L’extrême-droite israélienne attend des actions plus fermes de Netanhuayu

Le député HaTzionout HaDatit réclame des élections si aucun plan de guerre agressif n'est adopté ; Ben Gvir appelle à renverser l'Autorité palestinienne

Le député HaTzionout HaDatit Zvi Sukkot s'exprime lors de la conférence "Le retour d'Israël au Mont du Temple" à la Knesset à Jérusalem, le 24 juillet 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plusieurs députés d’extrême droite ont menacé dimanche de quitter la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu, un jour après que le ministre des Finances Bezalel Smotrich a dit qu’il avait « perdu confiance » dans la stratégie de guerre du Premier ministre.

Zvi Sukkot, du parti HaTzionout HaDatit de Smotrich, et Yitzhak Kroizer, du parti Otzma Yehudit, ont tous les deux dit dimanche qu’ils craignaient que le plan pour conquérir Gaza-City, approuvé par le cabinet de sécurité la semaine dernière, soit un stratagème pour pousser le Hamas à revenir à la table des négociations, ce qui aboutirait à un cessez-le-feu partiel et à un accord de libération des otages plutôt qu’à une victoire « décisive » sur le groupe terroriste.

Ils ont été rejoints par le député du sionisme religieux Simcha Rothman, qui a déclaré que la décision du cabinet avait rapproché le parti nationaliste d’une sortie du gouvernement.

Sukkot a menacé de faire tomber le gouvernement si ce dernier n’adoptait pas une stratégie plus agressive à Gaza, arguant que « si nous revenons au 6 octobre 2023 et décidons d’abandonner les objectifs de la guerre, cela constituera un danger existentiel pour l’État d’Israël ».

« Si telle est réellement la situation, à mon humble avis, des élections sont nécessaires », a-t-il tweeté.

Le message de Sukkot fait suite à une vidéo diffusée samedi soir par le ministre des Finances Bezalel Smotrich, président du parti HaTzionout HaDatit, dans laquelle il explique ne plus croire que le Premier ministre Benjamin Netanyahu soit disposé à faire le nécessaire pour gagner la guerre, qualifiant de demi-mesure la décision prise jeudi par le cabinet de sécurité d’approuver un plan visant à prendre le contrôle de Gaza-City.

Les membres des deux partis ont toujours plaidé en faveur de l’occupation et de l’annexion de Gaza par Israël, de la pression sur la population gazaouie pour qu’elle parte et de la reconstruction des implantations israéliennes dans l’enclave.

Le député Yitzhak Kroizer assiste à un comité de la Knesset, le 12 juillet 2023. (Yonatan Sindel/Flash90)

Kroizer a s’est fait l’échos des propos de Sukkot dans une interview à la radio.

« Si on voit que ce plan ne nous mène pas à une victoire décisive sur les groupes terroristes dans la bande de Gaza, et qu’on se retrouve à nouveau dans une impasse qui aboutit à un accord partiel, on envisagera sérieusement de quitter le gouvernement », a déclaré Kroizer. « On pourrait en arriver à un point où on devra rendre le mandat aux citoyens de l’État d’Israël », ce qui signifie de nouvelles élections.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles le chef du parti, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, n’avait pas encore démissionné après avoir déclaré avoir « perdu confiance » dans la stratégie militaire du Premier ministre, Rothman a répondu : « C’est clairement sur la table. Cela a été dit à maintes reprises… Dès que nous aurons la certitude qu’ils ont abandonné les objectifs de la guerre… nous nous retirerons du gouvernement. »

Selon Rothman, la réunion du cabinet de jeudi a rapproché HaTzionout HaDatit d’une telle éventualité, même si rien n’est encore certain.

« Je suppose que les heures et les jours à venir nous le diront », a-t-il déclaré. Le parti demande au cabinet de revenir sur sa décision et « d’aller jusqu’au bout pour vaincre le Hamas ».

Au début, Netanyahu a dû faire face à une forte réticence de la part de l’opposition à son plan pour Gaza-City, les législateurs avertissant que cela mettrait en danger les otages et les soldats israéliens et plongerait l’armée dans un bourbier. Le plan a également suscité une opposition internationale généralisée de la part de dirigeants qui affirment qu’Israël ne doit pas occuper Gaza, que la guerre doit prendre fin et que la situation humanitaire désastreuse dans la bande de Gaza doit être résolue.

Mais les menaces venant de l’intérieur de son gouvernement montrent que ses partenaires de droite sont aussi sceptiques quant à l’efficacité d’une avancée sur Gaza-City pour atteindre leurs objectifs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) et le ministre des Finances Bezalel Smotrich, à la Knesset, le 7 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Smotrich a indiqué avoir auparavant réussi à mettre de côté ses réserves, convaincu que « nous nous battions pour une victoire décisive », mais avoir désormais « perdu confiance dans la capacité et la volonté du Premier ministre à mener l’armée israélienne à une victoire décisive ».

Selon la chaîne publique Kan, Smotrich a menacé de renverser le gouvernement et d’imposer de nouvelles élections durant la réunion du cabinet jeudi soir.

« De mon point de vue, nous pouvons tout arrêter et laisser le peuple décider », a-t-il affirmé, a rapporté la chaîne.

Profitant des tensions internes, le chef de l’opposition Yair Lapid a demandé dimanche à Smotrich de l’aider à faire passer un projet de loi pour dissoudre la Knesset et organiser de nouvelles élections.

 

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