Affaire Epstein : L’ancien envoyé britannique Peter Mandelson quitte le Labour
Selon des documents publiés par le ministère américain de la Justice, l'ex-commissaire européen aurait reçu de l'argent du criminel sexuel américain à plusieurs reprises au début des années 2000

Peter Mandelson, ex-ambassadeur britannique aux États-Unis limogé pour ses liens avec Jeffrey Epstein, a quitté le parti travailliste britannique, dont il était une figure historique, dimanche soir, après de nouvelles révélations sur sa relation avec le criminel sexuel américain.
Âgé de 72 ans, l’ancien ministre et commissaire européen aurait reçu de l’argent d’Epstein à plusieurs reprises au début des années 2000, selon des documents publiés vendredi par le ministère américain de la Justice et relayés dans la presse dimanche.
« Des allégations que je crois fausses, selon lesquelles (Epstein) m’aurait versé de l’argent il y a vingt ans – et dont je n’ai ni trace, ni souvenir – nécessitent une enquête de ma part », a-t-il écrit dans une lettre adressée à Hollie Ridley, secrétaire générale du Labour.
« Le temps de le faire, je ne souhaite pas causer davantage d’embarras au Parti travailliste, et je quitte donc le parti », a-t-il ajouté, se disant « profondément désolé ».
Selon des relevés bancaires, Jeffrey Epstein aurait transféré un total de 75 000 dollars (63 200 euros) en trois virements sur des comptes liés à Mandelson entre 2003 et 2004.
Interrogé dimanche matin sur la BBC, l’homme politique, qui était député à l’époque, avait déjà déclaré n’avoir aucun souvenir de ces virements et ne pas savoir si ces relevés étaient authentiques.
Mandelson apparaît également sur de nouvelles photos non datées, en tee-shirt et caleçon, aux côtés d’une femme dont le visage a été flouté par les autorités américaines. Il avait déclaré dimanche matin « ne pas parvenir à situer le lieu ni à identifier la femme ».
D’autres documents indiquent qu’Epstein a transféré 10 000 livres (11 500 euros) à Reinaldo Avila da Silva, compagnon de Mandelson, en 2009, alors que ce dernier était ministre.
L’ex-ambassadeur, démis de ses fonctions en septembre après avoir été nommé par le Premier ministre Keir Starmer à la fin de l’année 2024, avait présenté des excuses en janvier pour avoir gardé les liens avec Epstein.
Il avait initialement refusé de le faire, prétextant qu’il n’était pas « complice ».
L’ex-prince Andrew, déchu de ses titres royaux en octobre en raison de ses liens avec le financier, est lui aussi mis en cause dans de nouveaux courriels et documents publiés vendredi.
Une deuxième femme a affirmé dimanche qu’Epstein l’avait envoyée au Royaume-Uni en 2010 pour avoir des relations sexuelles avec Andrew, a rapporté son avocat sur la BBC.







