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Affaire Epstein : Le chef de cabinet de Keir Starmer démissionne

Morgan McSweeney démissionne de son poste de chef de cabinet après avoir joué un rôle clé dans la victoire de 2024 ; Peter Mandelson au cœur de la polémique

Morgan McSweeney, ancien chef de cabinet du Premier ministre britannique Keir Starmer. (Crédit : Capture d'écran via Sky News)
Morgan McSweeney, ancien chef de cabinet du Premier ministre britannique Keir Starmer. (Crédit : Capture d'écran via Sky News)

Le chef de cabinet du Premier ministre britannique, Keir Starmer, a démissionné dimanche, emporté par le scandale qui ébranle Downing Street concernant les liens entre l’ex-ambassadeur du Royaume-Uni à Washington, Peter Mandelson, et le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Beaucoup, dans l’opposition comme dans la majorité travailliste, réclamaient son départ depuis plusieurs jours, dans le contexte de la crise sans précédent que traverse le gouvernement Starmer, provoquée par la récente publication de documents du dossier Epstein par le ministère américain de la Justice.

En décembre 2024, Starmer avait nommé Mandelson ambassadeur à Washington, un poste hautement stratégique compte tenu du retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Il l’a toutefois démis de ses fonctions en septembre 2025, après la publication de documents détaillant l’ampleur de ses liens avec le pédocriminel, mort en 2019.

De nouveaux documents récemment rendus publics ont relancé la polémique, semblant montrer que Mandelson aurait transmis à Jeffrey Epstein des informations susceptibles d’influer sur les marchés, notamment lorsqu’il était ministre entre 2008 et 2010.

La police a ouvert une enquête et a perquisitionné, vendredi, deux adresses liées à Mandelson.

Le chef de cabinet de Starmer, Morgan McSweeney, était particulièrement sur la sellette, pour avoir poussé la nomination de Mandelson.

Illustration : Le Premier ministre britannique Keir Starmer (à droite) s’entretenant avec l’ambassadeur britannique aux États-Unis Peter Mandelson lors d’une réception de bienvenue organisée à la résidence de l’ambassadeur à Washington, le 26 février 2025. (Crédit : Carl Court/Pool Photo via AP)

« Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner du gouvernement », a-t-il finalement annoncé dimanche, dans une déclaration transmise aux médias britanniques.

« La nomination de Peter Mandelson était une erreur. […] Sollicité, j’ai conseillé au Premier ministre de procéder à cette nomination et j’assume l’entière responsabilité de ce conseil », a-t-il ajouté.

À Downing Street, McSweeney était le stratège et le bras droit de Starmer, avec qui il avait recentré le Labour après le départ de l’ultra-gauche Jeremy Corbyn. Ce qui lui a valu de se faire des ennemis parmi les travaillistes.

Cet homme de 48 ans, très discret, avait été nommé chef de cabinet en octobre 2024, quelques mois après le retour au pouvoir du Labour, dont il avait dirigé la campagne pour les élections législatives.

Il était proche de Mandelson, pour qui il avait travaillé dans les années 2000.

Dimanche, Starmer a exprimé sa « profonde gratitude » à l’égard de McSweeney et salué son « engagement envers le parti travailliste et [le] pays ».

Indemnité de départ

Mais cette démission suffira-t-elle, alors que plusieurs élus travaillistes réclament le départ de Starmer ?

L’ancien ambassadeur britannique aux États-Unis, Peter Mandelson, remontant Downing Street lors d’une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky au 10 Downing Street, dans le centre-ville de Londres, à la veille d’un sommet de l’OTAN, le 23 juin 2025. (Crédit : Ben Stansall/AFP)

Cette semaine, le Premier ministre a tenté d’éteindre le scandale. Il a d’abord affirmé regretter d’avoir nommé Mandelson. Il a ensuite présenté ses excuses aux victimes d’Epstein, se disant « désolé d’avoir cru aux mensonges de [Peter] Mandelson et de l’avoir nommé », mais a assuré vouloir rester à Downing Street.

« Keir Starmer doit assumer la responsabilité de ses propres décisions désastreuses », a lancé dimanche sur le réseau social X la cheffe de l’opposition conservatrice, Kemi Badenoch, tandis que la numéro 2 des Libéraux-démocrates, Daisy Cooper, a estimé que « le Premier ministre peut changer de conseillers à sa guise, mais la responsabilité finale lui incombe ».

« Je parie que Starmer ne tardera pas à suivre » son chef de cabinet, a pour sa part réagi Nigel Farage, le chef de Reform UK.

Plusieurs ténors travaillistes sont toutefois montés au créneau pour le défendre.

Le ministre du Travail Pat McFadden a appelé les membres du Labour à lui « rester fidèles », alors qu’aucun prétendant à sa succession ne se dégage vraiment à trois mois d’élections locales cruciales.

La veille, l’ancien Premier ministre travailliste Gordon Brown avait assuré que Starmer était un « homme intègre ».

Le ministère des Affaires étrangères a également annoncé dimanche avoir ouvert une enquête sur le versement d’une indemnité de plusieurs dizaines de milliers de livres à Mandelson.

L’ex-ambassadeur quant à lui, n’a pas réagi aux dernières accusations portées contre lui.

Un homme consultant des journaux en vente présentant des titres liés aux dossiers Epstein, à Londres, le 5 février 2026. (Crédit : Kin Cheung/AP Photo)

Contacté dimanche par l’AFP, son porte-parole a simplement réaffirmé qu’il regrettait « et regrettera jusqu’à son dernier souffle, d’avoir cru aux mensonges d’Epstein concernant ses actes criminels ».

« Il n’a découvert la vérité sur Epstein qu’après sa mort en 2019. Il est profondément désolé que des femmes et des filles sans défense et vulnérables n’aient pas bénéficié de la protection qu’elles méritaient », a-t-il ajouté.

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