Israël veut conclure avec les US un accord de sécurité « America first » de 20 ans – média
Le protocole d'accord actuel expirant en 2028, Israël dit vouloir contourner la défiance du Parti républicain quant à l'aide étrangère en insistant sur la coopération entre les US et Israël ; Netanyahu : Israël cherche à devenir plus indépendant
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Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Israël cherche à conclure avec les États-Unis un accord de sécurité de 20 ans incluant des éléments « America first », ont rapporté jeudi les médias américains. Un accord qui aurait une portée plus large que les précédents, et qui durerait jusqu’au 100e anniversaire de l’indépendance d’Israël.
Le protocole d’accord actuel signé entre les deux pays, le troisième de ce type, expirera en 2028 au terme de 10 ans d’existence. Signé en 2016 sous l’administration Obama, il prévoit l’octroi à Israël d’une aide annuelle de près de 4 milliards de dollars.
Avec le climat de défiance croissante à l’égard de l’aide étrangère – y compris à Israël – qui règne au sein du Parti républicain parmi ceux qui souscrivent aux politiques isolationnistes « America First » prônées par le président américain Donald Trump, le prochain protocole d’accord sera confronté à des défis que les précédents n’avaient pas connus.
Selon des informations d’Axios citant des responsables israéliens et américains, les discussions sur le prochain protocole d’accord se sont ouvertes ces dernières semaines, après un long retard dû à la guerre contre le Hamas à Gaza.
Israël a proposé un accord d’une durée de 20 ans, qui expirerait à l’occasion du centenaire du pays en 2048. Afin d’apaiser ceux qui s’opposent à l’aide, une partie des fonds serait allouée à des projets de recherche et de développement conjoints plutôt qu’à une aide militaire directe, a rapporté Axios.
Les projets présentés concerneraient notamment les technologies de défense, l’IA liée à la défense et le projet de défense antimissile du Golden Dome de Trump, a indiqué un responsable israélien à Axios.
« C’est une idée innovante », a fait savoir un responsable israélien à Axios. « Nous voulons rompre avec la façon dont nous avons géré les accords passés, et insister davantage sur la coopération entre les États-Unis et Israël. Les Américains apprécient cette idée. »
Dans une interview accordée à la présentatrice de télévision australienne Erin Molan, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a toutefois démenti cette information. « J’ignore de quoi ils parlent. Ma position est exactement à l’opposé », a-t-il insisté.
« Je pense qu’il est temps de garantir l’indépendance d’Israël », a-t-il poursuivi. « Il faut bien comprendre que notre aide militaire ne représente qu’une infime fraction de ce que les États-Unis ont dépensé en Afghanistan ou au Moyen-Orient. C’est extrêmement minime. Mais, j’en suis convaincu, nous avons une économie très forte. Nous avons une industrie de l’armement très forte. De l’aide que nous obtenons, et dont nous sommes reconnaissants, 80 % sont dépensés aux États-Unis. Cela crée des emplois aux États-Unis. Quant à moi, j’aimerais aussi voir un Israël beaucoup plus indépendant, une industrie de défense israélienne encore plus indépendante. »
La Maison Blanche a pour sa part refusé de commenter les informations d’Axios.
Trump a publiquement évoqué les milliards d’aide accordés à Israël au cours de ses deux mandats. En 2018, il a balayé les inquiétudes liées aux risques encourus par Israël à la suite du retrait des troupes américaines de Syrie. « Vous savez, nous donnons 4,5 milliards de dollars par an à Israël. Et ils se défendent très bien, vous le verrez en y regardant de plus près », a-t-il déclaré.
En avril, au cours d’une visite mouvementée de Netanyahu à la Maison Blanche, Trump a de nouveau abordé le sujet, le Premier ministre se tenant à ses côtés : « Nous aidons beaucoup Israël, ne l’oubliez pas. Nous donnons 4 milliards de dollars par an à Israël. C’est un montant important. »
En Israël, les accords concernant l’aide américaine sont considérés comme essentiels pour aider le pays à conserver son « avantage militaire qualitatif » face à des menaces potentielles.
Les États-Unis ont soit développé conjointement, soit financé les trois niveaux du programme de défense antimissile d’Israël, un programme composé des systèmes du Dôme de fer (intercepteur de missiles à courte portée), de la Fronde de David (moyenne portée) et Arrow (longue portée).
Par ailleurs, les technologies de défense antimissile développées en Israël à l’aide de fonds américains sont mises à la disposition des entrepreneurs américains du secteur de la défense impliqués dans ce développement.
Les États-Unis se sont engagés à fournir chaque année des milliards de dollars d’aide militaire à Israël et à l’Égypte lors de la signature du traité de paix négocié par les Américains en 1979.
Si l’aide américaine représentait autrefois une importante part des dépenses militaires d’Israël, elle a, ces dernières années, considérablement diminué en pourcentage, grâce à l’essor économique du pays.
Dans le cadre du budget 2025, le budget du ministère de la Défense a atteint à lui seul un montant record de 110 milliards de shekels, sur un budget total de 136 milliards de shekels accordés à la défense.
la Communauté du Times of Israël !







