Après les doutes émis par Trump, le Likud confirme que Netanyahu briguera un nouveau mandat
"Veut-il continuer ?", s’est interrogé le président américain ; un sondage révèle que 61 % des Israéliens, y compris au centre-droit, souhaitent que le Premier ministre se retire
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi que la question de savoir si le Premier ministre Benjamin Netanyahu, 76 ans, souhaitait poursuivre sa carrière politique restait « ouverte », alors qu’un sondage montrait que plus de 60 % des Israéliens ne souhaitaient pas voir le Premier ministre de longue date se présenter aux prochaines élections à la Knesset.
Suite à la remarque du président américain, qui a semblé remettre en question la candidature du Premier ministre israélien à sa réélection, le Likud, le parti de Netanyahu, a confirmé qu’il se présentera aux prochaines élections.
« Le Premier ministre Netanyahu se présentera aux prochaines élections – et, avec l’aide de Dieu, il les gagnera », a indiqué le parti au pouvoir dans un communiqué.
Netanyahu, le dirigeant le plus pérenne de l’histoire d’Israël, au pouvoir de manière quasi ininterrompue depuis 2009, n’a donné aucun signe laissant penser qu’il pourrait se retirer avant le scrutin de cet automne. Tout indique, au contraire, qu’il briguera un nouveau mandat. Même si la date des élections, qui doivent avoir lieu au plus tard le 27 octobre, n’a pas encore été officiellement fixée, sa campagne électorale est déjà lancée.
Son leadership devrait être l’un des enjeux majeurs du scrutin. Nombreux sont ceux qui le considèrent comme le principal responsable des échecs stratégiques ayant précédé le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et qui l’accusent de mener une politique qui accentue les divisions, d’être impliqué dans des affaires de corruption et d’affaiblir les institutions démocratiques israéliennes.
D’autres continuent toutefois de lui accorder leur soutien indéfectible. Ils saluent sa gestion de la guerre depuis le 7-Octobre, ainsi que ses relations avec Trump et d’autres acteurs de la scène internationale. Netanyahu n’a eu aucun adversaire lors des primaires du Likud en novembre et est considéré comme exerçant un contrôle quasi total sur les institutions et les élus du parti au pouvoir.
Presque tous les sondages d’opinion montrent régulièrement que le bloc des partis de droite et religieux qui le soutiennent ne parviendrait pas à obtenir la majorité à la Knesset, tandis que certains prédisent une courte majorité pour le bloc hétéroclite des partis sionistes opposés à Netanyahu. Toutefois, les sondages en Israël, bien qu’influents, sont réputés peu fiables, et beaucoup de choses pourraient encore changer, notamment avec l’arrivée de nouveaux partis dans la course, le retrait d’autres formations ou d’éventuelles alliances.
Lors d’une interview accordée mardi au correspondant d’ABC News Jonathan Karl au sujet de la guerre contre la République islamique d’Iran, Trump a déclaré qu’il se demandait « si Bibi souhaite même continuer ».
« Je ne sais pas, il a eu une carrière incroyable », a déclaré Trump, selon une publication de Karl sur X. « Souhaite-t-il continuer ? Parce que, vous savez, c’est un Premier ministre en temps de guerre. Nous allons très bientôt gagner la guerre d’une manière ou d’une autre, et vous savez qu’il est un Premier ministre en temps de guerre. »
Trump, dont la cote de popularité a également fortement reculé, a ajouté qu’il était lui aussi un « président en temps de guerre ».
Par ailleurs, un sondage publié mardi par l’Institut israélien de la démocratie (IDI) a révélé que 61 % de l’ensemble des Israéliens, et 57 % des Israéliens juifs, estiment que Netanyahu ne devrait pas se représenter, tandis que 35 % des Israéliens et 39,5 % des Israéliens juifs pensent qu’il devrait briguer un nouveau mandat.
À droite, une majorité de 69 % estime que Netanyahu devrait se présenter aux élections, contre 27 % qui pensent le contraire. Le sondage révèle toutefois une opposition importante à une nouvelle candidature du Premier ministre parmi les électeurs du centre-droit (64 %), du centre (83 %), du centre-gauche (85 %), de gauche (97 %) ainsi que parmi les Arabes israéliens (83 %).
Toutefois, lorsqu’il leur a été demandé quel bloc avait le plus de chances de former le prochain gouvernement, 36 % des Israéliens juifs ont répondu le bloc pro-Netanyahu, contre seulement 26 % pour le bloc anti-Netanyahu. Par ailleurs, 18 % ont estimé que les deux camps avaient les mêmes chances, tandis que 20 % ont déclaré ne pas savoir.
Le sondage a également révélé que 61 % des Israéliens soutiennent l’instauration d’une limite de deux mandats pour les futurs Premiers ministres. Une majorité d’Israéliens juifs, qu’ils se situent à gauche, au centre ou à droite, soutiennent une telle limitation après le départ de Netanyahu.
Il montre également que la plupart des Israéliens ne pensent plus que la sécurité de l’État juif soit une priorité majeure pour Trump.
L’enquête sur l’indice de démocratie en Israël a été menée entre le 31 mai et le 5 juin, soit avant la reprise des tirs de missiles du régime de Téhéran sur Israël dimanche, pour la première fois en deux mois, et avant que Trump ne demande à Netanyahu de ne pas riposter. Israël a finalement mené des frappes de représailles avant que Trump n’impose une trêve moins de 24 heures plus tard.
L’enquête a été menée en ligne et par téléphone et comprenait les réponses de 603 Israéliens juifs et 150 Israéliens arabes, constituant un échantillon représentatif de la population adulte d’Israël, avec une marge d’erreur de 3,57 %.
la Communauté du Times of Israël !







