ONU: Aucune enquête indépendante n’a été menée sur les viols du 7-Octobre, selon une rapporteuse

Les propos de Reem Alsalem s'opposent au rapport de l'ONU de 2024 qui parlait de 'motifs raisonnables' de croire que des violences sexuelles avaient été commises lors du pogrom du Hamas, et contre les otages à Gaza

Des manifestants se rassemblent lors d'une manifestation dénonçant les violences sexuelles contre les femmes lors du massacre du 7 octobre, devant le siège des Nations unies à New York, le 4 décembre 2023. (Crédit : Yakov Binyamin/Flash90)

La rapporteuse spéciale des Nations unies chargée des violences faites aux femmes et aux petites filles, Reem Alsalem, a déclaré à tort vendredi qu’aucune enquête indépendante n’avait trouvé de preuves de viols survenus lors du pogrom du Hamas contre Israël en 2023.

« Aucune enquête indépendante n’a conclu à la commission de viols le 7-Octobre », a écrit Alsalem sur le réseau social X.

Alsalem intervenait alors dans le fil de discussion suivant son tweet original, dans lequel elle indiquait : « Ceux qui croient naïvement que les auteurs israéliens de violences sexuelles contre des Palestiniens feront un jour l’objet d’une enquête et seront poursuivis, qu’ils se détrompent », faisant référence aux abus présumés infligés en 2024 à un détenu palestinien au centre de détention de Sde Teiman de l’armée israélienne, dans le sud d’Israël, des agissements pour lesquels cinq soldats ont été mis en examen.

Différentes enquêtes ont toutefois mis au jour des preuves selon lesquelles des agresseurs palestiniens auraient violé des Israéliennes durant l’invasion d’Israël, le 7 octobre 2023, ainsi que pendant la détention des otages à Gaza. Il s’agit notamment d’un rapport publié l’année dernière par Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies chargée de la question des violences sexuelles dans les conflits.

Un rapport de 24 pages que Patten a présenté à l’ONU en mars 2024, après plus de deux semaines de réunions sur le terrain.

Selon ce rapport, il existe des « motifs raisonnables » de croire que le Hamas a commis des viols et des abus sexuels durant son invasion meurtrière du 7-Octobre. Le rapport signale également l’existence de preuves encore plus solides indiquant que les otages enlevés par le Hamas ce jour-là avaient été violés et agressés sexuellement au cours de leur captivité.

La rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les violences commises à l’égard des femmes, Reem Alsalem (à gauche), et la responsable des droits humains à l’ONU, Orlagh McCann (à droite), s’expriment lors d’une conférence de presse à Ankara, le 27 juillet 2022. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

« Nous avons découvert de nombreuses formes de torture, ainsi que d’autres horreurs parmi les plus extrêmes et les plus inhumaines », a déclaré Patten à l’époque, ajoutant qu’il existait des motifs raisonnables de croire que des « viols individuels et collectifs » avaient été commis lors des attaques du 7-Octobre dans au moins trois lieux : le site du festival de musique électronique Supernova, le kibboutz Reïm et le long de la route 232 voisine.

Patten a rapporté avoir rencontré des représentants de 33 institutions israéliennes ainsi que 34 personnes, parmi lesquelles, notamment, des survivants et des témoins, des otages libérés et des premiers intervenants. Elle a précisé n’avoir rencontré aucun survivant de violences sexuelles, affirmant que, selon les informations qui lui avaient été fournies, le petit nombre de survivants suivaient un « traitement spécialisé pour soigner leurs traumatismes » et n’étaient pas en mesure de raconter leur expérience.

D’après un rapport publié en janvier, l’équipe des Nations unies avait « vérifié » que des viols avaient bien eu lieu, déduisant de ces éléments qu’il existait « des motifs raisonnables de croire que de multiples incidents de violences sexuelles s’étaient produits, les victimes ayant subi des viols et/ou des viols collectifs avant d’être tuées, ou ayant été tuées pendant qu’elles étaient violées ».

L’équipe de l’ONU a fait savoir qu’une « enquête approfondie » devrait être menée pour évaluer l’ampleur, la portée et l’attribution spécifique des violences sexuelles. Or, plus d’un an et demi plus tard, aucune enquête n’a encore été ouverte.

Des témoignages font en outre état du viol de plusieurs femmes et d’au moins un homme lors du pogrom du 7-Octobre.

Les autorités israéliennes ont également diffusé des aveux par vidéo des auteurs.

Le site abandonné du festival de musique électronique Supernova, près du kibboutz Reim, où des terroristes du Hamas ont assassiné et kidnappé de nombreux participants venus faire la fête, le 12 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Plusieurs anciens otages ont raconté les abus sexuels que leur ont infligés leurs ravisseurs à Gaza, en plus d’autres tortures physiques et psychologiques. Le dernier en date est Rom Braslavski, libéré le 13 octobre en même temps que les 19 autres otages encore en vie, dans le cadre de l’accord négocié par les États-Unis pour mettre un terme à la guerre à Gaza.

Israël a accusé l’ONU de minimiser l’importance de son propre rapport et de faire preuve d’un certaine réticence à ouvrir une enquête sur ces allégations, tout en essayant de faire taire les accusations. Des affirmations que l’organisation internationale a niées.

Les Nations unies font depuis longtemps l’objet des critiques d’Israël, qui leur reproche d’avoir réagi trop lentement aux viols et aux violences sexuelles commis par les terroristes palestiniens lors du pogrom perpétré par le Hamas qui a ensuite déclenché la guerre de Gaza, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 prises en otage.

La représentante spéciale de l’ONU pour la violence sexuelle dans les conflits, Pramila Patten, présentant à la presse les conclusions d’un rapport de l’ONU sur les violences sexuelles commises par le Hamas le 7 octobre, au siège de l’ONU, à New York, le 4 mars 2024. (Crédit : Capture d’écran UNTV/AFP)

À la suite des attaques, ONU Femmes, un groupe de défense des droits des femmes sous l’égide de l’ONU, a attendu environ huit semaines pour publier – et supprimer peu après – une déclaration condamnant l’attaque du 7-Octobre.

Une semaine supplémentaire s’est de plus écoulée avant que l’agence ne reconnaisse l’existence de « rapports inquiétants faisant état de violences sexuelles et sexistes le 7-Octobre ».

Haaretz, en janvier, a toutefois rapporté qu’Israël empêchait les Nations unies de lancer une enquête sur les violences sexuelles commises par le Hamas lors de son offensive du 7-Octobre, car cela impliquerait également d’autoriser l’ONU à enquêter sur les crimes sexuels présumés commis contre des Palestiniens détenus par Israël.

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