Selon les EAU, le copilote de flydubai aurait agressé le commandant de bord avec la hache de secours

L’enquête sur l’agresseur omanais se poursuit, dit le procureur général de l'État du Golfe ; le prince héritier de Dubaï rend visite au pilote blessé qui « a fait preuve d’un courage, d’un sens des responsabilités et d’un attachement à la vie humaine sans pareil »

Une œuvre sculptée dans le sable par l'artiste indien Sudarsan Pattnaik représente le pilote indien Smit Machchhar, commandant de bord du vol FZ 1073 de flydubai, sur une plage de la ville de Puri, dans l'État d'Odisha, le 1er octobre 2026. (Crédit : AFP)

Le copilote du vol FZ1073 de flydubai à destination d’Israël a tenté de commettre un « attentat terroriste » à l’aide d’une hache à bord de l’avion dans la matinée de mercredi, a déclaré samedi le procureur général des Émirats arabes unis, alors que le pays poursuit son enquête sur cet incident.

L’agresseur a été identifié comme étant Hamam al-Hammami, un ressortissant omanais à qui Mascate avait précédemment interdit de voler, en raison de craintes liées à sa radicalisation. Les autorités des Émirats arabes unis n’ont pas encore confirmé son identité.

Oman n’a fait aucun commentaire sur cet incident.

« L’enquête sur l’incident survenu à bord du vol FZ1073 de flydubai a révélé que le copilote avait tenté de commettre un attentat terroriste », a affirmé le procureur général Hamad Saif Al Shamsi dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle des Émirats arabes unis.

Ces commentaires du procureur général sont les premiers émanant des enquêteurs émiratis à qualifier l’incident de tentative d’attentat terroriste.

Hammami a attaqué Machchhar à l’intérieur du cockpit avec la hache de secours et a tenté de prendre le contrôle de l’appareil, a expliqué le procureur général. Les cockpits sont généralement équipés d’une hache de secours qui est destinée à être utilisée en cas d’urgence, notamment si les pilotes doivent sectionner des câbles électroniques pour éteindre un incendie ou briser le pare-brise pour sortir de l’appareil.

Hamam al-Hammami, l’homme identifié comme le copilote qui a tenté de faire s’écraser un vol flydubai à destination d’Israël, sur une photo non datée tirée de son profil LinkedIn récemment supprimé.

Ce Boeing 737 transportait 174 passagers, presque tous des Israéliens, lorsque le copilote a attaqué le pilote à l’arme blanche dans ce qui apparaît comme une tentative de faire s’écraser l’appareil, lequel a perdu près de 14 000 pieds (4 267 mètres) d’altitude en moins de 30 secondes.

Le commandant de bord Smit Machchhar, couvert de sang, a réussi à ouvrir la porte du cockpit, permettant ainsi aux passagers israéliens de se précipiter à l’intérieur pour maîtriser et ligoter le copilote et stabiliser l’appareil, tandis que d’autres pilotes qui se trouvaient à bord ont réussi à effectuer un atterrissage d’urgence à Tabuk, dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite.

Samedi, le prince héritier de Dubaï, qui est également ministre de la Défense des Émirats arabes unis, a rendu visite à Machchhar dans l’hôpital des Émirats arabes unis, où il est actuellement soigné.

Machchhar « a fait preuve d’un courage, d’un sens des responsabilités et d’un attachement à la vie humaine sans pareil », a déclaré le cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al-Maktoum dans un communiqué. « De notre part, ainsi que de la part des dirigeants de la nation, il a toute notre reconnaissance et nos éloges. »

« Nous sommes fiers qu’il fasse partie de notre équipe… qu’il fasse partie de l’histoire de notre nation… et qu’il incarne ce que représentent les Émirats arabes unis : une nation de compassion, une nation de paix et une nation de vie. »

Des passagers embarquant à bord d’un avion de FlyDubai à l’aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 30 septembre 2026. (Crédit: Ariel Schalit/AP)

L’enquête sur le vol FZ1073, qui porte notamment sur les motivations du suspect, se poursuit. Les conclusions seront rendues publiques une fois que les « procédures nécessaires » auront été menées à bien, a annoncé le procureur général. Les Émirats arabes unis mènent les investigations, et le copilote est toujours en détention dans le pays. La compagnie aérienne appartient au gouvernement de Dubaï.

Ces nouveaux éléments soulèvent des interrogations, d’une part quant à la rigueur avec laquelle flydubai sélectionne ses futurs employés, et d’autre part quant à la manière dont la présence du copilote à bord d’un vol qui transportait exclusivement des passagers israéliens a pu échapper aux protocoles de sécurité stricts d’Israël.

Le gouvernement israélien a indiqué avoir conclu des accords avec des transporteurs étrangers leur interdisant de faire voler sur son territoire des pilotes originaires de pays avec lesquels Jérusalem n’entretient pas de relations diplomatiques. Israël et Oman n’entretiennent pas de relations diplomatiques officielles. Le gouvernement des Émirats arabes unis s’est forgé une réputation d’efficacité dans la lutte contre les activités extrémistes, mais reste sensible aux critiques concernant les failles de sécurité.

Le commandant de bord Smit Machchhar, qui était aux commandes du vol flydubai reliant Dubaï à Tel Aviv lorsqu’il a été poignardé par le copilote lors d’une tentative présumée de faire s’écraser l’appareil, le 30 septembre 2026. Photo non datée. (Crédit : Danny Danon/X)

Suite à la publication du communiqué du procureur général, Anwar Gargash, haut conseiller du président des Émirats arabes unis, a déclaré sur le réseau social X que son pays pratiquait une tolérance zéro envers le terrorisme, et qu’il ne ferait preuve d’aucune indulgence à l’égard des discours extrémistes.

« La lutte contre l’extrémisme se poursuit dans la région. Justifier le terrorisme par des discours de haine fait partie intégrante du danger – ce n’est pas un phénomène marginal. La dernière opération terroriste en date nous rappelle une nouvelle fois que le combat n’est pas terminé », a écrit Gargash.

« Cela confirme l’importance de la position prise très tôt et avec fermeté par les Émirats arabes unis : pas de tolérance envers l’extrémisme et aucune indulgence envers son discours, car la sécurité dépend avant tout de la lutte contre la haine et de l’assèchement des sources de l’extrémisme », a-t-il ajouté.


Flydubai a fait savoir que les circonstances de l’incident faisaient toujours l’objet d’une enquête et qu’elle n’était pas en mesure de fournir davantage de précisions, a expliqué samedi un porte-parole.

Dans ses premières déclarations publiques sur l’incident, le directeur général de flydubai, Ghaith al Ghaith, a indiqué vendredi que le vol avait été dérouté à la suite d’un « incident de sécurité » survenu dans le cockpit.

De nouvelle informations sur le copilote font surface

Par ailleurs, un responsable régional et une personne proche du dossier ont confié que le copilote avait été interdit de vol par Oman en raison de craintes liées à ses opinions extrémistes. Le responsable a précisé que l’homme avait été muté à un poste administratif chez Oman Air. Les deux sources se sont exprimées sous couvert d’anonymat afin de pouvoir évoquer l’enquête en cours.

Le copilote a ensuite été embauché par la compagnie aérienne flydubai, basée aux Émirats arabes unis, a précisé la source. On ignore pour l’instant dans quelle mesure ses antécédents ont été vérifiés.

Selon le diplomate du Golfe, le copilote avait été soumis à des contrôles de sécurité standard avant son embauche – des contrôles qui se seraient limités à vérifier son casier judiciaire, sans examiner de manière approfondie ses antécédents à la recherche d’éventuels signes de radicalisation.

Le responsable régional a ajouté que les agences de sécurité de quatre pays de la région s’efforçaient d’établir les motivations du copilote, avec l’aide des États-Unis et d’autres gouvernements occidentaux.

Le diplomate du Golfe a fait remarquer que les enquêtes visaient à déterminer si le copilote avait agi seul ou s’il « entretenait des liens avec des groupes extrémistes ».

Le responsable régional a expliqué que le copilote était né aux Émirats arabes unis, que sa mère était syrienne et qu’il avait obtenu la nationalité omanaise par son père, lui-même citoyen omanais.

Le responsable régional a également rapporté que le copilote s’était rendu en Syrie, mais sans donner plus de détails.

Un porte-parole de flydubai a déclaré dans un e-mail que la compagnie aérienne était dans l’impossibilité de s’exprimer au-delà de ses communiqués officiels ; il a reconnu que « de nombreuses questions subsistent à ce stade ». Oman Air n’a pas encore fait de commentaire. Le gouvernement omanais n’a quant à lui fait aucune déclaration publique en réponse aux questions répétées depuis l’incident.

On ne sait pour l’instant que très peu de choses sur le parcours du copilote. Son compte Instagram était actif jusqu’au jour du vol, puis a été supprimé.

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