Netanyahu : la campagne contre l’Iran « n’est pas terminée »

Le Premier ministre soutient que l’Iran aurait eu l’arme nucléaire si Israël et les États-Unis n’avaient pas attaqué ; selon les chefs de l’opposition, les objectifs de la guerre n’ont pas été atteints

Samedi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé dans une allocution vidéo que la campagne contre le régime iranien « n’était pas terminée », reprenant bon nombre des arguments qu’il avait déjà avancés concernant les résultats de la récente guerre américano-israélienne.

Cette intervention a suscité des critiques de la part de l’opposition, dont les dirigeants ont déclaré que la guerre n’avait pas atteint les objectifs fixés.

Netanyahu a affirmé que la propagande iranienne minimisant les succès d’Israël « trouve un écho dans nos médias, et que la propagande de nos rivaux politiques trouve un écho en Iran ».

Mettant en avant les « réalisations historiques » d’Israël à ce jour, et utilisant une carte du Moyen-Orient sur laquelle l’axe iranien était surligné en rouge, Netanyahu a déclaré : « Ils voulaient nous étrangler, et c’est nous qui les étranglons. »

« Nous les avons frappés, mais nous avons encore du travail », a-t-il ajouté.

Netanyahu a ajouté qu’Israël avait « brisé le mur de la peur » en frappant l’Iran en juin dernier.

Un avion de chasse F-15 de l’armée de l’air israélienne décollant pour frapper en Iran, sur une photo publiée le 6 avril 2026. (Crédit : Armée israélienne)

Il a critiqué de manière détournée les services de renseignement israéliens – tout en cherchant une nouvelle fois à se décharger de toute responsabilité – au sujet du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, soulignant qu’en juin 2025, « cette fois-ci, des renseignements précis m’étaient parvenus à temps ».

Le Premier ministre a expliqué avoir décidé de lancer une deuxième guerre contre la République islamique d’Iran en février, car le régime était « sur le point de se doter de l’arme nucléaire » et d’acquérir la capacité de produire des milliers de missiles.

Selon lui, si Israël n’avait pas attaqué Téhéran, « l’Iran disposerait déjà de l’arme nucléaire ». Il a cité des renseignements datant de l’année dernière, selon lesquels l’Iran se préparait à transformer son uranium enrichi en arme nucléaire.

« Dès que nous avons reçu ces renseignements, nous sommes passés à l’action », a-t-il déclaré.

Netanyahu a ajouté qu’il avait reçu de nouvelles informations quelques mois plus tard, indiquant que l’Iran souhaitait étendre ses projets de missiles et nucléaires et les enfouir profondément sous terre.

Il a poursuivi en disant qu’Israël avait éliminé huit scientifiques nucléaires travaillant sur la militarisation du nucléaire lors de la récente guerre, et qu’il avait également détruit le réacteur à eau lourde d’Arak, ainsi que les chaînes de production de centrifugeuses et d’uranium de l’Iran.

« Nous avons réussi à anéantir son programme nucléaire, à anéantir son programme de missiles », a-t-il affirmé.

Au-delà de la « destruction » de ses programmes nucléaires et balistiques, Israël souhaitait également « anéantir le régime iranien », a-t-il déclaré, afin de le ramener « à son point le plus faible » depuis la Révolution islamique de 1979.

Il a également affirmé qu’Israël avait remporté des « succès retentissants » lors de l’Opération « Lion rugissant », ajoutant que l’Iran « implorait un cessez-le-feu » et que « des dissensions internes agitaient ses dirigeants… Nous constatons qu’il leur est de plus en plus difficile de répondre aux revendications de leurs citoyens ».

Abordant la lutte contre les groupes terroristes soutenus par le régime iranien, Netanyahu s’est une nouvelle fois félicité de la création par Israël de zones de sécurité à Gaza, en Syrie et au Liban.

« Nous nous occuperons » du groupe terroriste palestinien du Hamas, a-t-il promis.

Israël s’occupe également des missiles dont dispose encore le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, a assuré Netanyahu.

Fumée et explosion après l’interception d’une roquette du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah au-dessus de Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, à la frontière avec le Liban, le 9 avril 2026. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Le Hezbollah aurait prévu que « des milliers de terroristes Radwan atteignent secrètement la frontière, envahissent et conquièrent la Galilée ».

« Nous continuons de les combattre, ce n’est pas fini », a assuré le Premier ministre.

Selon Netanyahu, le Liban a demandé à plusieurs reprises à Israël au cours du mois dernier d’entamer des pourparlers de paix directs.

« J’ai donné mon accord », a-t-il annoncé, après des informations selon lesquelles il ne l’aurait fait que sous une forte pression internationale, notamment de la part du président américain Donald Trump. Il a ajouté qu’il y avait deux conditions : le désarmement du Hezbollah et un « véritable accord de paix » qui durerait plusieurs générations.

Il a affirmé que d’autres pays tendaient également la main à Israël.

Les dirigeants de l’opposition ont vivement critiqué le Premier ministre, affirmant qu’il n’avait pas réussi à atteindre les objectifs de guerre qu’il s’était lui-même fixés.

« Netanyahu est sous pression, car il sait que les objectifs de la guerre [en Iran] n’ont pas été atteints », a écrit Yaïr Golan, chef du parti Les Démocrates, sur le réseau social X.

« Quand on est victorieux et qu’on gagne, on n’a pas besoin de répéter tous les deux ou trois jours qu’on est victorieux et qu’on a gagné », a-t-il ironisé.

Montage photos (de gauche à droite) :
Le chef du parti Yesh Atid, le député Yaïr Lapid, présidant une réunion de sa faction à la Knesset le 12 mai 2025 ; le chef du parti Les Démocrates, Yair Golan, tenant une conférence de presse, à Tel Aviv, le 20 mai 2025. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash90 ; Avshalom Sassoni/Flash90)

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a tenu des propos similaires, déclarant que « Netanyahu se vante une fois de plus des exploits de l’armée, afin que nous oublions son échec total ».

« Il n’a atteint aucun des objectifs de guerre qu’il avait lui-même définis », a ajouté Lapid.

« Tout le peuple d’Israël salue nos services de sécurité et attend le moment où nous aurons des dirigeants capables de gagner des guerres et de ne pas voler l’argent des citoyens israéliens pendant qu’ils se trouvent dans des abris antiatomiques. »

Cette dernière partie faisait référence aux centaines de millions de shekels que le gouvernement a alloués aux besoins de la communauté ultra-orthodoxe, ce qui a suscité de vives critiques, alors que celle-ci continue de s’opposer à l’envoi de ses hommes au service militaire.

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