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Les bêtes noires des compagnies aériennes : taxes et règlements plutôt que la guerre

L'IATA ne s'est pas privée de dénoncer nommément des pays qui taxaient lourdement les billets d'avion ou imposaient au secteur des réglementations contraignantes

Illustration : Un avion d'El Al décollant de l'aéroport international Ben Gurion pendant la guerre entre les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran. 16 mars 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Illustration : Un avion d'El Al décollant de l'aéroport international Ben Gurion pendant la guerre entre les États-Unis et Israël contre la République islamique d'Iran. 16 mars 2026. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Les taxes et les réglementations perçues comme trop contraignantes sont au cœur des préoccupations des compagnies aériennes, comme en témoignent les prises de parole lors du congrès à Rio de leur organisation professionnelle, qui, en revanche, est discrète sur la guerre au Moyen-Orient.

Cette guerre, lancée par les États-Unis et Israël, en dopant les prix du pétrole et des carburants, fait chuter la rentabilité d’un secteur qui n’en avait déjà pas beaucoup.

« Nous prévoyons des prix des carburants 70 % plus élevés que l’année dernière. Cela ajoutera 100 milliards de dollars à notre facture collective de carburant cette année », a expliqué le directeur général de l’Association du transport aérien international (IATA), Willie Walsh.

Dans un hôtel cinq étoiles en bord d’océan, l’assemblée générale de l’IATA, qui s’achève lundi, a longuement débattu du problème. Sans jamais mentionner les noms du président américain Donald Trump et du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Un événement sur lequel vous n’avez aucun contrôle […] est-ce que ça vous emmerde ? », a fini par demander, lors d’une table ronde dimanche, à quatre patrons de compagnies, un journaliste vedette de la chaîne CNN, Richard Quest.

Güliz Öturk, de la compagnie turque Pegasus Airlines, lui a répondu, avec tact, que l’ordinaire des transporteurs aériens était de prévoir quelque chose en début d’année et de voir se produire autre chose.

Un an auparavant, à New Delhi, la capitale indienne, Trump était au cœur des discussions.

Il s’était lancé dans une guerre commerciale et dans des hausses de droits de douane. Et « on pensait que c’était la fin du monde », plaisantait devant la presse l’économiste en chef de cette organisation professionnelle, Marie Owens Thomsen, en se remémorant l’édition 2025.

Lors d’un point de situation tenu dimanche sur l’approvisionnement en kérosène, l’IATA a laissé la parole à S&P Global Energy. Ce cabinet présentait une hypothèse de « bourbier » dans le Golfe, empêchant les exportations de pétrole et de kérosène pendant encore quelques mois.

Interrogée sur la possibilité d’une guerre menée par les États-Unis pendant des années, comme au Vietnam, la directrice de recherche, Eleanor Budds, a botté en touche.

Le Brésil pas épargné

« Le bourbier est un scénario. […] Cela ne veut pas dire que nous nous attendons à ce qu’il produise », a-t-elle expliqué.

Un journaliste l’a ensuite relancée pour savoir si, dans un cas extrême, la guerre finirait par vider les cuves de kérosène.

« Dans notre scénario de base, nous n’avons pas de pénurie », a-t-elle insisté.

L’IATA ne s’est en aucun moment privée de dénoncer nommément des pays qui taxaient lourdement les billets d’avion ou imposaient au secteur des réglementations contraignantes.

L’Union européenne était la cible la plus fréquente. Walsh s’en est pris, entre autres, à un Parlement européen « populiste » lorsqu’il a voulu défendre l’indemnisation des passagers victimes de retards.

Une conférence de presse sur le manque de carburants non fossiles pour décarboner le transport aérien, tenue samedi, a été l’occasion de dénigrer longuement la réglementation de l’UE relative au minimum de carburants de ce type dans les réservoirs des avions.

Une taxe de 45 dollars par passager en Tanzanie a également été présentée comme un antimodèle. « Complètement inacceptable », s’indignait samedi le directeur régional pour l’Afrique et le Moyen-Orient de l’IATA, Kamil Alawadhi.

Même le pays hôte, le Brésil, n’a pas été épargné, quatre mois avant ses élections présidentielles et législatives.

Le vice-président Geraldo Alckmin venait de dire sa joie d’ouvrir, dimanche, cette 82ᵉ assemblée générale de l’IATA.

« Bien plus qu’un événement de prestige : c’est une reconnaissance de la place qu’occupe le Brésil dans l’aviation civile mondiale. »

Cela n’a pas empêché Walsh d’attaquer ensuite le projet de l’exécutif brésilien de la TVA de 26,5 % sur les billets d’avion.

« Ce que le gouvernement va gagner en recettes paraîtra bien faible en comparaison avec les dégâts économiques », lançait-il.

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