Nouvelle manifestation anti-Israël à Paris : « Des sanctions contre Israël ! Pas contre nous ! »

Un cortège arborant des drapeaux palestiniens, libanais et iraniens est parti dimanche après-midi du jardin des Plantes

Des manifestants brandissant des drapeaux iraniens lors d'un rassemblement contre le projet de loi Yadan, qui vise à lutter contre les nouvelles formes d'antisémitisme, à Paris, le 12 avril 2026. Ce projet de loi, qui porte le nom de la députée du camp présidentiel Caroline Yadan et sera débattu les 16 et 17 avril prochains, vise à lutter contre les « nouvelles formes » d’antisémitisme et suscite de vives réserves. Ses opposants, notamment à gauche, affirment qu’il menacerait la liberté d’expression et perpétuerait l’amalgame entre les Juifs et Israël. (Crédit : Ian Langsdon/AFP)

Dimanche après-midi, des centaines de personnes ont manifesté à Paris contre Israël et contre la proposition de loi Yadan, qui vise à contrer les « formes renouvelées » d’antisémitisme, mais qui est dénoncée par ses très nombreux détracteurs comme attentatoire à la liberté d’expression.

S’inscrivant dans le cadre plus large d’une mobilisation en faveur des Palestiniens, un cortège arborant des drapeaux palestiniens, libanais et iraniens est parti du jardin des Plantes, avec à sa tête une banderole proclamant : « Des sanctions contre Israël ! Pas contre nous ! »

Pour Nicolas Shahshahani, membre de l’association EuroPalestine, le texte de loi « est liberticide. Il fait partie d’un arsenal de mesures destiné à empêcher la critique du régime génocidaire israélien et, par conséquent, à faire taire le mouvement de solidarité avec la Palestine ».

« La loi Yadan ne pourrait que donner un coup d’accélérateur à cette répression », a-t-il estimé.

Porté par la députée Caroline Yadan (Renaissance), élue dans la circonscription des Français de l’étranger incluant Israël, ce texte prévoit de renforcer la répression des infractions de provocation et d’apologie du terrorisme, en interdisant notamment la présentation de ces actes comme des actes de « résistance ».

Alors que la proposition de loi doit être examinée par l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril, la gauche y est largement opposée et le MoDem a exprimé ses réserves. Une pétition en ligne dénonçant le texte a recueilli à ce jour plus de 660 000 signatures.

« C’était déjà compliqué de venir manifester pour la Palestine, contre ce que fait le gouvernement israélien. Je pense que ça va renforcer et donner une assise juridique qui permettra davantage de censure et de restreindre la liberté d’expression », a estimé Roxana, 47 ans, dans la manifestation.

Pour Jared, un militant pro-palestinien de 27 ans, « le sionisme et la judéité c’est deux choses différentes. Cette loi veut légaliser cette confusion, de rendre l’antisionisme égal à l’antisémitisme ».

La loi Yadan se veut aussi une réponse à l’explosion des actes antisémites dans le sillage du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

Elle créerait notamment un nouveau délit réprimant les appels à la destruction d’un État, passible d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

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