Netanyahu s’est entretenu avec Sharaa après le massacre de Druzes, à l’été 2025

C'est la première fois qu'une conversation entre le Premier ministre et le président syrien, qui avait pris le pouvoir à la fin de l'année 2024, est ainsi mentionnée

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration le 7 octobre 2023 à Tel-Aviv. (Capture d’écran/Benjamin Netanyahu via X) ; le président syrien Ahmad al-Sharaa s’exprime lors d’une conférence de presse après le sommet de l’UE à Nicosie, à Chypre, le vendredi 24 avril 2026. (Crédit : AP/Petros Karadjias)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a révélé, dans la journée de jeudi, qu’il s’était entretenu avec le président syrien Ahmed al-Sharaa peu après qu’Israël a bombardé le ministère syrien de la Défense et lancé une frappe à proximité du palais présidentiel à Damas, au mois de juillet 2025.

C’est la première fois qu’une conversation entre Netanyahu et le président syrien, qui avait pris le pouvoir à la fin de l’année 2024 après avoir renversé le dictateur de longue date Bachar al-Assad, est ainsi mentionnée – et c’est d’ailleurs peut-être le premier entretien direct entre des dirigeants israélien et syrien, deux pays qui se sont livré à de multiples guerres et qui n’ont aucune relation diplomatique.

« J’ai appelé Sharaa », a dit Netanyahu lors d’une conférence du Likud qui était destinée au public druze. « Cela a été une conversation très brève et très directe. Et le massacre [des Druzes en Syrie] a cessé ».

Israël avait fait savoir que ce bombardement visait à protéger les Druzes du sud de la Syrie, dans un contexte de conflit sectaire dans la région de Soueida, à majorité druze.

« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour protéger nos frères et vos frères », a-t-il affirmé lors de cette conférence.

Israël et le gouvernement de Sharaa ont entamé des discussions en vue de la conclusion d’un accord de sécurité. La Syrie exige le retrait des sodats israéliens d’une zone tampon dont Tsahal a pris le contrôle à la frontière, depuis la destitution d’Assad.

Un manifestant tient une pancarte indiquant « Le nouveau “président” de la Syrie était, est et restera un terroriste » devant un drapeau druze portant l’étoile druze lors d’une manifestation de soutien à la communauté druze syrienne, place du Trocadéro, à Paris, le 19 juillet 2025. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Des décennies durant, les Druzes du Golan sont restés fidèles à la Syrie. Ils ont résisté à toute intégration à Israël, qui s’était emparé de ce plateau stratégique en 1967 avant de l’annexer de facto en 1981. Mais depuis deux ans, une transformation fondamentale s’est opérée chez les 29 000 habitants de Majdal Shams et des trois villes druzes voisines, Mas’ada, Ein Qiniyye et Buq’ata, sous l’effet de deux épisodes traumatisants aux origines géopolitiques distinctes, mais dont les conséquences tragiques ont touché l’ensemble de la communauté.

Le premier de ces événements fut l’attaque à la roquette menée en juillet 2024 par le groupe terroriste du Hezbollah, à la solde de l’Iran – et proche allié de l’ancien président syrien Bachar al-Assad – contre un terrain de football local, qui a coûté la vie à 12 enfants druzes ; puis, en juillet 2025, le massacre de plus de 2 000 Druzes à Soueïda, en Syrie, perpétré par les forces fidèles à l’actuel président syrien, Ahmed al-Sharaa.

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