Les sanctions contre Israël ne doivent pas nuire aux civils israéliens, affirme l’Italie
Tout en appelant à nouveau à la fin du 'bain de sang' à Gaza, Tajani a mis en garde l'UE sur les sanctions proposées, qui ne doivent pas avoir de 'répercussions négatives sur la population civile israélienne'
Toute sanction potentielle de l’Union européenne (UE) contre Israël ne doit pas nuire à la population civile, a mis en garde jeudi le ministre italien des Affaires étrangères, tout en appelant à nouveau à la fin du « bain de sang » à Gaza.
L’UE a proposé mercredi de taxer certains produits israéliens – essentiellement agricoles – et de sanctionner deux ministres israéliens d’extrême droite, ce qui constituerait ses mesures les plus fortes depuis le début de la guerre à Gaza.
Mais la réticence de certains États membres, dont l’Italie, l’Allemagne et la Grèce, rend improbable l’adoption de ces propositions.
« Je le répète avec la plus grande clarté : nous sommes fermement opposés à l’occupation israélienne de Gaza et à toute hypothèse de transfert forcé des Palestiniens hors de la bande de Gaza », a déclaré devant le Sénat le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani.
« Ce qui se passe à Gaza est une tragédie inacceptable. Ce bain de sang doit cesser immédiatement », a-t-il insisté.
M. Tajani a par ailleurs indiqué que l’Italie continuerait de soutenir « fermement » toute nouvelle mesure contre le Hamas et toute sanction supplémentaire contre les résidents d’implantations violents et les ministres ayant adopté des « positions inacceptables » sur la situation à Gaza et en Cisjordanie.
« Nous évaluerons de nouvelles propositions de sanctions commerciales, tout en veillant toutefois à ce qu’elles n’aient pas de répercussions négatives sur la population civile israélienne, qui, comme nous le savons, est multiconfessionnelle, avec d’importantes composantes arabes et druzes », a-t-il rappelé.
Selon le chef de la diplomatie italienne, les critiques légitimes des décisions du gouvernement israélien ne doivent toutefois par servir de prétexte pour alimenter l’antisémitisme.
« Plus personne ne devrait avoir peur parce qu’il est juif. Plus jamais ! » a-t-il martelé.
La pression s’est accrue sur les pays membres de l’Union européenne pour qu’ils prennent des mesures contre Israël suite à son offensive à Gaza, déclenchée par le pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le groupe terroriste islamiste palestinien du Hamas.
Bruxelles a proposé mercredi d’annuler toutes les exemptions ou réductions de droits de douane dont bénéficie actuellement une partie des importations israéliennes dans l’UE.
Concrètement, en cas d’accord des 27, quelque 37 % des importations israéliennes vers l’UE (15,9 milliards d’euros), seraient à nouveau taxées, selon les règles commerciales en vigueur dans le cadre de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).
La Commission européenne a également appelé au gel des avoirs et à l’interdiction de visa des ministres israéliens d’extrême droite Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich en raison de leur rhétorique « extrémiste ».