Petah Tikva ou Petah Tiqwa ? Israël va dépenser 250 000 shekels pour trancher

Le gouvernement collabore avec l'Académie de la langue hébraïque pour tenter de mettre fin une fois pour toutes à la confusion linguistique qui règne sur les routes du pays

Un panneau routier indiquant la direction de Petah Tikva. (Crédit : iStock)

La route menant à Petah Tikva est peut-être simple, mais l’orthographe de ce nom ne l’est visiblement pas.

Le gouvernement s’apprête désormais à consacrer quelque 250 000 shekels à l’uniformisation de l’orthographe des noms de lieux israéliens en anglais et en arabe, a rapporté dimanche le quotidien Haaretz.

Selon cet article, le cabinet du Premier ministre va collaborer avec l’Académie de la langue hébraïque pour mettre au point un nouveau système de translittération uniforme à l’usage des ministères et des collectivités locales. Le cabinet du Premier ministre n’a pas répondu à la demande de commentaires du Times of Israel.

En réalité, les efforts visant à normaliser la translittération de l’hébreu se poursuivent depuis des décennies.

L’Académie de la langue hébraïque a approuvé, pour la première fois en 1957, des règles de transcription de l’hébreu moderne en caractères latins, y compris un système simplifié destiné à un usage quotidien, comme les publicités et les panneaux de signalisation.

L’Académie affirme avoir révisé ces règles à plusieurs reprises en réponse à la demande publique, afin de les rapprocher de la prononciation contemporaine de l’hébreu en caractères latins plutôt que de reproduire mécaniquement l’orthographe hébraïque.

Des panneaux indiquant Nahariya, Akko et Haïfa. (Crédit : iStock)

Mais le chaos orthographique règne toujours. En parcourant les routes israéliennes, un automobiliste croisera une multitude de noms et d’orthographes différents, souvent pour désigner un même lieu.

Les panneaux indiquant Petah Tikva cèdent souvent la place à Petah Tiqwa. La ville voisine de Bnei Brak est souvent signalée sous les noms de Bene Beraq, Benei Brak ou même Bne Brak.

Parmi les décisions à prendre figure la manière de normaliser la transcription de certaines lettres hébraïques en anglais. La lettre « Kuf » sera-t-elle remplacée par un K, ou peut-être par le Q plus traditionnel ? De même, la lettre hébraïque « Tzadik » pourrait être transcrite par un Z ou par « TS ».

Ces deux options seront pertinentes lorsqu’on se rendra dans un kibboutz, ou « qibbuz » comme certains préfèrent l’appeler.

De même, il existe une tension entre les orthographes traditionnelles des noms de lieux, qui ne correspondent pas aux prononciations israéliennes modernes, comme Acre ou Akko, et Safed ou Tzfat.

En début d’année, le cabinet du Premier ministre avait déjà fait un premier pas, plus modeste, pour remédier à ce problème en allouant un budget de 26 000 shekels pour engager, par l’intermédiaire de l’Académie, un consultant en translittération.

Selon Haaretz, qui cite un rapport du comité gouvernemental chargé des noms, l’équipe interministérielle en cours de constitution dressera un inventaire des translittérations existantes aux niveaux national et local, recueillera des exemples issus de documents officiels et de systèmes d’information publics, et identifiera les incohérences et les erreurs.

Le rapport précise que l’équipe se concentrera principalement sur les noms et les orthographes déjà intégrés dans les bases de données gouvernementales, les documents officiels et la signalisation routière, plutôt que sur les nouveaux noms de lieux, qui sont traités séparément par le nouveau consultant en translittération.

La rue Hayarkon, à Tel Aviv. (Crédit : iStock)

Elle élaborera ensuite une procédure uniforme à l’intention des ministères et des collectivités locales, et dressera une liste définitive et mise à jour des noms de lieux officiels.

Haaretz a rappelé que les précédentes tentatives de mise à jour de la signalisation s’étaient soldées par un échec, en ressortant une lettre incendiaire adressée à la rédaction en 2002.

« Quelqu’un au sein du département des travaux publics a décidé de réinventer la roue et cette personne est éperdument amoureuse de la lettre Q. Une autre personne aime répéter deux fois la même lettre sans aucune raison », avait écrit le lecteur Eitan Arbel en soulignant des orthographes qui mettent en évidence ces incohérences : Yarqon au lieu de Yarkon, Elyaqim au lieu d’Elyakim, Mevaseret Ziyyon au lieu de Mevaseret Zion, et Kefar Uriyya au lieu de Kefar Uriya.

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