Liban : la FAO inquiète des conséquences de la guerre sur l’agriculture

Cette semaine, l'UNICEF a déclaré que quatre foyers sur cinq au Liban 'peinaient à se procurer les produits de première nécessité, alors que le conflit aggrave des années de crise économique'

Photo d'illustration : Des agriculteurs travaillent dans la plaine de Marjayoun, à côté du village de Khiam, au sud du Liban, face à la ville israélienne de Metula, le long de la frontière avec Israël, le 26 aout 2019 (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

La guerre au Liban « exerce une pression supplémentaire sur les agriculteurs et les communautés rurales », s’est inquiétée jeudi la directrice générale adjointe de la FAO, Beth Bechdol, lors de son premier déplacement à Beyrouth.

« Nous sommes très préoccupés » par la situation dans le sud du Liban, où l’agriculture est « au coeur » du mode de vie, a ajouté la responsable de l’agence onusienne pour l’alimentation et l’agriculture.

Au printemps, le Liban avait indiqué que 56 000 hectares, soit plus de 22% de ses terres agricoles, avaient été endommagés par des incendies ou par des destructions dues au conflit entre le Hezbollah et Israël.

« Les agriculteurs et leurs familles ne peuvent plus accéder à leurs terres agricoles », a souligné Mme Bechdol, selon laquelle la guerre a également « perturbé les marchés et réduit l’accès » aux intrants utilisés pour la production alimentaire, comme les engrais.

En juin, une évaluation réalisée par les autorités libanaises, avec le soutien de l’ONU, estimait que les pertes de production agricole dans le sud du Liban s’élevaient cette année à au moins 530 millions de dollars.

Mme Bechdol redoute également une éventuelle contamination des sols et leur dégradation en raison de la présence de munitions non explosées et de résidus d’opérations militaires. Elle a indiqué avoir eu des entretiens ces derniers jours sur la possibilité d’associer la FAO à des initiatives de déminage dans le sud du Liban.

En avril, un rapport soutenu par l’ONU indiquait que plus de 1,2 million de personnes au Liban risquaient de souffrir de faim aiguë dans les mois suivants en raison de la guerre.

Cette semaine, l’UNICEF a déclaré que quatre foyers sur cinq au Liban « peinaient à se procurer les produits de première nécessité, alors que le conflit aggrave des années de crise économique ».

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