« Mères au front », un mouvement pour la fin de la guerre et la libération des otages

Ce nouveau mouvement, auquel participent 500 personnes, rappelle celui de Arba Imaot, à la fin des années 1990, qui a poussé Israël à se retirer du sud-Liban

Près de 500 femmes ont créé dimanche une toute nouvelle coalition, « Mères au front », pour obtenir la fin de la guerre à Gaza et la libération des 50 otages encore aux mains des groupes terroristes de l’enclave – 20 d’entre eux probablement encore en vie.

La coalition s’inspire du mouvement Arba Imaot, créé en 1997 pour obtenir le retrait de Tsahal du sud-Liban, et qui a joué un rôle déterminant dans le retrait effectif, en mai 2000.

Le lancement de ce nouveau mouvement, ce dimanche, a commencé par une marche aux abords de la frontière avec Gaza, avec pour destination le mémorial en hommage aux soldates tuées au kibboutz Nahal Oz, le 7 octobre 2023, lorsque des terroristes du Hamas ont envahi leur base militaire. Le pogrom perpétré dans le sud d’Israël a fait 1 200 morts, essentiellement des civils, et 251 otages séquestrés dans la bande de Gaza.

Parmi ceux qui ont annoncé leur participation figurent Eran Etzion, ancien chef de la planification politique au ministère des Affaires étrangères et ancien chef adjoint du Conseil national de sécurité au cabinet du Premier ministre, l’ancienne ministre de l’Éducation Yuli Tamir et la juge à la retraite Sarah Habib.

Les femmes ont l’intention de camper, en signe de protestation, pendant au moins cinq jours à proximité du kibboutz Saad, dans le sud d’Israël.

La semaine dernière, le cabinet de sécurité israélien a validé la proposition du Premier ministre Benjamin Netanyahu de prise de contrôle de la ville fortement peuplée de Gaza, malgré les mises en garde de l’armée israélienne selon lesquelles une telle opération mettrait en danger la vie des otages et des soldats israéliens, sans compter le risque d’aggravation de la situation humanitaire des civils de Gaza.

Alice Miller, qui, dans les années 1990, a poursuivi avec succès l’armée israélienne pour le droit des femmes à entrer à l’Académie de pilotage de l’armée de l’air israélienne pour y apprendre à piloter, porte une pancarte sur laquelle on peut lire « Ca suffit ! » lors d’une marche de mères et de femmes aux abords de la frontière avec Gaza, dans le sud d’Israël, destinée à faire cesser la guerre à Gaza et faire libérer les otages israéliens, le 10 août 2025. (Naama Zeevi Rivlin)

Orna Shimoni, l’une des membres fondatrices de Arba Imaot, a prié le chef d’État-major de Tsahal, Eyal Zamir, de proposer au Premier ministre des alternatives n’impliquant pas d’occupation. Israël avait déjà proposé un accord concernant les otages, a-t-elle poursuivi, qui pourrait être servir à mettre fin à la guerre.

« Nous sommes à ça d’un ordre clairement illégal qui ne doit surtout pas être exécuté », a-t-elle affirmé.

Selon Moran Zer Katzenstein, fondatrice il y a de cela quatre ans du groupe de défense des droits des femmes Bonot Alternativa – « Bâtir une alternative » -, les mères en ont assez de se taire, d’autant que le gouvernement a clairement échoué à protéger ses ressortissants. « Vous n’aurez plus nos enfants si vous les traitez avec un tel mépris », a-t-elle affirmé.

Omer Steinitz Haskel, elle aussi membre de Bonot Alternativa, explique que ce mémorial était non seulement le lieu où le sang avait coulé, mais aussi celui où une ligne avait été brisée, celle « entre Israël et Gaza, entre la responsabilité et l’anarchie, entre la vie humaine et l’immoralité ».

Les dirigeantes d’un nouveau mouvement de mères et de femmes désireuses d’obtenir la fin de la guerre à Gaza et la libération des otages israéliens posent derrière une banderole sur laquelle on peut lire « Les guerres se terminent quand les mères se soulèvent », à Nahal Oz, dans le sud d’Israël, le 10 août 2025. (Naama Zeevi Rivlin)

« Le 7 octobre, Israël est entré dans la guerre la plus juste qui soit. Notre armée s’est battue courageusement. Elle a remporté de grands succès militaires. Mais près de deux ans ont passé, et ces succès ne se sont pas traduits sur le plan diplomatique », a-t-elle poursuivi.

« Au lieu d’utiliser cette puissance militaire pour conclure un accord, faire libérer les personnes kidnappées et mettre un terme à la guerre, ce gouvernement insiste pour poursuivre une guerre proprement politique », a-t-elle accusé. « Ils privilégient l’idéologie – une guerre sans fin et la mort des soldats – plutôt que les vies humaines. »

« Nous serons là jusqu’à ce que nos autorités en viennent à faire primer la vie sur la mort. Et nous nous souviendrons, comme Arba Imaot l’ont fait avant nous, qu’il n’y a pas de victoire sans la vie, pas de sécurité sans liberté. Notre combat durera jusqu’à ce que les derniers hommes et femmes pris en otages rentrent chez eux en vie », a-t-elle assuré.

Sigal Price, mère de Noa Price, assassinée par des hommes armés du Hamas le 7 octobre 2023, s’adresse au mouvement des nouvelles mères et des femmes pour arrêter la guerre de Gaza et obtenir la libérattion de tous les otages, à Nahal Oz, dans le sud d’Israël, le 10 août 2025. (Naama Zeevi Rivlin)

Sigal Price, dont la fille, le sergent-major Noa Price, 20 ans, a été tuée le 7 octobre lorsque des terroristes du Hamas ont envahi la base de Nahal Oz, a déclaré : « Ici-même, en ce mémorial érigé en leur mémoire, moi, Sigal, mère de Noa Price, je tiens à dire la douleur de toutes les familles endeuillées, demander instamment la libération des otages et la fin de cette guerre, mais aussi prier pour le salut des soldats, d’active ou de réserve, qui se battent courageusement en faisant tous les sacrifices depuis près de deux ans, et pour le rétablissement de tous ceux qui sont blessés dans leur corps ou dans leur esprit. »

Plusieurs femmes maires se sont jointes à cette manifestation.

Il s’agit de Michal Uziyahu, de l’autorité régionale d’Eshkol, près de la frontière avec Gaza, Shlomit Shichor Reichman, du conseil régional de la vallée de Jezreel, dans le nord, et, dans le centre du pays, Rotem Yadlin, de l’autorité régionale de Gezer, Galit Shaul, du conseil régional d’Emek Hefer, et Keren Green, du conseil local de Kadima-Zoran.

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