Plus de 250 officières dénoncent les pressions exercées par des rabbins pour exclure les femmes du combat

« Céder à ces pressions extérieures reviendrait à faire preuve de négligence en matière de sécurité et à démanteler l'armée de l'intérieur », ont-elles prévenu

Des soldates manœuvrant un char dans le désert du Neguev, sur une photo non datée. (Crédit : Armée israélienne)

Plus de 250 officières de réserve ont signé une lettre mettant en garde contre ce qu’elles décrivent comme une tendance croissante visant à exclure les femmes des missions de combat et à saper la chaîne de commandement de l’armée israélienne, a rapporté la chaîne N12 mercredi.

La lettre, signée par 257 officières, dont six généraux de brigade, sept colonels et 28 lieutenants-colonels, a été adressée au chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, au ministre de la Défense, Israel Katz, et au directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram.

Les officières affirment que des « pressions extérieures » ont interféré dans les décisions opérationnelles militaires et qualifient les récents appels lancés par des rabbins sionistes religieux, opposés au service mixte et à l’intégration des femmes dans les unités de combat, de menaces pour la sécurité nationale.

« Céder à ces pressions extérieures reviendrait à faire preuve de négligence en matière de sécurité et à démanteler l’armée de l’intérieur », ont-elles écrit.

« Nous exigeons que les lettres des rabbins soient rejetées, ainsi que l’exclusion des femmes de l’armée, et nous mettons en garde contre les risques pour la sécurité de l’État. Mettez fin immédiatement à cette folie. »

Cette lettre intervient dans un contexte de tensions croissantes concernant le service des femmes dans des rôles de combat, à la suite de la décision de plusieurs yeshivot hesder de ne plus orienter leurs étudiants vers le Corps Blindé Mécanisé, en raison d’un arrêt de la Haute Cour exigeant que Tsahal lance d’ici novembre un programme pilote permettant aux soldates de servir dans ce corps, après des retards répétés de la part de l’armée.

Mardi, Zamir a rencontré des rabbins de la communauté sioniste religieuse, leur expliquant que Tsahal « manque encore de milliers de soldats de combat et a besoin de chaque soldat, homme ou femme, pour mener à bien ses missions et consolider les acquis de la campagne ».

Dans un communiqué, l’armée a indiqué que le général Zamir avait déclaré aux rabbins que Tsahal « manquait encore de milliers de soldats de combat et avait besoin de chaque soldat, homme ou femme, pour mener à bien ses missions et consolider les acquis de la campagne ».

Selon l’armée, le général Zamir leur a également assuré que « dans le cadre de l’élargissement de l’intégration des femmes à des postes clés et à des rôles de combat, ce qui revêt une importance opérationnelle considérable et que Tsahal continuera à développer, la mise en place de cadres et l’ouverture de postes se feront en totale conformité avec les protocoles militaires relatifs au service mixte, en temps de paix, en situation d’urgence et en temps de guerre ».

« Ces mesures seront mises en œuvre conformément aux besoins opérationnels et dans le respect des normes professionnelles, sans aucun compromis », a-t-il ajouté.

L’armée a indiqué que les rabbins avaient précisé qu’ils continueraient à former leurs étudiants en vue d’un service militaire constructif, comme requis, et avaient également décrit « les défis rencontrés par les soldats pratiquants au cours de leur service militaire, soulignant la nécessité pour chaque soldat pratiquant de pouvoir servir au sein de Tsahal conformément à ses croyances et à ses valeurs ».

De nombreux hommes issus de la communauté sioniste religieuse s’engagent dans le cadre du programme « Hesder », qui leur permet de combiner plusieurs années d’études de la Torah à un service militaire raccourci, actuellement de 17 mois.

Les femmes diplômées de lycées religieux réservés aux filles sont automatiquement éligibles à une dispense du service militaire pour motif religieux, même si certaines choisissent de servir.

read more: