Manon Aubry relance la polémique en appelant au boycott des produits israéliens

Dans un message posté sur X, la députée européenne LFI accuse (encore) Israël de « génocide » et « d’apartheid » et relaie la campagne BDS

La militante controversée franco-palestinienne Rima Hassan (2e à gauche), le chef du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon (au centre gauche), la députée européenne (LFI) Manon Aubry (au centre), la présidente du groupe Nupes à l'Assemblée nationale Mathilde Panot (centre droit) lors de la "Convention de l'Union populaire", une réunion pour lancer la campagne du parti de LFI pour les prochaines élections européennes, à Villepinte, au nord-ouest de Paris, le 16 mars 2024. Les élections au Parlement européen devraient avoir lieu du 6 au 9 juin 2024. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

La députée européenne La France insoumise (LFI) Manon Aubry a appelé publiquement, samedi, au boycott des produits israéliens. Dans un message diffusé sur X, l’élue accuse Israël de « génocide » et « d’apartheid », tout en relayant la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions).

Aubry incite notamment les consommateurs à identifier les produits israéliens grâce à leur code-barres commençant par 729. Une campagne visuelle qui, pour certains observateurs, rappelle des pratiques de boycott aux relents historiques lourds.

En France, l’appel au boycott économique ciblé n’est pas sans risque sur le plan légal. L’article 24 de la loi sur la liberté de la presse interdit la provocation publique à la discrimination contre une nation ou un groupe. En 2015, la Cour de cassation a confirmé que ce type d’appel pouvait donner lieu à des poursuites. Pour autant, en 2020, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé qu’une telle action relevait de la liberté d’expression politique, créant une incertitude juridique persistante.

Au-delà du droit, la campagne BDS soulève des inquiétudes quant à ses dérives possibles. Le Conseil d’État, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) et plusieurs jurisprudences françaises ont déjà souligné le risque de glissement vers des formes de haine dissimulée. Pour ses détracteurs, accuser Israël de génocide et organiser un boycott économique ciblé participe d’une stratégie de délégitimation qui alimente certaines formes d’antisémitisme contemporain.

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