Israël en guerre - Jour 202

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Muslala sur le toit du centre Clal, à Jérusalem. (Crédit : Jerusalem Green Fund/Muslala)
Muslala sur le toit du centre Clal, à Jérusalem. (Crédit : Jerusalem Green Fund/Muslala)

Manque d’espaces verts : Jérusalem cherche à donner une nouvelle utilité aux toits

Le maire Moshe Lion s’inspire de Muslala, une organisation à but non lucratif qui souhaite voir un million de m2 de toits au service de la communauté et de l’environnement

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La mairie de Jérusalem s’est lancée dans un plan visant à utiliser le plus grand nombre possible de toits de la capitale pour produire de l’énergie solaire, organiser des activités communautaires et créer des espaces verts bénéfiques à la population, à la faune et à l’environnement.

Le processus est dirigé par Tamar Carmon, coordinatrice du département Irgoun Gag (jeu de mot en hébreu pour « toit ») de l’association à but non lucratif Muslala, en collaboration avec les urbanistes municipaux, le département de développement durable de la ville et la société de développement économique de Jérusalem.

Cette dernière, mieux connue sous son acronyme en hébreu EDEN, est une société municipale qui développe des espaces économiques, culturels et publics dans la capitale.

Il y a un an, Muslala a invité le maire de Jérusalem, Moshe Lion, à son deuxième festival annuel Paradise Roof et à la conférence qui s’y est déroulée dans le bâtiment Clal du centre-ville, près du marché Mahane Yehuda.

Il est monté sur la scène, a vu 200 jeunes et a dit : « Ce que vous faites, nous devons le faire dans toute la ville » », s’est souvenu Matan Israeli, artiste, co-fondateur et directeur de Muslala, qui gère le toit communautaire polyvalent dans le centre-ville de Jérusalem. « Deux semaines plus tard, nous étions là [pour le rencontrer] avec tout le gratin des fonctionnaires. Nous avons présenté l’ensemble du programme. »

Miri Reiss, responsable de la protection de l’environnement à la municipalité, a confirmé que la politique de la ville exigeait désormais que tous les plans de nouveaux bâtiments montrent comment leurs toits pourraient être utilisés.

Une vue en grand angle de la terrasse extérieure de Muslala, à Jérusalem. (Crédit : Smadar Zuk)

Pour donner un coup de fouet aux activités sur les toits existants – la plupart des habitants de Jérusalem vivent dans des immeubles d’habitation, où la division de la propriété du toit peut être problématique – la société EDEN a lancé au début du mois un appel à propositions d’une valeur de 370 000 shekels (lien en hébreu) pour créer des jardins communautaires sur les toits de la ville, offrant des subventions individuelles pouvant aller jusqu’à 40 000 shekels.

« Nous devons voir comment le marché réagit à notre offre de subvention. Nous voulons prendre le pouls et nous envisagerons d’étendre les subventions si l’intérêt est au rendez-vous », a déclaré Idan Hershkovitz, directeur-général d’EDEN.

EDEN a versé plus d’un million de shekels au projet Irgoun Gag au cours des 18 derniers mois.

Outre les subventions, l’argent sert à payer les salaires de Carmon et d’un autre membre du personnel, ainsi que le travail d’un cabinet d’architectes, ADMA, qui développe des outils de planification pour aider à faire avancer l’initiative.

Idan Hershkovitz, directeur-général de la Jerusalem Economic Development Company. (Crédit : Ronen Horesh)

Dans le cadre d’un plan visant à garantir que Jérusalem puisse répondre à ses besoins énergétiques à l’avenir, Hershkovitz s’occupe principalement d’installer des panneaux solaires sur les toits. À ce jour, il a installé des panneaux solaires sur 130 bâtiments publics.

Toutefois, Reiss a souligné que la ville devait se préparer au dérèglement climatique (chaleur plus extrême et fortes pluies pouvant provoquer des inondations) et protéger les écosystèmes alors que la construction s’intensifie pour faire face à la croissance de la population.

« Nous avons besoin d’une résilience sociale, économique et environnementale », a déclaré Reiss. « Nous voulons préserver 38 % de nos espaces ouverts en construisant plus densément dans la ville, et nous réfléchissons donc à la manière de mieux utiliser chaque centimètre d’un bâtiment. »

« L’utilisation des toits répond à la nécessité de fournir des services à une population croissante tout en préservant la nature », a-t-elle ajouté. « Les écosystèmes au sol seront recréés sur les toits. »

Le toit extérieur de Muslala, d’une superficie de 1 650 mètres carrés, sert de laboratoire pour diverses utilisations, notamment des événements culturels tels que des projections de films, des activités de plein air pour les écoliers, la production d’aliments, la culture de différentes sortes de plantes avec ou sans irrigation, l’attraction des pollinisateurs et l’encouragement de la diversité biologique par la plantation d’espèces indigènes, la production d’énergie renouvelable et l’absorption de l’eau de pluie pour aider à prévenir les inondations.

« Aujourd’hui, les toits sont essentiellement des déserts d’asphalte », a expliqué Israeli. « Alors que le béton recouvre les espaces ouverts de nos villes, nous devons recréer ces espaces sur les toits. »

Matan Israeli, co-fondateur et directeur de Muslala. (Crédit : Hadar Bashari)

« Ces toits sont essentiels pour de nombreuses raisons. Les plantes aident à absorber le dioxyde de carbone atmosphérique et la pollution et produisent de l’oxygène. Les toits verts sont isolants, ce qui permet de garder les bâtiments au frais en été et au chaud en hiver, et de réduire les factures d’électricité », a-t-il ajouté.

Les plantes fournissent de la nourriture aux pollinisateurs – et peuvent être utilisées pour fournir une alimentation saine aux résidents du bâtiment et pour rassembler ces résidents. Enfin, elles offrent un environnement frais et serein dans lequel les gens peuvent échapper à la chaleur et au bruit de la ville.

Israël souhaite qu’un million de mètres carrés de toits soient utilisés par la communauté au cours des dix prochaines années.

Noam Austerlitz, un éminent spécialiste de la construction écologique, conçoit une partie du toit extérieur pour y installer un guichet unique, le Lab for Purposeful Roofs (laboratoire pour des toits utiles). Ce laboratoire servira de centre de formation et comprendra des stands d’exposition pour les entreprises spécialisées dans tous les domaines, depuis les plantes adaptées aux toits, l’ombrage et les systèmes d’écoulement des eaux de pluie, jusqu’à l’infrastructure de culture alimentaire, l’isolation, l’équipement de drainage, les sols et les revêtements de sol.

La première phase du projet Lab sera inaugurée lors du prochain festival Paradise Roof de Muslala, prévu du 13 au 15 septembre sur les toits de la capitale.

La projection d’un film sous les étoiles, à Muslala, à Jérusalem. (Crédit : Muslala)

Fondé à l’origine dans le quartier de Musrara à Jérusalem en 2009, Muslala a déménagé à son emplacement actuel, en hauteur, en 2015 et a ouvert ses portes au public fin 2016. Il attire actuellement environ 50 000 visiteurs par an.

Créé pour explorer les points de rencontre entre l’urbanisme, la créativité et la durabilité, et pour développer des projets innovants qui peuvent être reproduits ailleurs, il comprend un espace intérieur pour les expositions, les réunions et les conférences, et le grand toit ouvert, plein d’arbres fruitiers et d’autres plantes.

Outre Irgoun Gag, son portefeuille comprend Sinsila pour les apiculteurs palestiniens de Jérusalem-Est, un atelier de menuiserie communautaire où l’on peut apprendre la menuiserie ou simplement utiliser les machines pour bricoler, et Food Rescuers, qui collecte les fruits et légumes excédentaires du marché de gros de la ville et les distribue aux familles dans le besoin.

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