« La troisième fois en un an » : les Israéliens de nouveau sous les tirs iraniens
Les hôpitaux ont transféré leurs services au sous-sol, les écoles ont fermé à la dernière minute, tandis que les habitants, habitués aux conflits, ont repris des habitudes qu’ils ne connaissent que trop bien
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JTA — Alors que des missiles étaient tirés en direction d’Israël, dans la soirée de dimanche, les Israéliens assiégés se sont une nouvelle fois tournés vers Facebook depuis leurs abris.
« À celui qui est chargé de nommer les guerres par ici : je vous en prie, ne lui donnez pas un nom d’animal féroce cette fois-ci », a écrit un Israélien dans un groupe anglophone. La dernière opération militaire contre la république islamique s’appelait ainsi ‘Roaring Lion’ (Lion rugissant), et la guerre des Douze Jours du mois de juin 2025 s’était appelée ‘Rising Lion’ (Lion qui s’élève) ».
Un autre a répondu en commentaire, suggérant : « J’espère que ça va être quelque chose comme ‘La guerre d’un jour’. »
Une idée qui n’a peut-être, finalement, pas été aussi éloignée de la réalité. Le président américain Donald Trump a fait savoir, dans les premières heures de la journée de lundi, qu’il espérait que l’Iran et Israël cesseraient les hostilités. En milieu de matinée, l’armée iranienne a annoncé que les frappes étaient suspendues, affirmant avoir suffisamment riposté aux attaques israéliennes à Beyrouth dans le cadre d’un échange de représailles. Lundi soir – heure israélienne – Netanyahu a lui aussi affirmé que les combats avaient cessé. Il a néanmoins averti qu’Israël riposterait « avec force » à toute agression future.
Malgré cette trêve fragile — qui n’est pas tout à fait un cessez-le-feu — les restrictions imposées par le Commandement du Front intérieur étaient encore en vigueur lundi soir, affectant tous les aspects de la vie quotidienne en Israël.
Les écoles sont restées fermées lundi, et les parents n’ont été informés qu’au dernier moment de la réouverture des établissements scolaires, mardi. Or Erez, porte-parole en chef de la Clalit, la plus importante caisse d’assurance-maladie en Israël, a dit à la JTA que « nous continuerons à travailler depuis les abris jusqu’à ce que les restrictions du Commandement du Front intérieur changent ».
Dimanche à 22 heures, les nourrissons de l’unité de soins intensifs néonatals (USIN) et ceux qui se trouvaient en soins intensifs avaient déjà été transférés vers des abris situés sous l’hôpital Beilinson, qui accueille le plus grand service des urgences de tout le Moyen-Orient.
« C’est la troisième fois en un an que nous effectuons un tel transfert », a confié le docteur Erez Barenboim, directeur des hôpitaux Beilinson et Hasharon.
Le personnel hospitalier était visiblement fatigué mais résilient en cette journée de dimanche. L’hôpital universitaire Soroka avait été touché par un missile balistique iranien pendant le conflit qui s’était déroulé au mois de juin 2025 – et comme c’est la norme lors des attaques, le personnel soignant a choisi d’annuler les visites non essentielles et il a transféré ses opérations en lieu sûr.
Alexi Wirpel, étudiante à l’université de Mary Washington en Virginie, participait à un voyage Taglit-Birthright en Galilée lorsque les premières sirènes ont retenti. « Nous pouvions entendre le Dôme en action, nous savions donc que nous allions nous en sortir relativement bien », a-t-elle déclaré.
Ce n’était pas le premier voyage de Wirpel en Israël – mais c’était la première fois qu’elle entendait des sirènes signalant l’arrivée de missiles. D’autres participants au voyage Taglit-Birthright étaient plus anxieux et le personnel de l’organisation a dû se montrer rassurant, a-t-elle ajouté.
Lorsque la nouvelle d’un cessez-le-feu fragile est tombée, a déclaré Wirpel, elle et les autres n’ont pas cru que le calme allait durer longtemps.
« Toute la journée, nous avons tous attendu que quelque chose se passe à nouveau », a-t-elle confié. « C’est devenu une réalité très concrète pour moi, avec ma famille qui est tenue de vivre cela. Jusque-là, je n’en avais qu’entendu parler ».
Caroline Flannery gère un programme périscolaire dans un collège de Tel Aviv. Elle a pu constater la manière dont les conséquences cumulées de deux ans et demi de conflit ont transformé toute une génération d’enfants israéliens. En ajoutant à cela le temps qui a été perdu pendant la pandémie, les élèves de ces niveaux ont manqué l’équivalent d’une année scolaire.
« Nous avons des enfants en CM2 et en 6e qui ne connaissent toujours pas l’alphabet », a fait remarquer Flannery.
Le système éducatif israélien a été l’un des plus durement touchés depuis le pogrom qui avait été commis par le Hamas, le 7 octobre 2023. Les résultats d’un test d’aptitude soumis par le gouvernement ont révélé que seuls 3 % des élèves israéliens de troisième atteignaient le niveau national de référence en sciences, et seulement 22 % en anglais – des chiffres qui ont poussé les dirigeants de l’opposition à réclamer la déclaration d’une « urgence éducative nationale ».
Les perturbations ont également touché les personnels, qui s’avèrent être aussi déstabilisés que les élèves lorsqu’une sirène se fait entendre et qu’une semaine de cours passe soudainement à la trappe.
Flannery s’était installée en Israël en 2019 et elle n’avait pas prévu de rester – mais l’impact qu’elle a pu avoir, au fil du temps, sur les enfants israéliens l’a convaincue de s’engager pour une année supplémentaire, puis une autre, jusqu’à ce qu’elle prenne elle-même la tête de ce programme périscolaire.
La conclusion à laquelle elle est parvenue dans le sillage du pogrom du 7-Octobre est que bon nombre de ses élèves, confrontés à des perturbations constantes, ne rattraperont jamais complètement leur retard.
« Ce n’est pas seulement qu’ils manquent l’école et qu’ils doivent travailler d’arrache-pied, en conséquence, pour rattraper leur retard », a-t-elle expliqué. « Toute leur routine a été bouleversée et ils doivent la reprendre. Ils ne sont pas prêts, ils ne sont plus habitués, ils ne sont pas préparés à venir tranquillement, à entrer en classe, à s’asseoir à leur place, à apprendre. Ils ne sont pas concentrés ».
Alors que Trump exerce des pressions sur Israël et sur l’Iran pour que les deux pays reviennent à la table des négociations, Flannery a évoqué les plans d’urgence déjà mis en place — tels que les cours sur Zoom, les visites à domicile — au cas où la guerre reprendrait le rythme qu’elle avait en mars.
« C’est en quelque sorte leur quotidien », a-t-elle déclaré.
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