Non, le Hamas n’est pas prêt à une « paix durable », mais Trump peut-il le persuader de libérer tous les otages ?
Le président américain a manifestement décrété qu'il connaissait mieux que Netanyahu les besoins d'Israël et désormais, il tente de convaincre le Hamas de renoncer à toute iforme d'influence
Le 7 octobre 2023, le Hamas, le gouvernement terroriste de Gaza dont Israël avait de façon incompréhensible estimé qu’il souhaitait maintenir un calme durable de l’autre côté de la frontière, a tiré près de 5 000 roquettes sur Israël, tandis que ses agents massacraient toute personne sur leur passage dans une attaque monstrueuse visant à détruire notre pays.
Le 7 octobre 2024, un an après le début de la riposte puissante, intense et dévastatrice d’Israël, les forces très réduites du Hamas ont tiré 14 roquettes.
Et mardi, pour le deuxième anniversaire du massacre, le Hamas a tiré une roquette sur Netiv HaAsara, le moshav frontalier dans lequel ses monstres ont assassiné 17 habitants deux ans plus tôt. La roquette est tombée dans les environs du moshav sans faire de blessé ni de dégât.
Le déclin spectaculaire des capacités offensives du Hamas à Gaza, qu’illustre le nombre de roquettes tirées [sur Israël], ne s’est pas fait sans heurts. Le Hamas est passé d’une armée de 24 bataillons, capable d’infliger au peuple juif en l’espace d’une seule journée les pertes les plus lourdes occasionnées depuis la Shoah, à une guérilla préoccupée par sa survie. Mais son idéologie reste inchangée : détruire Israël et tuer les Juifs, à tout prix.
De surcroît, il a su rallier à sa cause des soutiens un peu partout dans le monde, de la part d’antisémites haineux, d’extrême gauche ou d’extrême droite, sans oublier leurs alliés, des idiots utiles – des proies faciles mobilisées par le discours extrémiste et les objectifs politiques des partis d’extrême droite du gouvernement israélien, sans compter l’ampleur sortie de tout contexte des destructions occasionnées à Gaza –. Ce qui a eu pour conséquence de mettre la disapora juive de nombreux pays dans une situation difficile, en proie à une haine d’une ampleur que l’on n’avait plus vue depuis un siècle.
Le président américain Donald Trump a, semble-t-il, accueilli favorablement l’accord donné, de façon ostensible et astucieuse, par le Hamas à son plan en 20 points pour faire libérer tous les otages et mettre fin à la guerre à Gaza, ce qui a pu lui donner le sentiment que le groupe extrémiste islamique était « prêt à une paix durable ».
Mais, en fait, comme il l’a clairement indiqué dans une déclaration diffusée mardi à l’occasion des deux ans de l’attaque, le Hamas n’y est absolument pas prêt. Bien au contraire, il s’est réjoui que son massacre soit perçu comme « un jour de gloire » sur le chemin de la destruction de l’État juif – ou plutôt, comme il l’a dit avec euphémisme, « un tournant majeur sur le chemin de la résistance palestinienne et l’équilibre régional des forces ».
D’ailleurs, ni le Qatar ni la Turquie, les deux pays alliés de Trump impliqués dans la médiation des négociations indirectes entre Israël et le Hamas, ne souhaitent, ni de près ni de loin, la disparition du Hamas.
À plusieurs reprises, le président turc Recep Tayyip Erdogan a traité Israël d’entité terroriste et rendu hommage au Hamas, qualifié de victime. Et le Qatar ne cesse de distiller son poison dans les esprits, partout dans le monde, grâce à Al Jazeera. (La chaîne israélienne N12 a indiqué cette semaine que le Qatar procédait à une purge à Al Jazeera, manifestement à la demande des États-Unis. Je dirais que le jury n’a pas encore tranché à ce sujet.)
Le président américain a manifestement décidé qu’il savait mieux que le Premier ministre [israélien] quels étaient les besoins essentiels d’Israël. Netanyahu a eu beau tenter de présenter le plan Trump comme une initiative étroitement coordonnée, le président américain, en annonçant son plan aux côtés de Netanyahu le 29 septembre dernier, a indiqué que si Netanyahu était un redoutable « guerrier », le peuple israélien voulait « la libération des otages… Et aussi la paix… Nous avons eu une longue et intense conversation, Bibi et moi, et il a compris que c’était le moment. Qu’il était temps. »
Ce après quoi il aurait dit à Netanyahu, suite à l’acceptation conditionnelle de sa proposition par le Hamas : « Bibi, c’est maintenant que tu peux gagner », en ajoutant : « Il a dit d’accord. Il fallait qu’il soit d’accord. Il n’avait pas le choix. Avec moi, il faut être correct. »
Les négociations en cours à Charm-el-Cheikh ont pour but, en ce qui concerne Trump et Netanyahu, de finaliser rapidement les détails techniques de la « première phase » du plan présidentiel – à savoir la libération rapide des 48 otages, en l’échange de 250 terroristes palestiniens condamnés à perpétuité et de 1 700 Gazaouis emprisonnés depuis le 7 octobre, sans oublier le retrait limité de Tsahal à Gaza.
Mais elles donnent des signes du retour à un débat interminable autour de la demande habituelle du Hamas, à savoir la fin de la guerre et le retrait complet de Tsahal, préalables à la libération des otages, le Hamas continuant par ailleurs de s’opposer au désarmement et exigeant la libération de nombreux chefs terroristes, auteurs notoires de meurtres de masse qu’Israël se refuse à libérer.
La question se pose désormais de savoir si les envoyés du président, Steve Witkoff et Jared Kushner, pourront cette fois-ci mettre un point final à ce cycle de deux ans en obtenant du Hamas la libération à court terme de tous les otages et le renoncement à son atout le plus précieux en l’échange des promesses qataries et turques, de celle – officielle – de Trump de « faire tout ce qui est en son pouvoir pour que tout le monde soit d’accord » avec les 20 points de son plan, sans compter d’autres assurances inconnues à ce stade.
Ce qui ne signifiera pas forcément la fin du Hamas, qui demeure actif et très soutenu en Cisjordanie, bien déterminé à une éventuelle renaissance à Gaza, surtout dans la perspective de la libération de terroristes notoires membres de toutes les factions palestiniennes qui se délectent encore publiquement de la barbarie « glorieuse » du pogrom du 7 octobre.
Cela pourrait toutefois être le début de la fin du cauchemar que vit Israël depuis deux ans et l’occasion pour le pays – à ce point divisé que la chaîne de télévision favorite de Netanyahu, la chaîne 14, n’a pas pu se résoudre à diffuser la commémoration nationale organisée mardi soir par les familles des victimes, des otages et des survivants des horreurs du Hamas – de commencer son indispensable travail de guérison.