Netanyahu souhaite mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël d’ici 10 ans
Le Premier ministre a déclaré à The Economist qu'il ne cherchera pas à renouveler entièrement l'aide décennale en 2028
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait part de son intention de mettre fin à l’aide militaire américaine à Israël d’ici une décennie. Une déclaration qui lui a valu les éloges d’un proche du président américain Donald Trump – dont la base électorale est divisée sur cette question.
« Je souhaite réduire progressivement l’aide militaire au cours des dix prochaines années », a indiqué Netanyahu jeudi dans une interview accordée à The Economist, dont le texte a été publié vendredi. Interrogé sur le fait de savoir s’il évoquait une aide « réduite à zéro », le Premier ministre israélien a répondu par l’affirmative.
Israël, dans le cadre d’un programme d’aide militaire négocié en 2016 et entré en vigueur en 2018, reçoit chaque année quelque 3,8 milliards de dollars des États-Unis, majoritairement sous forme de subventions pour l’achat d’armes de fabrication américaine. Ce programme d’aide doit expirer en 2028.
Netanyahu a annoncé qu’il ne chercherait pas à obtenir un renouvellement intégral.
« Nous voulons être aussi indépendants que possible », a-t-il affirmé.
« Lors de ma visite au président Trump, j’ai dit que nous apprécions profondément l’aide militaire que les États-Unis nous ont apportée au fil des ans. Mais ici aussi, nous avons mûri, et nous avons développé de formidables compétences », a ajouté Netanyahu, faisant référence à sa rencontre avec le dirigeant américain en Floride, à la fin du mois dernier.
Le sénateur américain Lindsey Graham, président d’une sous-commission du Sénat américain qui supervise l’aide militaire, a pour sa part salué l’engagement de Netanyahu à affranchir Israël de l’aide américaine, promettant de présenter une proposition « qui permettrait d’accélérer considérablement le calendrier ».
« L’aide que nous avons fournie à Israël a constitué un excellent investissement. Elle a permis de maintenir la puissance de l’armée israélienne, de partager des technologies et de renforcer les capacités militaires de ce pays — servant également l’intérêt des États-Unis », a écrit le sénateur républicain de Caroline du Sud sur X. « Israël, dont l’économie est en plein essor, semble désormais souhaiter modifier cette dynamique. »
« J’apprécierai toujours les alliés qui s’efforcent d’être plus autonomes. Je pense en outre que, compte tenu des déclarations du Premier ministre, il n’est pas nécessaire d’attendre dix ans », a-t-il déclaré, soulignant que la suppression de l’aide à Israël permettrait aux contribuables américains d’économiser des milliards de dollars, des sommes qui pourraient ensuite être « réinvesties dans l’armée américaine ».
En tant que président de la sous-commission sénatoriale américaine chargée des crédits pour les affaires étrangères et les programmes connexes, Graham a ajouté : « Je m’engage à présenter une proposition à Israël et à l’administration Trump, afin d’accélérer considérablement le calendrier. »
En novembre, Axios a rapporté que les discussions entre Israël et les États-Unis sur le prochain programme d’aide militaire avaient débuté dans les semaines précédentes, après des retards dus à la guerre contre le Hamas à Gaza. Selon ces informations, Israël cherchait alors à renouveler le programme d’aide avec les États-Unis, et souhaitait même l’étendre à une durée de 20 ans.
L’article d’Axios, qui citait des responsables américains et israéliens, insistait sur le fait que l’isolationnisme croissant de la base électorale de Trump compliquait les discussions.
À l’époque, Netanyahu avait démenti les informations rapportées par Axios, affirmant, comme il l’a fait dans sa nouvelle interview accordée à The Economist, qu’il était, à son avis, « temps de garantir l’indépendance d’Israël ».
Les États-Unis se sont engagés à fournir chaque année des milliards de dollars d’aide militaire à Israël et à l’Égypte lorsqu’ils ont signé leur traité de paix négocié par les États-Unis, en 1979.
Si l’aide américaine représentait autrefois une part importante des dépenses militaires d’Israël, son pourcentage, grâce à l’essor économique du pays, a toutefois considérablement diminué ces dernières années.
Le budget du ministère de la Défense, dans le cadre du budget 2025, a atteint à lui seul le montant record de 110 milliards de shekels sur un budget total de 136 milliards de shekels consacré à la défense.
C’est en partie la frustration ressentie pendant la guerre de Gaza, lorsque plusieurs alliés avaient interrompu leurs livraisons d’armes – notamment l’administration Biden, qui avait suspendu le transfert de certaines munitions – qui a motivé la volonté d’Israël de mettre un terme à l’aide.
Lazar Berman a contribué à cet article.