« #Sijetaitunjuif » : Un hashtag antisémite en tête des « tendances » Twitter
De nombreux messages antisémites ont été publiés hier sur le réseau social, provoquant une levée de boucliers des associations juives et l'indifférence des responsables politiques
Une campagne antisémite a été lancée hier par des utilisateurs Twitter sous le hashtag « #sijetaitunjuif », apparaissant même en raison du grand nombre de tweets haineux publiés en tête des « Tendances » Twitter en une du site quelques heures avant son retrait.
Face aux nombreux messages antisémites, aux clichés sur les Juifs ou aux soi-disantes ‘blagues’ sur la Shoah, plusieurs associations juives et responsables associatifs ont réagi.
Le CRIF a ainsi invité les utilisateurs du réseau social à lui signaler les tweets de cette nature.
« Twitter nous a rapidement indiqué qu’ils avaient agi de manière à ce que le # n’apparaisse plus dans les ‘tendances du jour’ et que leurs modérateurs monitoraient le hashtag à chaque instant », a indiqué l’association dans un communiqué.
« Nous sommes intervenus une fois que le mot-clé était déjà en tête des tendances, et non auparavant, pour ne pas participer à son succès », a expliqué la LICRA à BFM. « On veut également s’en servir d’exemple, pour que les gens comprennent qu’il s’agit de délit. Nous avons signalé ces propos à Twitter et comptons les signaler à la justice. »
Des captures d’écran laissent à penser que l’un des comptes à l’origine de la campagne antisémite serait tenu par un partisan de l’Etat islamique.
Un autre compte, « PangolinMalin », « compte suivi par 5 391 personnes et ouvertement haineux » selon Noémie Madar, présidente de l’UEJF, serait lui aussi à l’origine du hashtag.
Ces comptes anonymes à l’origine du mot-clé ont depuis été supprimés du réseau social.
Contacté par BFM, l’un des créateurs du hashtag – dont le compte a depuis été supprimé – a expliqué avoir lancé l’initiative avec six amis. Selon lui, sa volonté était de publier des contenus antisémites « afin de voir si les gens allaient défendre les Juifs ».
« Nous ne pensions pas ce qu’on a dit. Nous sommes là pour défendre les Juifs et non pour les insulter, mais les gens ont suivi du mauvais côté. Je n’ai rien contre les Juifs », a prétendu le jeune homme de 16 ans auprès de BFM.
Cette campagne haineuse survient quelques jours après l’adoption à l’Assemblée nationale de la loi de la députée LREM Laetitia Avia visant à lutter contre la cyber haine.
Si les responsables politiques sont présents en nombre sur Twitter, peu d’entre eux ont réagi au hashtag, malgré l’importance qu’il a prise. Seuls Eric Ciotti des Républicains et Julien Odoul et Jean Messiha du Rassemblement National ont exprimé leur consternation. Quelques autres personnalités, comme Bernard-Henri Lévy et Véronique Genest, ont également réagi.
La semaine dernière, quatre associations anti-racistes françaises, l’UEJF, SOS Racisme, SOS Homophobie et J’accuse, ont assigné Twitter en référé devant le tribunal judiciaire de Paris « pour son inaction face au déferlement de contenus de haine durant le confinement ».
Ils réclamaient ainsi la désignation d’un expert judiciaire qui « pourra faire la lumière sur les moyens mis en œuvre par Twitter pour modérer les contenus de haine ».
comments