Netanyahu espère que l’accord sur les otages sera finalisé « dans quelques jours »

Le Premier ministre a dit qu'Israël utiliserait le cessez-le-feu de 60 jours à Gaza 'pour tenter de négocier une fin à la guerre', s'engageant à 'vaincre ces monstres et à récupérer nos otages'

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'adresse à Greta Van Susteren de Newsmax, le 11 juillet 2025 (Capture d'écran/Newsmax)

WASHINGTON – Jeudi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est déclaré optimiste quant à la possibilité de sceller un accord de libération d’otages avec le Hamas dans un proche avenir.

« J’ai bon espoir de conclure un tel accord dans les jours qui viennent », a-t-il annoncé à Greta Van Susteren durant une interview accordée à Newsmax avant de rentrer en Israël, alors que les négociations indirectes en cours au Qatar pouvaient sembler dans une impasse.

« Nous bénéficierons probablement d’un cessez-le-feu de 60 jours. Nous obtiendrons la libération d’un premier groupe, et nous utiliserons les 60 jours pour essayer de négocier la fin de cette situation », a-t-il indiqué au dernier jour d’une visite de quatre jours, au cours de laquelle il a rencontré le président américain Donald Trump à deux reprises. « Tout cela pourrait se terminer demain, ou même aujourd’hui, si le Hamas déposait les armes. »

« Nous pouvons atteindre notre but », a ajouté Netanyahu. « Je ne vous dirai donc pas que notre objectif de guerre est irréalisable. Nous allons vaincre ces monstres et récupérer nos otages. »

Si Netanyahu a accordé trois interviews aux médias américains au cours de sa visite, il n’en a donné aucune à la presse israélienne.

Selon certaines informations, l’administration Trump n’aurait pas l’intention d’autoriser Israël à reprendre les combats à Gaza à l’issue d’un éventuel cessez-le-feu. Mais Netanyahu a affirmé jeudi qu’Israël relancerait la guerre si le Hamas ne se rendait pas.

« On nous a dit ‘Vous ne reprendrez pas la guerre’ après le premier cessez-le-feu, et nous l’avons reprise », a souligné Netanyahu dans une déclaration vidéo. « On nous a dit ‘Vous ne reprendrez pas les combats’ après le deuxième cessez-le-feu, et nous l’avons fait. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime dans une déclaration vidéo depuis Washington, DC, le 10 juillet 2025.(Capture d’écran / GPO)

« Aujourd’hui, on nous dit ‘Vous ne continuerez pas à vous battre’ après le troisième cessez-le-feu. Ai-je vraiment besoin d’en dire plus ? »

Après que le Hamas a envahi Israël le 7 octobre 2023 et que Jérusalem a déclaré la guerre à l’organisation terroriste, les parties ont convenu de deux cessez-le-feu, en novembre 2023 et en janvier 2025.

Deux sources ont rapporté mercredi au Times of Israel que l’administration Trump avait assuré aux médiateurs qu’elle ne permettrait pas à Jérusalem de reprendre les combats contre le Hamas à Gaza à l’issue du cessez-le-feu de 60 jours, même si cette intention n’apparait pas de manière explicite dans le texte de l’accord en cours de rédaction à Washington et au Qatar.

La question de savoir si Israël sera en mesure de reprendre sa campagne militaire à l’issue du cessez-le-feu proposé de 60 jours et après la libération de 10 otages vivants et de 18 otages morts est l’un des principaux points d’achoppement des pourparlers. Ceux-ci ne sont en effet pas parvenus à une avancée, malgré l’optimisme affiché par les dirigeants quant à la possibilité de réussir à trouver un terrain d’entente.

Des signes indiquant un enlisement des pourparlers ont continué à émerger jeudi. Le Hamas affirmé qu’il s’opposait à tout accord de cessez-le-feu incluant une importante présence militaire israélienne à Gaza, qualifiant les désaccords sur le retrait et la libre circulation de l’aide à Gaza comme des points d’achoppement. Il en va de même pour ses demandes de « garanties réelles » pour une trêve durable.

Des Palestiniens sur le site d’une frappe aérienne israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 9 juillet 2025. (Abed Rahim Khatib / Flash90)

« Nous ne pouvons pas accepter la poursuite de l’occupation de notre terre et la reddition de notre peuple dans des enclaves isolées sous le contrôle de l’armée d’occupation », a déclaré à l’AFP Bassem Naim, haut responsable du Hamas. « C’est ce que la délégation de négociateurs explique jusqu’à présent à l’occupation dans le cycle des pourparlers en cours à Doha. »

Le Hamas est particulièrement opposé au contrôle par Israël de la ville méridionale de Rafah, à la frontière avec l’Égypte, et du corridor de Morag, entre Rafah et Khan Younès, a-t-il ajouté.

Le président américain Donald Trump, à gauche, rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 8 juillet 2025. (Crédit : Avi Ohayon/GPO)

Dans sa vidéo de jeudi, Netanyahu a annoncé qu’Israël était prêt, pendant le cessez-le-feu de 60 jours, à discuter de la fin de la guerre à Gaza – si le Hamas et l’État juif parvenaient à un accord.

Toutefois, a-t-il averti, la guerre ne pourra prendre fin qu’aux conditions fixées par Israël : « Le Hamas doit rendre les armes, Gaza doit être démilitarisée, le Hamas ne doit plus disposer d’aucune capacité gouvernementale ou militaire. Ce sont nos conditions de base. »

Netanyahu a formulé ces conditions tout au long de la guerre. Le Hamas les a rejetées à plusieurs reprises.

Les amis et la famille de l’otage Segev Kalfon rejoignent Mishmeret 101 dans sa ville natale de Dimona le 8 juillet 2025. (Tanya Zion-Waldoks / Mishmeret 101)

D’une manière ou d’une autre, a indiqué Netanyahu, Israël atteindra ses objectifs de guerre.

« Si les négociations nous permettent de parvenir à nos fins, c’est formidable. Mais si nous n’obtenons pas de résultat en 60 jours de pourparlers, alors nous utiliserons d’autres moyens, notamment la force, la force de notre armée héroïque », a-t-il poursuivi après avoir pris la parole au cours d’une cérémonie organisée en mémoire des deux employés de l’ambassade assassinés en mai.

Mercredi, dans le bureau ovale, Trump a déclaré aux journalistes : « Nous sommes très proches d’un accord sur Gaza. » Cette déclaration intervient après que Netanyahu a fait savoir qu’un tel accord avait une « bonne chance » de voir le jour, et que le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a souligné qu’un accord pour mettre fin à 21 mois de combats acharnés constituait un objectif « réalisable ».

Le président américain Donald Trump reçoit le premier ministre Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche, sous le regard des journalistes de la Maison Blanche, le 7 juillet 2025. (Crédit : GPO)

Dans sa déclaration de jeudi, Netanyahu a également affirmé être conscient des interrogations des Israéliens sur la longueur de la guerre contre le Hamas, et a défendu son approche de la lutte contre le groupe terroriste.

« Tout d’abord, il s’agit d’une zone de guerre à laquelle aucune armée au monde n’a encore été confrontée », a-t-il expliqué. « Grâce à l’héroïsme des combattants, grâce au sacrifice de ceux qui ont donné leur vie, grâce à la créativité, nous sommes parvenus à démanteler la plupart des capacités militaires du Hamas. Mais pas toutes. Il y a encore des milliers de combattants armés là-bas. Et nous voulons agir, encore une fois, en associant diplomatie et force militaire – ou juste avec la force militaire si la diplomatie ne fonctionne pas – pour mener à bien notre mission. »

Sur la question de l’ordre dans lequel les otages seront libérés, Netanyahu a répondu préférer faire sortir tout le monde en même temps. Mais, a-t-il ajouté « nous avons affaire à une organisation terroriste cruelle. Nous voudrions bien sûr sauver tout le monde et, de notre point de vue, ils relèvent tous d’une urgence humanitaire. Mon objectif reste de sauver tout le monde d’un seul coup. »

Les troupes de Tsahal opèrent à Gaza, sur une photo publiée le 3 juillet 2025. (Armée israélienne)

« Là, nous négocions sur deux étapes, mais le choix ne nous appartient pas toujours. Nous ferons tout pour tirer le meilleur parti de ce qui nous sera proposé. Tout n’est pas entre nos mains. »

S’adressant aux familles des otages, Netanyahu a fait savoir que le choix des otages à libérer pendant la trêve de 60 jours relèverait de la responsabilité du Hamas, a indiqué au Times of Israel une source présente à la réunion.

Selon cette source, Netanyahu a annoncé aux familles qu’en ce qui concernait Israël, tous les otages étaient considérés comme « des urgences humanitaires » – ce qui signifie qu’aucun groupe d’otages vivants ne sera prioritaire par rapport à l’autre. Tous sont en effet dans des états extrêmement préoccupants après 643 jours à Gaza.

Deux sources ont néanmoins confié au quotidien Haaretz que le bureau de Netanyahu disposait de renseignements sur l’état des otages, et que les dirigeants politiques décideraient bien de l’ordre de libération.

« Un couple magnifique »

Jeudi, Netanyahu a pris la parole au cours d’une commémoration en hommage aux employés de l’ambassade tués, Yaron Lischinsky et Sarah Milgrim, organisé à la mission israélienne à Washington.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prend la parole lors d’un service commémoratif pour les employés de l’ambassade tués Yaron Lischinsky et Sarah Milgrim à l’ambassade d’Israël à Washington, DC, le 10 juillet 2025. (Lazar Berman / Times of Israel)

« La souffrance causée par la perte d’un frère est immense », a déclaré Netanyahu. « Cette de perdre un fils l’est plus encore. »

Il a également cité l’ambassadeur Yechiel Leiter, dont le fils a perdu la vie dans la guerre contre les terroristes du Hamas dans la bande de Gaza.

Netanyahu a expliqué avoir appris de la perte de son frère Yoni que « la vie est un fleuve déchaîné », qui vous fera découvrir de nouveaux lieux si vous le permettez.

Une plaque commémorative pour Sarah Milgrim et Yaron Lischinsky, deux employés de l’ambassade d’Israël aux États-Unis qui ont été tués dans une attaque terroriste, lors d’un événement en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de son épouse Sara, le 10 juillet 2025. (Cabinet du Premier ministre)

Aux proches de Lischinsky et Milgrim – qui étaient sur le point de se fiancer lorsqu’un homme armé les a abattus devant le Musée juif de la capitale en mai -, Netanyahu a rapporté avoir évoqué le couple avec Trump. Selon le Premier ministre, Trump, après avoir vu leur photo, a fait remarquer qu’ils formaient un « couple magnifique ».

En présence des parents de Milgrim et des frères et sœurs de Lischinsky, Netanyahu a signé un livre commémoratif et s’est entretenu avec les proches.

Les parents de Lischinsky ont quant à eux suivi la cérémonie sur Zoom.

Netanyahu a dévoilé une plaque commémorative avec une photo des deux victimes, puis a apposé une nouvelle mezouza.

Yaron Lischinsky et Sarah Milgrim. (Autorisation)

Disposer d’un État juif « implique de payer un lourd tribut », a déploré Netanyahu dans son discours.

Il a souligné qu’Israël était décidé à lutter contre l’antisémitisme, qui, a-t-il ajouté, se développait dans le cadre d’une campagne organisée.

« Lorsque notre peuple a amorcé son grand retour sur notre terre », la première chose qu’Israël a faite a été de créer une armée, a-t-il rappelé. « Dieu aide ceux qui s’aident eux-mêmes. »

Israël est désormais l’une des grandes puissances de cette terre, a-t-il affirmé : « Nous ne nous inclinons pas. Nous ne nous rendons pas. Nous gagnons. »

read more:
comments