Malgré les manifestations, l’équipe israélienne continue la course cycliste de la Vuelta
Après l'intrusion qui a causé l'accident d'un cycliste et privé la 11ème étape de vainqueur, les coureurs ont dit que les manifestants anti-Israël qui surgissaient sur la route étaient un danger pour tous
En dépit des pressions toujours plus vives de la part des coureurs de la Vuelta, en Espagne, pour que l’équipe israélienne quitte la compétition, cette dernière a déclaré qu’elle « continuait plus que jamais la course ».
C’est en fait la course dans son entier qui est menacée par les manifestants anti-Israël qui se sont à plusieurs reprises invités sur la route, ont déclaré des coureurs.
Mercredi, des manifestants pro-palestiniens ont perturbé la 11e étape de cette course sur route qui se déroule chaque année, ce qui a eu pour conséquence de priver de vainqueur ce tronçon de 157,4 km de la Vuelta – une boucle entre Bilbao et Bilbao.
« En raison des incidents à l’arrivée, nous avons décidé d’arrêter le chronomètre à trois kilomètres de la ligne d’arrivée », a annoncé le directeur de course sur Radio Vuelta.
« Il n’y aura donc pas de vainqueur d’étape. Nous attribuerons les points pour le classement de montagne et le sprint intermédiaire, mais pas sur la ligne d’arrivée. »
La veille, des manifestants pro-palestiniens avaient pris d’assaut la route lors de la 10e étape, ce qui avait provoqué l’accident et la chute d’un membre de l’équipe belge Intermarché-Wanty.
Dans des vidéos publiées sur X, on a pu voir Simone Petilli tomber au sol alors que des manifestants scandant des slogans pro-palestiniens couraient sur la route et que la police tentait de les maîtriser.
La semaine dernière, lors de la cinquième étape, une dizaine de manifestants avaient couru sur la route avec des banderoles et des drapeaux palestiniens pour tenter de ralentir l’équipe israélienne. Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux, on peut voir trois personnes tenant une banderole disant en catalan « La neutralité, c’est la complicité. Boycott Israël », flanquée de drapeaux palestiniens.
La banderole a ensuite été retirée par les autorités en charge de la course.
D’autres manifestations sont attendues lors des 10 dernières étapes, bien que l’on s’attende à davantage de modération maintenant que la course a quitté le Pays basque, région autonome dont les habitants sont dans l’ensemble favorables aux mouvements indépendantistes nationalistes armés.
L’équipe Israël – Premier Tech (IPT) a déclaré mercredi dans un communiqué qu’elle « continuait plus que jamais la course », et que « toute nouvelle action de ce type créerait un dangereux précédent dans le milieu du cyclisme, non seulement pour Israël – Premier Tech, mais aussi pour toutes les équipes ».
L’équipe « a exprimé à plusieurs reprises son respect pour le droit de manifestation, tant que ces manifestations demeurent pacifiques et ne compromettent pas la sécurité du peloton », a-t-elle précisé.
« Aujourd’hui, à Bilbao, le comportement des manifestants a non seulement été dangereux mais aussi contre-productif pour leur cause, sans compter qu’il a privé les fans de cyclisme basques, qui figurent parmi les meilleurs au monde, de l’arrivée qu’ils méritaient. »
L’IPT est une équipe professionnelle qui ne représente pas officiellement l’État d’Israël. Le propriétaire de l’équipe, le philanthrope Sylvan Adams, est ouvertement défenseur d’Israël. Ce qui n’a pas empêché les appels à disqualifier l’équipe de persister.
La semaine dernière, Izquierda Unida, un parti de gauche espagnol, avait demandé l’exclusions de l’IPT de la Vuelta. Selon certaines sources d’information, plusieurs coureurs auraient eux aussi, quoique discrètement, demandé que l’équipe soit exclue.
Selon les médias, l’organisateur de la Vuelta a España, Unipublic, ne saurait pas encore quelle attitude tenir, son directeur technique, Kiko García, ayant appelé de ses voeux des « changements rapides ».
« Nous savons que faute de réactions ou de changements, quels qu’ils soient, les manifestations vont se poursuivre », a déclaré García. « Nous devons protéger la course, les coureurs et les équipes et nous y travaillons. »
Nombreux sont ceux qui veulent tout simplement que la course ait lieu dans des conditions normales.
Petilli, qui a été renversé lors de la 10e étape, a écrit sur X mercredi, « S’il vous plaît, nous ne sommes que des cyclistes et nous faisons notre travail ; si cela continue comme ça, nous ne serons plus en sécurité, nous nous sentons en danger !
« Nous voulons juste participer ! S’il vous plaît ! » , a-t-il ajouté.
Cette année, le Tour de France et le Giro d’Italia, les autres grands événements cyclistes de la saison, ont eux aussi été perturbés par des manifestants anti-Israël.
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