New York : L’auteur d’un accident mortel poursuivi pour crime de haine après une attaque contre une boulangerie casher
Dawood Faisal, déjà inculpé pour l’homicide involontaire de Cara Trager, a ciblé la boutique Bagels & Co. du Queens ; le mari de la victime s’interroge sur un éventuel mobile antisémite
La procureure du Queens, Melinda Katz, a annoncé lundi que Dawood Faisal, un homme de 22 ans originaire du Queens, déjà poursuivi pour homicide involontaire à la suite d’un accident survenu en mai ayant coûté la vie à la journaliste juive Cara Trager, avait été mis en examen pour crime de haine. Il est soupçonné d’avoir vandalisé une boulangerie casher vendant des bagels et arborant des drapeaux d’Israël.
Selon le parquet, Faisal s’en est pris à deux reprises en mai à la boutique « Bagels & Co. », située sur Union Turnpike à Fresh Meadows. Il a renversé les bacs à plantes devant ce commerce tenu par des Juifs et, lors d’un des incidents, il a jeté de la terre et des débris sur les drapeaux d’Israël et la devanture du magasin.
« Comme allégué, Dawood Faisal s’en est pris à plusieurs reprises à un commerce de Fresh Meadows précisément parce qu’il appartient à des Juifs et arborait des drapeaux d’Israël, et il a détruit des biens en signe d’antisémitisme », a déclaré Katz.
« Les crimes motivés par la haine constituent une offense à l’ensemble de notre communauté et ne seront pas tolérés. »
Faisal a été mis en accusation lundi pour deux chefs d’accusation de dégradation criminelle au troisième degré, qualifiée de crime de haine. Le juge Michael Hartofilis, de la Cour suprême du Queens, lui a ordonné de comparaître à nouveau le 12 novembre.
Il encourt jusqu’à sept ans de prison s’il est reconnu coupable.
Selon le parquet, la première affaire s’est produite le 15 mai vers 18 h 18, lorsque Faisal aurait renversé neuf supports métalliques pour plantes à l’extérieur de la boutique casher qui arborait de nombreux drapeaux et banderoles d’Israël. Après avoir répandu de la terre et des plantes sur le trottoir, il aurait ramassé une partie des débris et les aurait lancés à deux reprises contre le commerce.
Faisal serait revenu devant le magasin aux premières heures du 23 mai et aurait poussé ou renversé onze supports métalliques pour plantes d’un coup de pied, répandant à nouveau leur contenu sur le trottoir. Les procureurs ont indiqué qu’il avait également tenté, sans succès, de renverser d’un coup de pied un grand pot en terre cuite, puis d’arracher à la main les plantes qu’il contenait.
L’enquête a été menée par la cellule de lutte contre les crimes de haine du département de police de New York (NYPD), en collaboration avec le bureau chargé des crimes de haine du procureur du district du Queens.
Ces actes de vandalisme présumés avaient auparavant incité les habitants du quartier et des militants juifs à se rassembler devant Bagels & Co. afin de manifester leur solidarité avec le commerce. Faisal avait initialement été mis en examen pour crime de haine et dégradation volontaire à la suite des incidents survenus plus tôt dans l’année.
Par ailleurs, en juin, Faisal a été inculpé d’homicide involontaire, de coups et blessures, ainsi que d’autres chefs d’accusation liés à un accident survenu en mai, qui a coûté la vie à Cara Trager, âgée de 71 ans, et blessé son mari, Michael.
Les procureurs ont affirmé que Faisal avait grillé deux feux rouges sur Francis Lewis Boulevard avant de percuter deux véhicules, projetant l’un d’entre eux sur un passage piéton où se trouvait le couple.
Selon la plainte déposée précédemment contre lui, Faisal roulait à plus de 75 mph (environ 121 km/h) dans une zone limitée à 35 mph (environ 56 km/h) et aurait tenté de s’enfuir à pied après l’accident, avant d’être maîtrisé par des passants. Les autorités n’ont pas qualifié l’accident mortel lui-même d’acte de haine et il ne semblait pas y avoir de lien direct entre la collision et l’affaire de vandalisme.
Rachel Trager était une journaliste basée dans le Queens et une figure éminente de la communauté juive locale. Elle soutenait des institutions juives, notamment la Solomon Schechter School of Queens et la synagogue de sa famille, Etz Hayim à Hollis Hills Bayside.
Son mari, Michael Trager, a déclaré au New York Post le mois dernier que le lieu de l’accident l’amenait à se demander si l’antisémitisme avait pu jouer un rôle, tout en reconnaissant qu’il n’alléguait pas que Faisal avait délibérément tenté de tuer son épouse.
« Ce que j’affirme, c’est qu’il se trouvait dans un quartier juif, un quartier à très forte présence juive », a déclaré Trager.
« Et même s’il n’a pas nécessairement cherché à tuer Cara Trager, ni à blesser Michael Trager d’ailleurs, il y avait de fortes chances que, s’il avait commis cet acte, il aurait très probablement blessé une personne juive. »
Trager a également déclaré au quotidien qu’il souhaitait rencontrer le maire de New York, Zohran Mamdani, pour l’exhorter à prendre position contre l’antisémitisme.
« Je veux voir qu’il se soucie de cette question… Je veux que mes frères juifs puissent vivre en sécurité et en paix dans cette ville », a-t-il ajouté.
À New York, les Juifs sont davantage la cible de crimes de haine que tous les autres groupes réunis.