Retour sur les manifestations anti-gouvernement à Tel Aviv et à Jérusalem
L'ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité (MGQ) était à l'origine de la manifestation sur la place Habima ; Dani Elgarat s'y est exprimé
Samedi soir, la police a arrêté un homme soupçonné d’avoir insulté un fonctionnaire lors d’une manifestation anti-gouvernement sur la Place Habima, à Tel Aviv. Le chef de la police de Tel Aviv-Centre, Avi Ofer, accuse l’homme de l’avoir traité de « zéro » (qui est une insulte sérieuse en Israél).
Les agents l’ont traîné jusqu’à une voiture de police et sont repartis, tandis que d’autres manifestants anti-gouvernement protestaient, affirmant que cet incident ne justifiait pas une arrestation.
Cette manifestation était organisée par l’ONG Mouvement pour un gouvernement de qualité (MGQ), qui a déposé des recours contre les efforts du gouvernement visant à affaiblir le pouvoir judiciaire, à codifier l’exemption des Haredim du service militaire et à éviter la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre à Gaza.
Des centaines de personnes ont participé à cette manifestation, dont un groupe important qui a défilé depuis le mémorial situé devant l’hôtel de ville, là où le Premier ministre Yitzhak Rabin a été assassiné en 1995.
Certains manifestants scandaient : « 7-Octobre – le carnage de Netanyahu. »
Dani Elgarat, dont le frère Itzik a été enlevé le 7-Octobre et tué en captivité à Gaza, a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses ministres de chercher à détourner l’attention des citoyens de l’incapacité du gouvernement à empêcher l’assaut barbare et sanglant du Hamas.
Elgarat a cité en exemple l’intervention, cette semaine, du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, selon laquelle l’inclusion d’un parti arabe dans le dernier gouvernement était « mille fois pire » que « l’échec tactique » du gouvernement actuel concernant le 7-Octobre.
« Ce n’est pas un échec tactique », a déclaré Elgarat.
« C’était et c’est toujours une Shoah, et nous exigeons la vérité. »
Elgarat, qui a récemment rejoint le parti Les Démocrates, a également déclaré que l’incapacité du gouvernement à réprimer le « terrorisme juif » contre les Palestiniens en Cisjordanie finira par priver l’État de sa capacité à protéger ses propres citoyens.
« Lorsque des êtres humains sont attaqués en raison de leur identité, c’est du terrorisme », a-t-il souligné.
« Ce n’est pas un ‘prix à payer’, ce n’est pas une ‘organisation locale’, et ce ne sont pas des ‘mauvaises graines’ », a déclaré Elgarat, énumérant les euphémismes utilisés pour désigner les attaques perpétrées par des résidents d’implantations, qui se produisent presque quotidiennement mais font très rarement l’objet de poursuites.
« C’est du terrorisme juif, et un État qui n’applique pas la loi de manière égale perd la capacité de protéger ses citoyens », a-t-il poursuivi.
À côté de la scène, un petit groupe de manifestants de gauche se tenait en silence, brandissant des pancartes appelant à « mettre fin au génocide » à Gaza et à « libérer les otages palestiniens » emprisonnés en Israël.
Lorsqu’un orateur a succédé à Elgarat pour reprendre l’appel du frère endeuillé en faveur d’une commission d’enquête nationale, une femme du parti de gauche a commencé à réclamer, au mégaphone, une enquête nationale sur les « camps de torture » israéliens destinés aux détenus palestiniens.
Des personnes se tenant à proximité, issues du bloc principal des manifestants – dont une femme portant un tee-shirt du parti Les Démocrates – ont tenté de faire taire la manifestante de gauche, lui disant qu’elle s’immisçait dans la manifestation principale. Une dispute a éclaté, puis s’est estompée à mesure que la manifestation se dispersait.
À Jérusalem, des centaines de personnes ont participé à une manifestation anti-gouvernement.
La police a utilisé un canon à eau pour disperser les manifestants qui se trouvaient sur la route.