L’opposition dénonce la « loi des déserteurs »

S'exprimant avant la réunion de sa faction, Benny Gantz a affirmé que les Israéliens voulaient une 'vraie' loi sur le service militaire ultra-orthodoxe

Le chef de l'opposition, le député Yaïr Lapid, dirigeant une réunion de sa faction, à la Knesset le 7 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yair Lapid, le chef de l’opposition, a souhaité lundi au Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui va rencontrer le président américain Donald Trump, de réussir à conclure un accord global de cessez-le-feu avec le Hamas qui ouvrira la porte à la remise en liberté des otages qui sont encore retenus en captivité à Gaza.

« Ce qu’il faut vraiment, ce n’est pas un accord partiel, ni une trêve, mais l’arrêt de la guerre et le retour de tous les otages », a-t-il déclaré devant les journalistes avant la réunion de faction hebdomadaire de son parti Yesh Atid à la Knesset.

Abordant la question de la conscription des ultra-orthodoxes, Lapid a reproché au Premier ministre ses efforts visant à faire adopter une « loi d’évasion » exemptant les jeunes hommes haredim de service militaire.

« Avant que Netanyahu ne monte dans l’avion, il ne s’inquiétait que d’une chose, d’une nouvelle tentative de garantir aux Haredim une loi d’évasion scandaleuse et déshonorante. Une loi qui n’a été conçue que pour une seule chose : pour assurer la survie de la coalition quelques semaines ou quelques mois de plus », a noté Lapid.

Les Haredim ont conditionné la survie du gouvernement à une législation qui garantira que « aucun jeune haredi ne s’enrôlera, ne risquera sa vie, ne défendra le pays », a-t-il continué. « Il s’agit d’un réel chantage qui ne se cache pas, un chantage auquel [Netanyahu] a immédiatement cédé ».

« Netanyahu a ordonné au président de la commission des Affaires étrangères et de la défense, Yuli Edelstein, de montrer le projet de loi sur la conscription aux représentants des Haredim afin qu’ils aient la gentillesse d’approuver le texte. Les ultra-orthodoxes ont ainsi vu le projet de texte avant… avant le chef de Tsahal, avant les organisations de réservistes, avant même les membres de la commission des Affaires étrangères et de la défense », a-t-il déploré.

Lorsque le contenu du projet de loi sera révélé, a-t-il ajouté, toute clause retardant l’application des sanctions à l’encontre de ceux qui se soustraient au service militaire signifiera que la législation « n’est pas une loi, mais une fraude ».

S’adressant aux Juifs ultra-orthodoxes, il a dit : « Cette loi ne sera pas adoptée et même si elle doit l’être, il y aura un autre gouvernement l’année prochaine, et la première chose que nous ferons sera d’abroger ce texte. Ce qui a fonctionné pour vous toutes ces années ne fonctionnera plus ».

Une copie du projet de loi révisé devait être présentée aux législateurs dans l’après-midi de lundi.

Dans une critique cinglante, l’ancien ministre de la Défense Avigdor Liberman a affirmé que tous les soldats tués au combat ces derniers mois ont perdu la vie « sur l’autel de la préservation de la coalition ».

Le chef du parti Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, dirigeant une réunion de sa faction de la Knesset, à Jérusalem, le 9 juin 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« Tous les soldats tombés au combat ces derniers mois ne sont pas morts pour la sécurité d’Israël », a déclaré le président du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lors de la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset.

« Ils sont tombés sur l’autel des considérations de coalition, sur l’autel de la préservation de la coalition. »

La « loi sur la désertion du service militaire » proposée par le gouvernement est « une véritable trahison du gouvernement israélien envers tous les soldats de l’armée israélienne, qu’ils soient en service régulier ou dans la réserve », ajoute-t-il.

Le projet de loi est « inacceptable » et constitue « une loi de désertion à tous égards », a-t-il déclaré ajoutant que peu importe le nombre de convocations envoyées par l’armée israélienne aux Haredim si elles ne sont pas appliquées.

Liberman a exprimé son espoir que l’armée applique effectivement la prochaine série de convocations.

De son côté, Benny Gantz, le chef du parti Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, a affirmé devant les journalistes, alors qu’il se rendait à la réunion hebdomadaire de sa faction, que « nous n’envisageons pas de rejoindre la coalition ».

Le chef du parti Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, avant une réunion de faction à la Knesset, le 7 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Il a noté que que la loi sur la conscription militaire des ultra-orthodoxes qui est actuellement proposée ne bénéficie pas du soutien de l’opinion publique et que 80 % des Israéliens souhaitaient une « vraie » législation sur la question.

La proposition de loi actuelle, a-t-il commenté, est très similaire à ce que « les Haredim et le ministre de la Défense de l’époque, Yoav Gallant, avaient essayé de nous vendre il y a un an et demi ». Il a estimé qu’elle ne répondait pas aux besoins de Tsahal.

L’armée a besoin d’environ 12 000 soldats, a-t-il fait remarquer, et les atermoiements du gouvernement dans ce dossier ont « porté atteinte à la sécurité nationale ».

« J’aurais attendu du Premier ministre qu’il insiste sur la conscription [en direction des jeunes hommes haredim] avant son départ [pour les États-Unis] et qu’il ne temporise pas dans le seul but de préserver sa coalition », a-t-il poursuivi.

Il a également affirmé qu’après l’atterrissage, à Washington, de l’avion qui transportait le Premier ministre, le moment était venu de conclure un accord qui permettra aux otages d’être relâchés – un sujet qui devrait être l’unique objectif de son déplacement aux États-Unis, a-t-il estimé.

« Nous avons aujourd’hui l’occasion de rapatrier les otages et de conclure un accord qui redessinera le Moyen-Orient », a-t-il déclaré. « Le Premier ministre a le soutien de la nation et il a le soutien politique pour y parvenir ».

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