Lors du ‘Jewish Currents Live’, Hasan Piker fustige les « opportunistes » ayant hué Mamdani
Le streamer anti-Israël estime que davantage de membres des Democratic Socialists of America (DSA) auraient dû participer à la veillée du 7-Octobre aux côtés du maire de New York
New York Jewish Week via JTA — Hasan Piker a qualifié les manifestants qui ont hué le maire de New York, Zohran Mamdani, lors d’une veillée organisée le 7 octobre dernier, « d’opportunistes » qui ont « terni » le message du mouvement antisioniste.
Piker, streamer populaire d’extrême-gauche et anti-Israël qui a fait campagne pour plusieurs candidats socialistes démocrates, a tenu ces propos dimanche lors du « Jewish Currents Live », un événement d’une journée organisé par la revue trimestrielle de gauche Jewish Currents à la Brooklyn Academy of Music.
S’exprimant lors d’une table ronde intitulée « La gauche peut-elle exercer le pouvoir ? », il a déclaré que les manifestants avaient des « préoccupations légitimes », notamment des revendications telles que le licenciement de la commissaire de police Jessica Tisch et la dissolution du Strategic Response Group du NYPD, un groupe lourdement armé qui intervient souvent lors de manifestations.
Il a toutefois critiqué les Democratic Socialists of America (DSA), l’organisation politique d’extrême-gauche que Mamdani qualifie de « foyer politique », pour ne pas avoir joué un rôle plus important lors de la manifestation de la semaine dernière, qui a débuté à l’hôtel de ville avant de déborder sur la veillée pour la paix israélienne à laquelle Mamdani assistait. Les DSA n’ont pas parrainé cette manifestation, bien que certaines sections universitaires de leur branche étudiante, les Young DSA, y aient participé.
« Le fait que les DSA ne se soient pas placés à l’avant-garde de la mobilisation antisioniste à New York a permis à celle-ci d’être entachée par des opportunistes, des sectaires et ceux qui le traitaient en réalité de génocidaire — ce que je trouve évidemment ridicule », a déclaré Piker, faisant référence aux slogans des manifestants : « Maire Mamdani, tu ne peux pas te cacher, nous t’accusons de génocide. »
Piker, qui a suscité la polémique en raison de ses opinions anti-Israël, n’a fait aucun commentaire sur l’iconographie du Hamas brandie par de nombreux manifestants, ni sur la décision de perturber la veillée du 7 -Octobre organisée en mémoire des plus de 1 200 personnes tuées lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023, ainsi que les 74 000 Palestiniens qui auraient été tués depuis lors selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, et qui ne fait pas la distinction entre civils et terroristes.
???? Hasan Piker Calls for DSA to Lead Anti-Zionist Mobilizations in NYC and Be “Vicious” in Its Defense of Zohran Mamdani
Speaking at Jewish Currents Live, Piker argued that DSA's failure to lead anti-Zionist mobilizations in New York City paved the way for “opportunists and… pic.twitter.com/86Wssg0Oxc
— Stu Smith (@thestustustudio) October 11, 2026
Piker est un critique virulent d’Israël et a tenu des propos pour le moins désobligeants à l’égard de ce pays, le qualifiant notamment « d’État islamique juif ».
Par ailleurs, Mahmoud Khalil, le leader anti-Israël des manifestations à l’université de Columbia, qui avait été placé en détention par la police de l’immigration (ICE) l’an dernier, aurait critiqué la « politique de pureté » de ces manifestants lors d’un événement à Washington.
« Il n’est pas nécessaire d’être d’accord à 100 % avec quelqu’un – 85 %, c’est bien », a-t-il déclaré, à condition que l’objectif final soit « de libérer la Palestine et de mettre fin au soutien inconditionnel des États-Unis ».
Où les démocrates doivent-ils fixer la limite ?
Deux candidats démocrates au Congrès originaires de New York, Brad Lander et Darializa Avila Chevalier, ont participé à une table ronde distincte consacrée à Israël et au Parti démocrate.
Lander est juif ; Darializa Avila Chevalier a contribué à diriger le campement anti-Israël de l’université Columbia en 2024. Peter Beinart, rédacteur en chef adjoint de la revue Jewish Currents, a animé cette table ronde, à laquelle participait également Ruwa Romman, députée de l’État de Géorgie et première Palestino-Américaine élue à une fonction publique dans cet État.
Leur discussion a mis en évidence certaines divergences entre Lander et Avila Chevalier, deux progressistes soutenus cette année par Mamdani et qui sont apparus ensemble dans un spot de campagne aux côtés de Claire Valdez, également soutenue par Mamdani.
Beinart a demandé où les démocrates devaient tracer la limite de ce qui est considéré comme une résistance palestinienne légitime. Il a évoqué la manifestation anti-Israël qui s’est tenue à New York le 8 octobre 2023 – au lendemain de l’assaut barbare et sadique du Hamas – à laquelle Avila Chevalier avait participé et que Lander avait alors qualifiée « d’abominable ».
« Je pense que le droit international a déjà tracé cette limite », a déclaré Avila Chevalier, faisant valoir que les manifestations aux États-Unis devraient viser Israël, qui bénéficie du soutien américain, plutôt que le groupe terroriste palestinien du Hamas.
« Nous pourrions être les plus fervents manifestants anti-Hamas, mais une manifestation contre le Hamas aux États-Unis ne changera rien », a ajouté Avila Chevalier.
« Parce que nous ne le finançons pas. Nous n’avons aucun pouvoir structurel sur lui, rien ne nous lie à cette institution si ce n’est de la condamner sans cesse. »
À l’issue de l’événement, Lander n’a pas confirmé à la Jewish Telegraphic Agency s’il avait évoqué cette manifestation du 8 octobre avec Avila Chevalier.
« Nous avons longuement discuté de ces questions en privé, et je ne souhaite pas commenter ces conversations », a déclaré Lander à la JTA.
« Et bien sûr, j’ai exprimé mes sentiments en public, et je les maintiens. Je veux dire, ce jour-là, j’étais en deuil. »
Mark, un participant âgé de 29 ans qui a refusé de donner son nom de famille pour éviter d’éventuelles complications sur son lieu de travail, a déclaré avoir le sentiment qu’Avila Chevalier « n’avait pas vraiment pris en compte les critiques selon lesquelles elle aurait peut-être fait fi de la perte de vies humaines ; malgré le déséquilibre des rapports de force, il s’agit bel et bien de vies perdues ».
Quant à Lander, Mark a estimé qu’il était « politiquement opportun » pour lui de ne pas aborder directement la présence d’Avila Chevalier lors de la manifestation de 2023.
« C’est un public d’extrême-gauche qui le mettrait probablement en pièces s’il s’opposait à elle en ce moment », a-t-il déclaré.
Au cours de la table ronde, Avila Chevalier a réitéré son appel en faveur d’un embargo sur les armes à l’encontre d’Israël, tandis que Lander s’est abstenu de le faire, conformément à ses déclarations passées selon lesquelles Israël devrait pouvoir acheter du matériel de défense. Tous deux ont affirmé que le Congrès devait adopter le « Block the Bombs Act » et voter la suspension de la vente d’armes militaires offensives américaines à Israël. Lander était le seul intervenant sur scène à plaider en faveur d’une solution à deux États dans la région.
Beinart a interrogé Romman au sujet de Jon Ossoff, sénateur démocrate juif candidat à sa réélection dans son État de Géorgie, et lui a demandé ce qu’elle pensait de sa position sur la Palestine. Elle s’est dite satisfaite que les deux sénateurs de Géorgie aient systématiquement voté en faveur de la résolution de Bernie Sanders visant à bloquer les ventes d’armes à Israël, mais a ajouté : « En termes de leadership et de rhétorique, il reste encore beaucoup à faire. »
« Nous finirons par amener tout le monde là où nous avons besoin qu’ils soient », a-t-elle assuré.
« Le Bund est de retour en ville »
L’Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie, plus connue sous le nom de Bund, ce mouvement socialiste du XXᵉ siècle qui a lutté contre le bolchevisme, le nazisme et le sionisme, a été évoquée à plusieurs reprises dimanche. Un participant a distribué des tracts sur lesquels figuraient l’adresse d’un site Web et le message : « Dis à ta grand-mère que le Bund est de retour en ville. »
Ce sujet a également fait l’objet d’une conversation en présence de Molly Crabapple, dont le livre à paraître en 2026, Here Where We Live Is Our Country (« Ici, là où nous vivons, c’est notre pays »), est consacré au Bund.
Arlene Geiger, une habitante de l’Upper West Side et militante de longue date, a confié à la JTA qu’elle se reconnaissait dans ces conversations.
« Mon lien avec le judaïsme ne passe pas par Israël, cela n’a jamais été le cas. Il est davantage lié à l’Europe de l’Est et au Bund, c’est pourquoi cela m’a interpellée », a déclaré Geiger.
Mark, originaire du New Jersey, a déclaré qu’il ne venait pas d’une famille « farouchement pro-sioniste », mais qu’il s’intéressait désormais aux milieux juifs de gauche depuis qu’il avait pris conscience qu’il ne pouvait plus se distancier confortablement de la question d’Israël, pays qui, selon lui, commet un « génocide ».
« C’est tout simplement une expérience enrichissante pour moi de m’immerger dans ce genre d’environnement », a-t-il ajouté.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.