Raam « évalue la situation juridique » après que Netanyahu a semblé menacer d’interdire le parti

Le Premier ministre a juré de faire totalement interdire les Frères musulmans, faisant référence au mouvement parent du Raam, ce dernier insistant sur l'absence totale de liens entre eux

Le député Mansour Abbas s'adressant à la Knesset, le 17 juillet 2024. (Crédit : Dani Shem-Tov/Knesset)

Le chef du parti islamiste arabe Raam, Mansour Abbas, a fait savoir lundi que le parti politique « évaluait la situation juridique » après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a semblé menacer d’interdire la faction islamiste au motif de ses relations avec les Frères musulmans.

Raam est la branche politique du Mouvement islamique du Sud, un groupe inspiré par les Frères musulmans, une organisation islamiste mondiale interdite dans plus d’une dizaine de pays en raison de ses liens présumés avec le terrorisme.

Abbas a démenti à plusieurs reprises l’existence de liens entre son parti et les Frères musulmans.

Raam, qui a rejoint la coalition dirigée par les Premiers ministres Naftali Bennett et Yair Lapid en 2021, adopte une position conciliante envers Israël, se concentrant davantage sur les questions socio-économiques que son homologue plus radical, le Mouvement islamique du Nord, qui fait déjà l’objet d’une interdiction.

Lundi, Abbas a fait savoir au site d’information Ynet que son parti « examinait la question d’un point de vue politique et juridique, et évaluait la situation ainsi que les informations dont nous disposons ».

Dimanche soir, Netanyahu a juré qu’Israël mènerait à bien le processus d’interdiction des Frères musulmans, félicitant le président américain Donald Trump pour sa décision de procéder aux derniers préparatifs en vue d’interdire l’organisation et de la classer comme groupe terroriste.

Illustration : Des drapeaux des Frères musulmans, de la Jordanie et d’autres partis politiques sont brandis avec d’autres pancartes dénonçant la conférence économique sur le Moyen-Orient organisée par les États-Unis à Bahreïn, le 21 juin 2019. (Crédit : Khalil Mazraawi/ AFP)

Trump avait fait part au média américain Just the News de son intention de classer la confrérie comme organisation terroriste étrangère « dans les termes les plus forts et les plus puissants ».

« Les documents finaux sont désormais en cours de rédaction », avait-il annoncé au cours d’une interview.

Après ces commentaires de Trump, Netanyahu s’est exprimé sur les réseaux sociaux, publiant sur le compte officiel de son bureau sur X : « Je tiens à féliciter le président Trump pour sa décision d’interdire et de définir les Frères musulmans et de la classer comme organisation terroriste. Cette organisation met en danger la stabilité dans tout le Moyen-Orient et au-delà. »

« C’est pour cette raison que l’État d’Israël a déjà interdit une partie de l’organisation. Nous travaillons désormais à mener à bien cette action aussi rapidement que possible », a déclaré Netanyahu.


Pour les médias israéliens, et pour le parti Raam lui-même, la promesse de Netanyahu de « mener à bien » l’interdiction des Frères musulmans en Israël pourrait bien signifier que le Premier ministre s’apprête à interdire le Mouvement islamique du Sud.

Si le Premier ministre décide effectivement d’interdire le mouvement, sa branche politique, le parti Raam, pourrait également être déclarée illégale.

Pour les détracteurs du Premier ministre, Netanyahu et son gouvernement de droite radicale pourraient tenter de priver les électeurs arabes de leur droit de vote avant les élections, prévues pour fin octobre 2026, notamment en facilitant la disqualification des candidats arabes.

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