Au début du mois de novembre, l’université Federico II de Naples, la plus ancienne université publique au monde et l’une des plus grandes d’Europe, a signé une résolution officialisant le boycott de toute éventuelle coopération avec les institutions israéliennes. Un boycott qui est intervenu quelques semaines après la conclusion d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, une trêve qui a mis un terme à deux années de guerre entre Israël et les terroristes palestiniens de la bande de Gaza, le Hamas et le Jihad islamique.
La résolution exprimait toutefois « l’espoir que la trêve puisse conduire à un véritable tournant, ouvrant la porte à des conditions de paix stable et durable ».
Désormais, selon la résolution, l’établissement d’enseignement supérieur est en droit de suspendre « la signature de nouveaux accords de collaboration scientifique et éducative avec les universités, avec les institutions et avec les entreprises publiques et privées israéliennes ».
Ce texte, qui est arrivé dans le sillage d’un appel qui avait été lancé à l’administration de l’université, au mois d’août dernier, par plus de 250 professeurs et autres membres du personnel, a peut-être surpris par le moment qui a été choisi pour le présenter. Il n’empêche qu’il s’est inscrit dans une tendance qui s’est clairement établie dans les établissements d’enseignement supérieur du monde entier, depuis deux ans.
Les boycotts à l’égard des institutions et des professeurs israéliens se sont intensifiés depuis le 7 octobre 2023 au sein des facultés. Et malgré les lois qui interdisent de tels boycotts aux États-Unis et en Europe, les universités ont développé de nouvelles tactiques pour pouvoir prendre leurs distances face au monde universitaire israélien sans être pour autant pénalisées par les régulateurs ou par les investisseurs, affirment ceux qui luttent contre le phénomène. Ce qui a amené, en retour, les universitaires israéliens, leurs écoles et ceux qui les soutiennent à innover pour tenter de garder leur place dans l’enseignement supérieur.
« L’année dernière a déjà été une très mauvaise année s’agissant des boycotts, et nous avons constaté une aggravation de la situation au début de l’année 2025 », déclare Emmanuel Nahshon, qui est à la tête d’un groupe de travail chargé de lutter contre les boycotts universitaires au sein de l’Association des universités israéliennes, lors d’un entretien téléphonique.
Son organisation avait enregistré 300 cas de boycotts au cours de l’année qui avait suivi le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023 – l’attaque sanglante qui avait déclenché la guerre à Gaza. L’année suivante, ce nombre avait plus que doublé, atteignant les 700.
Parmi les cas recensés, des centaines de boycott de chercheurs, dorénavant boudés par leurs pairs, ainsi que des restrictions qui ont été mises en place en matière de collaboration avec des institutions et avec des programmes internationaux. Et si le cessez-le-feu à Gaza est susceptible de contribuer à apaiser les boycotts anti-israéliens dans le monde, Nahshon dit ne pas s’attendre à une amélioration à court terme de la situation.
« Et ce n’est que le nombre de boycotts évidents, de boycotts clairement définis », continue-t-il. « Parce qu’il y a des cas où les choses sont moins claires : quand un Israélien soumet un article à une publication mais qu’il n’obtient pas de réponse, ou quand un Israélien n’est pas invité à prendre la parole lors d’une conférence sur un sujet dont il est expert… Ces cas sont plus difficiles à identifier, mais ils n’en sont pas moins préjudiciables ».
Des boycotts dans des dizaines d’universités
Le monde universitaire israélien fait l’objet de boycotts depuis des décennies – en particulier depuis que la campagne pro-palestinienne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en a fait le cœur de sa stratégie anti-israélienne en 2004. Une tendance que le BDS a également poursuivie dans d’autres domaines, avec des actions à l’encontre d’Israël qui ont été promues par des stars d’Hollywood, des associations sportives et des institutions culturelles.
Le monde universitaire israélien dépend fortement de la coopération internationale – environ 38 % de la recherche israélienne est ainsi menée en collaboration avec des universitaires européens, selon le ministère de l’Innovation, des Sciences et des Technologies. De nombreuses entreprises technologiques israéliennes, notamment dans le secteur de la Défense, ont pu conclure des contrats lucratifs avec des universités.
Une grande partie de cette coopération s’inscrit dans le cadre de programmes de l’Union européenne tels que Horizon Europe et Erasmus, qui soutiennent la recherche, l’innovation et les programmes éducatifs sur le continent. Ces programmes exigent des universités qu’elles s’engagent à respecter certains principes, comme la promotion de la liberté académique et la collaboration transfrontalière. Et boycotter officiellement Israël signifierait renoncer à l’accès à des milliards d’euros destinés à la recherche et au développement.
Selon Nahshon, la dépendance des universités européennes à l’égard du financement de ces mêmes programmes a freiné les initiatives de boycott. Une tentative qui a visé à priver Israël des fonds de recherche de l’UE, au début de l’année, a finalement été vaine.
Nahshon précise toutefois qu’au moins une université – celle de Gand, en Belgique – a ouvertement fait savoir que son engagement en faveur du mouvement de boycott anti-israélien l’emporterait face aux subventions versées par l’Union européenne. Il est difficile de dire comment l’établissement parviendrait à compenser ces pertes financières, fait-il remarquer.
Au total, plus de 30 universités à travers toute l’Europe ont voté en faveur du boycott d’Israël au niveau institutionnel, principalement en Belgique, aux Pays-Bas, en Italie et en Espagne, souligne Nahshon.
Ces derniers mois, les boycotts ont pris un élan particulier dans les universités italiennes. Selon le groupe de travail de Nahshon, les universités de Pise, Bologne, Sienne, Cagliari et Milan, ainsi que le campus de Naples, ont décidé de suspendre leurs accords avec Israël.
La perspective d’un boycott élargi des institutions universitaires israéliennes « porterait stratégiquement atteinte à l’avenir scientifique d’Israël et viendrait menacer sa sécurité, son secteur des hautes-technologies et l’ensemble de son économie, » a conclu un rapport récent qui a été effectué par le groupe de travail et qui a été remis aux présidents d’université.
« Boycotts fantômes » et manifestations étudiantes en Europe
Pour contourner les restrictions de financement, les universités qui instaurent des boycotts ont recours à des astuces « sournoises et problématiques », explique Nahshon. Dans certains cas, elles mettent en place des comités d’éthique qui recommandent la rupture des liens entretenus avec les institutions israéliennes, permettant ainsi aux administrateurs de prétendre que la décision a été prise à leur place.
Dans d’autres cas – dans le cadre des « boycotts fantômes » – les établissements d’enseignement supérieur se contentent d’ignorer les chercheurs israéliens ou ils évitent de s’engager dans des projets communs sans apporter plus d’explications, ce qui leur permet de se défendre contre toute accusation d’ostracisme délibéré.
« Ces boycotts sont beaucoup plus graves que les manifestations étudiantes », s’exclame Nahshon. « Il s’agit de décisions qui sont prises au niveau universitaire, avec des institutions toutes entières qui s’engagent à rompre leurs liens avec leurs homologues israéliens ».
Ce sont souvent ces manifestations étudiantes qui ont mené au boycott. L’un des principaux moteurs de la vague de boycotts, en Italie, a été la flottille pro-palestinienne qui a tenté de briser le blocus israélien à Gaza, avec un (tout petit) peu d’aide humanitaire à son bord. Parmi les militants qui avaient embarqué dans les bateaux se trouvaient des dizaines d’Italiens, dont des élus, et la flottille avait été escortée pendant un certain temps par un navire de la marine italienne.
« La flottille Global Sumud, cet été, a galvanisé le soutien de nombreux étudiants italiens, qui sont parvenus à exercer des pressions sur les administrateurs des universités en faveur du boycott d’Israël, et ce même si ces mêmes administrateurs y étaient personnellement opposés », commente Serena Di Nepi, professeure d’histoire à l’université La Sapienza de Rome.
« Les étudiants sont des passionnés », ajoute-t-elle. « Ils pensent qu’en manifestant, ils peuvent faire bouger les choses, comme cela avait été le cas lors des manifestations contre la guerre du Vietnam qui avaient eu lieu aux États-Unis, dans les années 1970. »
Mais elle précise que les boycotts restent minoritaires. La majorité des universités sont réticentes à l’idée de prendre part à des boycotts, affirme-t-elle, et la plus grande partie des administrateurs, au sein des établissements d’enseignement supérieur, restent attachés à la préservation de la liberté académique face aux manifestations étudiantes.
« L’atmosphère est tendue sur les campus mais même dans les établissements qui ont signé le boycott, je pense que de nombreux conseils d’administration universitaires n’y participeront pas réellement », prédit-elle.
Les pressions extérieures ajoutent aux tensions
Parfois, les pressions viennent de l’extérieur. En Irlande, plusieurs personnalités publiques, dont l’actrice Olwen Fouéré, ont récemment refusé des doctorats honorifiques de l’université de Galway en raison du partenariat de recherche établi par cette dernière avec le Technion – Institut israélien de technologie à Haïfa, un partenariat tissé autour des technologies durables liées à l’eau de mer.
La présidente de Galway a annoncé que l’université ne conclurait aucun nouvel accord de recherche avec des partenaires israéliens, mais qu’elle était contractuellement tenue de continuer sa collaboration existante avec le Technion.
Les universitaires israéliens ont également été victimes de boycotts lors de rassemblements paneuropéens. Au mois de février 2024, Gilad Hirschberger, professeur de psychologie à l’université Reichman, avait été désinvité d’une conférence où il devait prononcer un discours, en Norvège, le comité organisateur ayant décidé « d’éviter toute collaboration avec des représentants de pays impliqués dans des conflits armés en cours », selon le texte d’une lettre qu’il avait diffusée sur les réseaux sociaux.
Cette année, au mois de septembre, Guy Stiebel, président du Conseil archéologique israélien, et 22 autres universitaires israéliens ont été informés par l’Association européenne des archéologues qu’ils ne seraient autorisés à assister à la réunion annuelle de l’organisation que s’ils acceptaient de cacher leur affiliation à des facultés israéliennes.
« Ma première réaction instinctive a été : ‘Je ne souhaite appartenir à aucun club désireux de m’avoir comme membre’, » a écrit Stiebel dans une lettre adressée à l’EAA à la suite de cette décision. « Un boycott contredit tout ce qui définit le monde universitaire et la liberté académique, et sape tout ce que le monde universitaire cherche à accomplir ».
Une avalanche de lettres de protestation provenant d’autres personnes en Israël a finalement amené l’association à revenir sur sa décision et elle a annoncé, la veille de la conférence, que cette décision avait été « mauvaise » et « précipitée ». Mais Guy Stiebel déclare qu’il ne se repose pas pour autant sur ses lauriers.
« Nous avons ‘remporté la victoire’ dans cette affaire, mais personne ne peut garantir ce qui se passera la prochaine fois », confie Stiebel au Times of Israel. « Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui se passe chaque semaine dans le monde universitaire israélien, et la pente est vraiment très glissante pour tout le monde ».
Moins de boycotts aux États-Unis
De l’autre côté de l’Atlantique, la culture plus forte de l’intégrité universitaire, aux États-Unis, a rendu la lutte contre les boycotts un peu moins intense qu’en Europe, selon Miriam Elman, qui est directrice exécutive de l’Academic Engagement Network (AEN), un réseau de lutte contre l’antisémitisme et contre les activités anti-israéliennes sur les campus américains.
Les boycotts ne se sont pas imposés malgré les votes qui ont lieu à l’échelle nationale en faveur des résolutions BDS au sein des gouvernements étudiants, au cours des dernières décennies.
« Aux États-Unis, nous avons tenu bon », dit Elman. « Il n’y a pas une seule faculté — au niveau officiel, du président au recteur — où l’administration ait adopté un boycott académique d’Israël ».
Une résistance au sommet de la hiérarchie universitaire qui s’explique en partie par les efforts soutenus et coordonnés qui ont été livrés par des organisations comme la sienne, aux côtés de groupes tels que Hillel International, l’American Jewish Committee et les Fédérations juives d’Amérique du nord (JFNA), indique Elman.
« Notre argument est toujours que le boycott académique est contraire à l’esprit universitaire », explique Elman. « Nous continuons à défendre avec succès la liberté de recherche et le libre échange des idées ».
Au cours de la dernière décennie, de nombreux États américains ont également promulgué des lois « anti-BDS », interdisant ou sanctionnant les institutions publiques qui soutiennent ou qui prennent part à des boycotts d’Israël.
Sous la présidence de Donald Trump, les réglementations anti-discrimination ont également été appliquées de manière beaucoup plus stricte au niveau fédéral, avec des subventions et des financements fédéraux qui sont dorénavant liés au respect des normes.
L’administration Trump a invoqué à plusieurs reprises l’antisémitisme qui sévit sur les campus pour justifier sa décision de suspendre le versement des fonds fédéraux destinés aux universités, et le déblocage de ces fonds s’est accompagné de mesures de lutte contre les discriminations antijuives de la part des établissements d’enseignement supérieur.
« Trump a sévèrement réprimé un grand nombre des causes du problème », dit Elman.
Boudés par leurs collègues sur les campus
Cela ne veut pas dire que les professeurs israéliens sont les bienvenus sur les campus pour autant. Une enquête récente réalisée par l’AEN et l’Anti-Defamation League (ADL) a révélé qu’une grande majorité des professeurs juifs et sionistes, aux États-Unis, ont indiqué avoir été victimes de rejet et d’exclusion – notamment de campagnes de dénigrement, de boycotts et de doxxing – de la part de leurs collègues et des administrateurs des facultés où ils travaillent.
Les mouvements de protestation étudiants, avec en particulier les campements anti-israéliens qui se sont propagés comme une traînée de poudre sur les campus américains au printemps 2024, ont également contribué à créer un environnement toxique.
« J’ai vu des professeurs participer à des manifestations, protéger les manifestants, rédiger des pamphlets sur Israël, condamner tous ceux qui ne soutenaient pas le Hamas ou la ‘Palestine libre’ en disant qu’ils étaient forcément ‘du mauvais côté de l’Histoire’, y compris de la part de gens qui occupaient des postes élevés dans mon école », se souvient l’un des participants à cette enquête.
Plusieurs associations et départements universitaires, des gouvernements étudiants et des syndicats ont adopté leurs propres politiques anti-israéliennes, recourant notamment au boycott. Si un grand nombre de ces politiques avaient précédé le 7-Octobre, d’autres ont fait leur apparition après.
Michael Saenger, qui est professeur d’anglais à la Southwestern University au Texas, a contribué à la création du Faculty Against Antisemitism Movement, un réseau d’universitaires qui combat l’antisémitisme sur les campus – il a décidé de s’engager après avoir vu des groupes tels que la Modern Language Association (MLA) devenir des champs de bataille dans le cadre des initiatives de soutien au mouvement BDS. (La MLA a finalement bloqué une résolution favorable au mouvement de boycott.)
« J’ai vu des manifestations organisées sur les campus, des personnes qui dénonçaient des individus, des gens qui essayaient de piéger des organisations professionnelles pour leur imposer une conformité idéologique », raconte Saenger. « Ces personnes étaient très organisées et elles avaient clairement une liste de personnes qu’elles recherchaient. »
Au mois d’août dernier, l’Association américaine des professeurs d’université, la plus grande organisation universitaire des États-Unis, a radicalement changé son positionnement – un positionnement qui remonte à plusieurs décennies – contre tout type de boycott universitaire. Si elle n’a pas explicitement évoqué Israël, elle a expliqué qu’elle considérait désormais les boycotts comme « des réponses tactiques légitimes à des conditions fondamentalement incompatibles avec la mission de l’enseignement supérieur ».
Plus récemment, une enquête menée auprès de vingt associations universitaires professionnelles américaines, qui a été diffusée par l’ADL à la mi-novembre, a montré que les membres juifs de la moitié des associations interrogées se plaignaient d’un climat hostile en interne. Un quart des répondants juifs ont déclaré ressentir le besoin de cacher leur identité juive ou sioniste.
« Contrairement aux universités, la plupart des associations n’ont pas pris au sérieux la lutte contre l’antisémitisme », indique Shira Goodman, vice-présidente de l’ADL chargée de la défense des droits, dans le rapport. « Cela doit changer si nous voulons mettre fin aux tendances à l’exclusion que nous avons observées dans le milieu universitaire au cours des deux dernières années ».
Riposter
Nahshon affirme que son groupe de travail a remporté de nombreux succès en ripostant aux boycotts par des menaces de poursuites en justice.
« Nous avons remporté des victoires incontestables en contactant simplement les universités et en leur signalant des violations du droit européen dans leurs actions », souligne-t-il. « Entre autres, nous avons récemment fait annuler une menace d’exclusion des Israéliens de l’Association européenne des archéologues grâce à cette tactique ».
Le groupe s’efforce également de surveiller les activités des organisations pro-palestiniennes sur les réseaux sociaux, au sein des facultés, pour recueillir des informations et mieux se préparer aux boycotts éventuels, dit Nahshon. Il tente également d’établir des réseaux plus solides avec les communautés juives locales dans les quartiers universitaires, des communautés qui sont susceptibles d’être autant de portes d’entrée au sein des écoles.
« Ce sont des initiatives à long terme et il faudra du temps pour obtenir des résultats, mais c’est nécessaire », affirme Nahshon.
Dans le même temps, les universités israéliennes ont intensifié leurs propres efforts de lutte contre les boycotts. L’Institut Samuel Neaman, au Technion, a lancé un programme appelé « Scholar Shield » qui lui permet de suivre et de riposter à ce type d’activités. Il offre aux institutions un tableau de bord qui les autorise à surveiller les initiatives prises par le mouvement BDS, et il donne des suggestions pour les combattre.
Dans sa boîte à outils, des modèles pour mieux communiquer avec les rédacteurs en chef de revues et avec les organisations étrangères, une base de données des incidents pertinents et des précédents juridiques, ainsi qu’un répertoire d’articles et de déclarations s’opposant aux boycotts universitaires.
Et dans le sillage du pogrom commis le 7 octobre 2023, l’université Ben Gurion, Beer Sheva, a mis en place une équipe chapeautée par son président Daniel Chamovitz et par d’autres administrateurs dont la mission est de lutter contre les boycotts universitaires.
L’université a confié au Times of Israel qu’elle « suit de près les signes de boycott universitaire », ajoutant qu’elle « coordonne ses efforts avec les autres universités israéliennes et avec la Commission des présidents d’université avec l’objectif de présenter un front uni » contre ces menaces.
Le nom de Chamovitz a récemment été ajouté à une liste noire rédigée par une organisation anonyme. Elle a dit offrir de l’argent en échange du meurtre d’universitaires israéliens.
« Cela fait déjà deux ans que nous recevons des menaces », a raconté Chamovitz devant les caméras de la chaîne publique Kan, le mois dernier. « Le gouvernement n’a rien fait sur la question du BDS, mais nous espérons que cela servira désormais de signal d’alarme ».
Aux États-Unis, un groupe appelé Kalaniyot s’efforce de renforcer les liens avec le milieu académique israélien en accueillant de jeunes universitaires israéliens en début de carrière dans les meilleures universités américaines. Kalaniyot signifie « anémones » en hébreu – ces fleurs qui poussent en abondance dans le sud d’Israël.
Lancée à l’origine par des membres du corps enseignant du Massachusetts Institute of Technology, l’organisation Kalaniyot s’est désormais élargie, s’implantant au sein d’établissements comme Harvard et Columbia. Elle prévoit de se développer davantage au cours de l’année à venir.
« Les universités apprécient beaucoup ce programme », s’exclame Elman. « Elles souhaitent offrir davantage d’opportunités éducatives aux étudiants et elles ne soutiennent pas l’idée d’un boycott universitaire. Nous collaborons chaque année avec des milliers d’administrateurs dans ces établissements d’enseignement supérieur et je n’ai encore jamais rencontré un seul administrateur qui soutienne l’idée d’un boycott universitaire sur un campus américain. Ce qu’ils veulent, c’est un plus grand nombre de programmes éducatifs pour les étudiants afin d’être en mesure d’accueillir davantage d’Israéliens ».
Malgré ces initiatives, la majorité de ceux qui luttent contre les boycotts s’accordent à dire qu’ils ne prendront pas fin de sitôt.
« Nous allons probablement être confrontés à l’isolement pendant de nombreuses années encore », prévient Nahshon. « Ce que nous devons faire, c’est apprendre à nous adapter à cette situation et développer de meilleurs outils pour y faire face ».
