021, Abu Murkhiyeh s’était retrouvé dans cette situation. Son permis avait expiré mais sa prolongation n’avait pas encore été accordée.

Petrenko se souvient de la peur qui avait saisi le jeune Palestinien homosexuel à ce moment-là, qui ignorait si ce permis, déterminant pour sa survie et pour sa sécurité, lui serait octroyé.

« Il est impossible de savoir si ça va prendre quatre jours, une semaine, deux semaines ou même quatre semaines, comme cela avait été le cas pour un jeune homme dont je me suis également occupée », note-t-elle, évoquant les périodes qui peuvent s’écouler entre l’émission de deux permis, des moments de latence qui représentent autant de défis. « Quand il ne reste que vingt-quatre heures sur le permis, les gens commencent à trembler ».

Le nouveau permis d’Abu Murkhiyeh était arrivé quatre jours après l’expiration du précédent, quand Petrenko était intervenue auprès des autorités. Ce délai lui avait coûté son emploi – son patron, qui ne rechignait pas à enfreindre les règles en faisant travailler une personne sans permis de travail, mettait un point d’honneur à exiger que ses employés soient en situation régulière.

Des demandeurs d’asile africains attendent pendant des heures à l’extérieur pour tenter de déposer leur demande d’asile au bureau de l’Autorité de l’immigration, de la population et des frontières à Bnei Brak, le 13 février 2018. (Miriam Alster/Flash90)

D’autres ont par ailleurs vécu bien pire que la seule perte d’un emploi.

« J’ai vu des gens qui ont été expulsés alors que nous attendions la prolongation qui leur avait été promise », dit Petrenko.

Dans ces cas, raconte-t-elle, « ils sont revenus en Israël dans la foulée parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix. »

Un homme était resté sans permis pendant trois jours en raison d’une erreur administrative, se souvient-elle – ce qui avait été suffisant pour qu’il soit expulsé et pour lui créer un casier judiciaire qui avait compliqué ensuite les initiatives prises pour trouver un pays susceptible de l’accepter.

« Si un demandeur d’asile originaire de… disons… la Russie ne parvient pas à faire renouveler son visa, il est interdit de l’expulser… Mais au moment même où la police rencontre un Palestinien sans permis, elle l’expulse… Tout ce qu’elle voit, c’est que ce Palestinien était en possession d’un permis et qu’il ne l’a plus », déplore-t-elle.

Cette exception pour les Palestiniens découle de l’interprétation faite par Israël de la Convention sur les réfugiés des Nations unies, signée en 1951 – un traité multilatéral qui définit les critères d’éligibilité au statut de réfugié et les responsabilités des États à leur égard.

Le ministère de l’Intérieur a déclaré au Times of Israel qu’Israël « examine les demandes d’asile au cas par cas, étudiant les circonstances qui entourent la demande et conformément à la Convention sur les réfugiés de 1951 ».

Lustigman répète pourtant avoir travaillé sur de multiples dossiers où l’État avait fait valoir que le système de demande d’asile israélien partait du principe que les Palestiniens ne se portaient pas candidats à l’asile.

« Partout ailleurs dans le monde, les Palestiniens peuvent bénéficier d’une protection sous les termes de la Convention de 1951 », regrette-t-elle. « Il n’y a qu’en Israël que le système de demande d’asile est complètement fermé aux Palestiniens ».

Israël justifie son positionnement en avançant la Clause 1D de la convention de 1951 qui établit que les protections du traité ne seront pas accordées aux personnes bénéficiant d’une assistance ou d’une protection de la part d’une agence de l’ONU autre que l’Agence des réfugiés des Nations unies. Les Palestiniens déplacés pendant la guerre d’indépendance de 1948 et leurs descendants sont soutenus par l’UNRWA, l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Moyen-Orient.

Pour les Nations unies, la Clause 1D sert à prévenir « les chevauchements de compétence », même si les États arabes ont exercé des pressions en faveur de son inclusion de manière à ce que leur refus d’accorder la citoyenneté aux Palestiniens qui se trouvent sur leur territoire ne constitue pas une violation du pacte.

Lustigman explique qu’au cours de ses passages devant les tribunaux, elle a compris qu’Israël partait du principe que cette clause concernait tous les Palestiniens, ce qui permet à l’État de ne pas respecter l’obligation internationale, pour les pays, d’offrir une protection à ceux qui ont fui le territoire dont ils sont originaires « parce qu’ils ont des craintes absolument fondées d’y être persécutés » si cette région d’origine doit être le territoire palestinien.

Un homme palestinien charge une charrette à cheval avec des sacs de farine reçus de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), dans un entrepôt de la ville de Gaza, le 30 septembre 2020. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Lustigman remarque que la majorité de ses clients « n’ont jamais bénéficié de l’aide de l’UNRWA parce qu’ils ne sont pas inscrits comme réfugiés » et elle qualifie « d’irrationnelle » la politique consistant à refuser aux réfugiés palestiniens une protection de façon collective.

« Tout le monde, en Cisjordanie, ne descend pas de ces populations qui avaient fui Israël en 1948. Il y avait des gens qui vivaient là-bas auparavant », déclare-t-elle, ajoutant que l’UNRWA, contrairement à un État souverain, n’est pas en mesure d’apporter une protection physique aux personnes.

Pour Lustigman, faire en sorte que le système judiciaire israélien réexamine son interprétation de la clause est une démarche initiale cruciale pour améliorer le système d’asile qui, selon elle, doit aussi être renforcé à l’aide de recherches générales plus approfondies sur les demandeurs. Elle estime aussi qu’il doit devenir plus transparent et que l’accès à une représentation juridique, pour les plus vulnérables, doit être facilité.

Plein d’espoir

Si une grande partie du temps passé en Israël par Abu Murkhiyeh avait été marqué par une incertitude presque permanente, le jeune homme était néanmoins parvenu à tisser des liens forts malgré sa vie d’errance.

Menaker déclare qu’Abu Murkhiyeh était une personnalité « populaire, il était toujours entouré de plein de gens » qui étaient attiré vers lui parce que le jeune homme était « plein d’espoir et d’aspirations ». Il lisait énormément et il aimait parler de ces lectures intensives dans ses conversations.

Des bougies allumées pendant une veillée en mémoire d’Ahmad Abu Murkhiyeh, un Palestinien de 25 ans qui a été retrouvé décapité à Hébron en Cisjordanie, dans un refuge LGBT de Tel Aviv, le 7 octobre 2022. (Crédit : AP/Oded Balilty)

La sociologie – le sujet de recherche de prédilection d’Abu Murkhiyeh – pouvait être parfois plus accessible, pour son esprit agile et vif, que la socialisation avec les Israéliens au vu de sa situation. Menaker se rappelle de sa frustration à des moments où il espérait seulement pouvoir vivre une soirée amusante ou peut-être tisser une relation, devant finalement faire face aux « questions » sur son passé et sur son combat en tant que Palestinien gay.

Abu Murkhiyeh était habituellement discret sur sa vie privée mais il abandonnait par moment sa réserve. Petrenko se souvient avoir été surprise quand elle avait reçu une photo montrant le jeune homme en train d’embrasser une femme trans juive à laquelle il rendait quelquefois visite à Jérusalem.

« Il avait l’air heureux », se rappelle-t-elle.

Aujourd’hui, sa mort a ébranlé le sentiment fragile de sécurité ressenti dans la minuscule communauté des homosexuels palestiniens en Israël – encore un autre défi dans un parcours parsemé d’obstacles.

Peu après le meurtre, al-Bayt al-Mukhtalif avait organisé une discussion de groupe pour les Palestiniens LGBT en Israël, comme l’organisation le fait toutes les deux semaines. L’état d’esprit était sombre, dit Petrenko, qui fait remarquer qu’ils « survivent, comme ils l’ont toujours fait ».

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