Meron: un document de police demandait l’élargissement de la rampe de sortie
L'évaluation menée en amont de l'évènement a mis en évidence le surpeuplement du complexe de Toldot Aharon ; la police craindrait que certains dissimulent les preuves
Une évaluation de la police avant les festivités de Lag B’Omer de cette année sur le mont Meron a mis en garde contre les dangers de la surpopulation aux points d’accès ainsi que la possibilité d’effondrement des structures, et a spécifiquement cité les dangers entourant la route de sortie où 45 personnes ont perdu la vie dans une bousculade dans la nuit de jeudi à vendredi, selon un rapport de télévision.
La Treizième chaîne a rapporté que le document mettait en garde contre la surpopulation dans le complexe de Toldot Aharon, lieu de la bousculade, et demandait instamment que la voie de sortie soit élargie.
« Malgré l’ajout de gradins supplémentaires, il est évident que la zone est trop petite pour contenir le nombre de fidèles », indique le document. « Là, des préparatifs devraient être faits pour l’agrandir… et pour élargir la sortie ».
L’ordre n’a pas été exécuté.
La tragédie de Meron – la catastrophe civile la plus meurtrière d’Israël en temps de paix – s’est produite vers 1 heure du matin vendredi, alors que des milliers de personnes se pressaient dans un passage étroit à la sortie sud du complexe de Toldot Aharon, qui était recouvert d’un plancher métallique et qui était peut-être mouillé, ce qui a fait que certaines personnes sont tombées sous leurs pieds pendant la ruée vers la sortie. Certaines personnes sont apparemment tombées sur la passerelle et ont dévalé une volée d’escaliers à son extrémité, tombant sur ceux qui se trouvaient en dessous et précipitant un effet domino mortel.
L’attention se porte de plus en plus sur l’organisation des événements annuels de Lag B’Omer au mont Meron, dans des complexes adjacents situés sur le flanc de la montagne, autour de la tombe du sage du IIe siècle, Rabbi Shimon bar Yochai. Le contrôleur d’État et deux autres organismes enquêtent sur la catastrophe, alors que des appels sont lancés en faveur d’une commission d’enquête nationale.
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Le site, le deuxième site religieux le plus visité en Israël après le mur Occidental, semble être devenu une sorte de zone extra-territoriale, avec des branches ultra-orthodoxes distinctes organisant leurs propres événements et leurs propres dispositions d’accès, sans aucune supervision générale, et avec la police régulièrement pressée par les ministres du cabinet et les politiciens ultra-orthodoxes de ne pas s’y opposer.
Le document de la police note que la cérémonie d’allumage du feu qui a lieu dans l’enceinte de Toldot Aharon n’est pas adaptée au lieu « puisque le nombre de participants est supérieur à ce que l’enceinte peut contenir ».
Selon la Treizième chaîne, le complexe avait les autorisations pour accueillir un maximum de 3 000 participants, alors qu’en pratique, ils étaient 12 000.
D’une manière générale, prévient le document, compte tenu de l’espace nécessaire entre chaque feu de joie à Meron et du nombre de complexes installés, « nous avons atteint la limite de la capacité. »
Il note également qu’il y a une surpopulation particulièrement dangereuse à Meron entre 12h30 et 4h30 du matin à Lag B’Omer.
« Il faut envisager de limiter le nombre de feux, ce qui permettra de réduire la taille de la foule au mont », conseille le document de la police.
La Treizième chaîne a rapporté que la police avait fourni au Centre national pour le développement des lieux saints une liste de défaillances à corriger sur le site.
Cependant, selon les informations obtenues par la chaîne, lors d’une réunion concernant les célébrations de cette année, l’ingénieur en chef du centre a déclaré que toutes les failles avaient été corrigées. Le procès-verbal de la réunion a été transmis à l’unité nationale de lutte contre les crimes graves Lahav 433, selon le rapport.
Une source policière a déclaré à la chaîne que la police avait reçu des documents attestant que les problèmes avaient été corrigés.
Cependant, la Douzième chaine a cité la société d’ingénierie qui a effectué les travaux et a déclaré qu’elle avait fourni à la police une liste de problèmes qui devaient encore être résolus.
Le centre, qui dépend du ministère des Affaires religieuses, a refusé de commenter le rapport, selon la chaîne.
La chaîne a ajouté que la police craint que certaines des communautés qui gèrent des complexes au mont Meron n’essaient de faire disparaître des preuves de la scène pour perturber l’enquête. La police a remarqué des inconnus qui ont emporté des documents du mont Meron après la catastrophe, selon le reportage.
De multiples rapports publiés dans les médias israéliens ont indiqué que les parlementaires religieux avaient exercé d’énormes pressions avant les festivités pour s’assurer qu’aucune limite ne serait imposée au nombre de participants en raison de la pandémie de COVID-19.
Quelque 100 000 pèlerins ultra-orthodoxes ont finalement participé à l’événement ; un cadre élaboré par le ministère de la Santé, en consultation avec d’autres responsables gouvernementaux, la police et d’autres, aurait limité l’événement à 9 000 participants mais n’a pas été mis en œuvre.
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