Starmer avait été prévenu du « risque » posé par la nomination de Peter Mandelson

Le gouvernement britannique va publier la première tranche des documents relatifs à la nomination controversée comme ambassadeur à Washington fin 2024 de l'ancien ministre

Peter Mandelson, alors ambassadeur britannique aux États-Unis, prenant la parole lors de la cérémonie de réinauguration de la statue de George Washington, à la National Gallery de Londres, le 18 juin 2025. (Crédit : Kirsty Wigglesworth/AP)

Le gouvernement britannique va publier mercredi la première tranche des documents relatifs à la nomination controversée comme ambassadeur à Washington fin 2024 de l’ancien ministre Peter Mandelson, un ami du financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein.

En septembre 2025, le Premier ministre travailliste Keir Starmer avait rappelé Mandelson des États-Unis à la suite de nouvelles informations le liant à Epstein.

Cette affaire a fragilisé le chef du gouvernement, accusé d’avoir nommé Mandelson ambassadeur à Washington, alors qu’il savait que l’ex-ministre et ex-commissaire européen était resté proche de Epstein, condamné pour crimes sexuels.

Starmer a affirmé que Mandelson avait « menti de manière répétée » à Downing Street sur l’étendue de ses liens avec Epstein, mort en prison en 2019.

En février, le gouvernement s’est engagé à publier les documents liés à la nomination et à la révocation de Mandelson.

Mercredi, le ministre Darren Jones a affirmé qu’un « grand nombre » de documents seraient rendus publics.

Illustration : Le Premier ministre britannique Keir Starmer (à droite) s’entretenant avec l’ambassadeur britannique aux États-Unis Peter Mandelson lors d’une réception de bienvenue organisée à la résidence de l’ambassadeur à Washington, le 26 février 2025. (Crédit : Carl Court/Pool Photo via AP)

Une partie de ces documents, potentiellement sensibles pour la sécurité nationale, seront filtrés par une commission parlementaire, qui décidera de leur éventuelle publication.

Le gouvernement a également convenu avec la police d’un cadre permettant la divulgation de documents sans nuire à l’enquête en cours sur Mandelson.

La pression s’est accrue sur Starmer en janvier, lorsque le ministère américain de la Justice a publié de nouveaux documents tirés des dossiers d’Epstein.

Ces documents suggèrent que Mandelson aurait transmis au financier américain des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre dans le gouvernement travailliste de Gordon Brown, de 2008 à 2010.

Début février, Starmer a présenté ses excuses, notamment aux victimes de Epstein, et a exprimé ses regrets d’avoir nommé Mandelson. Son chef de cabinet et son directeur de la communication ont démissionné.

La police a ouvert une enquête contre Mandelson et a perquisitionné deux de ses résidences : l’une est située près de Regent’s Park, à Londres, et l’autre dans le Wiltshire, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Il a été arrêté et interrogé par la police londonienne au sujet de ces soupçons de partage d’informations sensibles avec Epstein. Il a été libéré sous caution.

Mandelson n’a fait aucune déclaration publique depuis le début de l’enquête.

Selon des documents publiés mercredi par le gouvernement, Starmer avait été prévenu du « risque » posé par la nomination de Mandelson comme ambassadeur aux États-Unis, en raison de ses liens avec Epstein.

Ces documents, qui avaient été transmis à Starmer pour l’aider à prendre sa décision, indiquaient que l’ex-ministre était resté en contact avec Epstein après sa condamnation pour crimes sexuels. Il est écrit en gras : « À noter – Risque réputationnel ».

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