Smotrich conditionne son soutien au projet Trump : ni AP ni Qatar et des Palestiniens libres

Pour sa part, Benny Gantz s'est dit favorable au projet Trump pour la bande de Gaza : « Mieux vaut tard que jamais »

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich assistant au Caucus de la Terre d'Israël, à la Knesset, à Jérusalem, le 9 mars 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a fait savoir lundi qu’il avait informé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, des « conditions » de son parti avant la prochaine rencontre du Premier ministre avec le président américain, Donald Trump, au cours de laquelle les deux hommes devraient évoquer le plan en 21 points du président pour mettre fin à la guerre de Gaza.

Le ministre d’extrême droite pose six conditions à l’appui de son parti à cet accord qui vise à mettre fin à la guerre, mettre en place un gouvernement d’après-guerre et libérer les 48 otages aux mains du groupe terroriste, dont 20 seraient encore en vie.

Smotrich a donc fait une déclaration pour préciser que les conditions de son parti, HaTzionout HaDatit, « incluaient la fin de la guerre par le démantèlement et la démilitarisation complets et authentiques du Hamas et de la bande de Gaza ».

Les soldats israéliens doivent rester dans le périmètre de la bande de Gaza, y compris sur le corridor de Philadelphie, le long de la frontière entre Gaza et l’Égypte, et avoir une totale liberté d’action sur l’ensemble du territoire côtier, a-t-il précisé.

Smotrich exige par ailleurs que l’Autorité palestinienne ne joue aucun rôle dans la gestion de la bande de Gaza, même indirectement ; au cas contraire, selon, cela reviendrait à reconnaître un État palestinien.

En outre, il exige que l’accord ne contienne « même pas une allusion » à la notion d’État palestinien. « L’idée d’un État palestinien doit être complètement retirée de la table. »

Smotrich exige par ailleurs que le Qatar ne joue aucun rôle dans la gestion de Gaza dans l’après-guerre, qualifiant l’État du Golfe d’« hypocrite à deux visages qui soutien le terrorisme ».

Enfin, Smotrich exige que la frontière avec l’Égypte soit ouverte pour permettre aux Palestiniens qui le souhaitent de quitter Gaza, pour aller là où ils seront acceptés.

« Gaza ne sera plus une prison à l’intérieur de laquelle des gens sont détenus contre leur volonté, au mépris de la loi et de la morale, dans le seul but de nuire à l’État d’Israël », a-t-il déclaré.

Smotrich aborde également la question de l’annexion de la Cisjordanie par Israël, l’une des questions clés pour son parti.

En désignant la Cisjordanie sous son nom biblique, Smotrich dit espérer que Netanyahu « garantisse, sur le plan politique et dans les faits, que la Judée et la Samarie sont une partie inséparable de l’État souverain d’Israël, et propose une autre solution pour réglementer la vie des Arabes de Judée et de Samarie ».

Le projet en 21 points de Trump esquisse une voie vers un futur État palestinien, ce que Netanyahu a fermement et à plusieurs reprises refusé, déclarant vendredi dernier à la tribune de l’ONU qu’une telle décision serait « une folie ». Il refuse par ailleurs que l’Autorité palestinienne joue un rôle dans le gouvernement de Gaza dans l’après-guerre, là où Trump voit la possibilité d’une AP réformée pour diriger la bande de Gaza.

Les gouvernements respectifs des deux dirigeants ne sont pas non plus d’accord sur l’idée qu’Israël annexe des parties de la Cisjordanie.

Jeudi dernier, Trump a déclaré aux journalistes, à la Maison Blanche : « Je ne laisserai pas Israël annexer la Cisjordanie. Je ne le laisserai pas faire. Ça ne se passera pas comme ça. »

Le député Benny Gantz dirige une réunion de faction à la Knesset, le 14 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

De son côté, le président de Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s’est dit favorable au projet en 21 points du président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza.

« Le cadre proposé par le président Trump est une formidable opportunité pour Israël. Nous devons rester fermes sur deux principes, sans possibilité de compromis : premièrement, tous les otages sont libérés dès le départ. C’est la question la plus urgente. Deuxièmement, Israël garde sa liberté d’action en matière de sécurité, qu’elle ne cédera pas à une tierce partie », a annoncé Gantz sur X.

« Ce cadre aurait pu être atteint il y a longtemps [mais] mieux vaut tard que jamais », conclut-il.

read more: