Photos satellites : reprise « significative » sur un site nucléaire iranien bombardé par Tsahal

Selon l’armée, Minzadehei a accueilli une grande partie du programme nucléaire après la guerre de 2025 ; selon le Qatar, les pourparlers américano-iraniens 'se poursuivent' malgré l’impasse

Une image satellite du site nucléaire de Minzadehei, près de Téhéran, comportant des annotations indiquant les frappes de l'armée israélienne et la reconstruction qui a suivi. (Crédit : Institute for Science and International Security/Vantor Technologies)

De nouvelles images satellites révèlent une « reprise significative de l’activité » au sein du site nucléaire souterrain de Minzadehei, près de Téhéran, que l’armée israélienne avait bombardé cette année lors de la guerre contre la République islamique d’Iran, selon un rapport publié mardi par l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS).

« Des images satellites récentes indiquent un retour à une activité régulière de véhicules autour du site après une vaste opération de nettoyage qui a notamment consisté à déblayer les gravats et les débris et à réparer les dégâts sur le versant de la colline », explique le think-tank basé à Washington.

« Une présence importante de véhicules est observable sur l’ensemble du site entre début septembre et début octobre 2026 », ajoute l’ISIS.

« Des voitures sont garées à l’extérieur du périmètre de sécurité, sur le parking, et de nombreux véhicules particuliers et camions sont visibles à l’intérieur du périmètre. »

Ces derniers mois, l’Institut pour la science et la sécurité internationale a publié plusieurs études, fondées sur des images satellites, qui montrent que l’Iran s’efforce de reconstruire ses infrastructures nucléaires bombardées.

« Compte tenu de ce que l’on sait de ce complexe, cette activité pourrait indiquer que l’Iran s’efforce de rétablir sa capacité de développement d’armes nucléaires et de reconstituer ce qui a été perdu lors de l’attaque contre le complexe », indique l’ISIS dans son rapport publié mardi.

Début mars, Tsahal avait annoncé avoir détruit le site secret de Minzadehei, où, selon l’armée, des scientifiques nucléaires iraniens travaillaient à la mise au point d’armes nucléaires.

Selon Tsahal, c’est à Minzadehei que l’Iran avait transféré une grande partie de son programme nucléaire après la guerre de douze jours qui l’avait opposé à Israël en juin 2025, au cours de laquelle les États-Unis avaient également bombardé des sites nucléaires iraniens stratégiques.

Le général de brigade Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne, avait déclaré, après la frappe de mars, qu’un groupe de scientifiques nucléaires avait « travaillé en secret » à Minzadehei pour développer les capacités nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires.

Tsahal avait suivi la trace des scientifiques jusqu’à « leur nouveau lieu d’opération », ce qui avait permis de mener la frappe contre le complexe, avait alors précisé Defrin.

Alors que l’Iran, dont les dirigeants ont juré de détruire Israël, nie chercher à se doter d’armes nucléaires, il a enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, a empêché les inspecteurs internationaux d’accéder à ses installations nucléaires et a renforcé ses capacités en matière de missiles balistiques.

Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé une guerre contre l’Iran dans le but de détruire les programmes nucléaires et de missiles balistiques de la République islamique et de déstabiliser le régime. L’Iran a riposté en frappant Israël et les États arabes abritant des bases américaines, et en bloquant le détroit d’Ormuz par lequel transitait environ un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz fossile avant le conflit. Les États-Unis ont réagi en imposant un blocus des ports iraniens.

Les combats ont connu un cessez-le-feu précaire en avril, lorsque le conflit armé entre Israël et l’Iran a en grande partie cessé. Mais depuis lors, les pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran, menés sous la médiation du Qatar et du Pakistan, semblent être au point mort, l’Iran refusant les exigences américaines de démanteler son programme nucléaire et de rouvrir entièrement le détroit.

Mardi, le président américain Donald Trump a déclaré que le plus gros problème était, selon lui, que personne ne savait qui dirigeait l’Iran.

Des motards passant devant un panneau publicitaire représentant le président américain Donald Trump immergé au milieu d’explosions, avec la mention « Grande victoire ! Détroit d’Ormuz », à Téhéran, le 24 août 2026. (Crédit : Vahid Salemi/AP)

« Leur deuxième groupe de dirigeants a disparu, et mon plus gros problème, c’est que personne ne sait qui, diable, dirige le pays », a déclaré Trump.

Malgré l’impasse manifeste, Ibrahim al-Hashmi, responsable du ministère qatari des Affaires étrangères, a déclaré mardi lors d’une conférence de presse régulière qu’il « pouvait confirmer que les pourparlers et l’échange de messages entre les différentes parties se poursuivaient par l’intermédiaire du Qatar et de ses partenaires régionaux ».

Ces négociations indirectes tiennent compte « des préoccupations des différentes parties », a précisé Hashmi.

« Comme vous le savez, l’ampleur de ce conflit et l’importance du prix que le monde entier est en train de payer nous obligent à mettre tout en œuvre pour y mettre fin immédiatement grâce à une solution négociée autour de la table des négociations », a-t-il ajouté.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani (à droite), s’entretenant avec le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, lors de leur rencontre à l’Amiri Diwan, à Doha, le 6 octobre 2026. (Crédit : Qatar Amiri Diwan/AFP)

Parallèlement, l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a rencontré mardi à Doha le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, selon un communiqué du palais royal qatari.

Avant de menacer l’Iran au sujet de son programme nucléaire, Trump avait, en janvier, moins de deux mois avant le début de la guerre, menacé d’attaquer l’Iran en raison de la répression brutale des manifestants anti-régime, dont des milliers ont été tués par les forces du régime.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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