Herzog à son homologue libanais : il faut « libérer le Liban de l’emprise du Hezbollah, de l’Iran »
S’adressant à Joseph Aoun en arabe, le président israélien a déclaré : "Mon rêve est de me rendre à Beyrouth, mais seulement si l’avenir du Liban se décide à Beyrouth et non à Téhéran"
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Dans ce qui semble être une première pour un président israélien, Isaac Herzog a adressé mercredi un message en arabe à son homologue libanais, Joseph Aoun, dans lequel il exprime son espoir de voir s’instaurer la « paix » entre leurs deux pays, tout en précisant que cela dépend de la capacité de Beyrouth à limiter l’influence de l’Iran et du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah.
« Je tends une main de paix au président du Liban et au peuple libanais. Mais il vous incombe de libérer le Liban de l’emprise du Hezbollah, de l’Iran et des groupes terroristes, afin qu’il puisse préserver son statut d’État souverain et indépendant », déclare Herzog dans une vidéo diffusée par son bureau et enregistrée lors d’une visite de la frontière nord d’Israël.
« Mon rêve est de me rendre à Beyrouth, et ce rêve est toujours vivant, mais seulement si l’avenir du Liban se décide à Beyrouth et non à Téhéran », ajoute-t-il.
Cet appel témoigne d’une communication de plus en plus ouverte entre Israël et le Liban, alors que des pourparlers directs entre les deux pays, organisés par les États-Unis, sont en cours. Le président s’était aussi adressé à Israël pour savoir s’il voulait la paix.
Il est difficile de parvenir à un accord à long terme : l’Iran continue d’insister pour qu’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah fasse partie de tout accord de cessez-le-feu avec les États-Unis, tandis que les Forces armées libanaises (FAL) semblent absolument incapables de contenir le groupe terroriste chiite libanais.
Puis, passant à l’anglais, Herzog a accusé le groupe terroriste soutenu par la République islamique d’Iran de violer les accords de cessez-le-feu conclus par Israël avec le Liban en 2006 et en 2024, affirmant qu’Israël « ne peut accepter aucune attaque contre [ses] citoyens, aucune attaque franchissant nos frontières, aucune attaque terroriste ».
« Nous avons pleinement le droit de nous défendre, et tant qu’il n’y aura pas d’accord clair protégeant notre nation, il sera impossible d’aller de l’avant. »
« C’est donc entre vos mains, battez-vous pour cela », a-t-il ajouté dans son message, s’adressant au peuple libanais.
La veille, le Hezbollah avait appelé les autorités libanaises à rétablir de bonnes relations avec le régime iranien et à « tirer profit de son soutien », après que Téhéran a bombardé Israël en riposte à une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth – bastion historique du groupe terroriste chiite libanais connu sous le nom de la Dahiyeh.
Les dirigeants libanais avaient adressé ces derniers jours de fermes mises en garde à l’Iran, le sommant de ne plus intervenir au Liban, après le refus par le Hezbollah d’un cessez-le-feu sous conditions avec Israël.
« Nous appelons les autorités libanaises […] à rectifier leurs relations avec la République islamique », a affirmé le groupe terroriste chiite libanais dans un communiqué publié mardi.
Téhéran exige que tout accord avec Washington pour mettre fin à la guerre, déclenchée le 28 février par une campagne de bombardements israélo-américaine, comprenne la fin des hostilités contre le Hezbollah sur le front libanais.
À LIRE : Joseph Aoun appelle Israël à privilégier les négociations
Le Hezbollah, qui a entraîné début mars le Liban dans la guerre en soutien à la République islamique d’Iran, a rejeté jeudi une nouvelle proposition de cessez-le-feu.
Vendredi, le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait exhorté Téhéran à cesser d’utiliser son pays comme « moyen de pression » dans les discussions avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
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